… j’ai répondu à Dame Céline Bernard en sa maison Viennoise… me questionnant sur Flaubert.

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Oyez Chère Céline…

Certains sont papistes… d’autres lampistes… passons les prototypistes… allons vers les trappistes… vers Gustave le Flaubert le moine des mots… qui pouvait rester dans son « gueuloir » 12 heures de rang pour sortir une page… qu’il détruisait le lendemain… oui, ici, je plante le décors : « je ne suis pas flaubertiste… mais flaubertien… ben tiens ! »
J’ai découvert l’artiste en 4ème… à cause/grâce à un fou… imaginez un professeur capable de vous faire aimer la littérature… et son porte-drapeau Gustave Flaubert.

Du haut de sa chaire il commençait :

« Flaubert disait : le talent se transfuse toujours par infusion »
Chez moi la transfusion infuse depuis la 4ème… soit 6 fois 10 années y compris les bissextiles… plus de 240 saisons… un bail… épicé de quelques semaines supplémentaires…
Depuis… je n’ai pas trahi ma passion… pour Emma.
Une découverte… un franchissement cosmique… le ravissement… en ce temps-là l’époque était encore à l’encre violette et la plume sergent major… je rimais… « Furieusement » aurait dit Gustave… je parvenais aussi à écrire des phrases ayant un sens…
Mon professeur devant la classe me cita un jour en disant « vous auriez pu faire mieux… ce n’est qu’en pressant les deux morceaux de l’orange jusqu’à ce qu’il ne reste plus que l’écorce, que vous pourriez faire mieux encore… hélas vous êtes un peu fainéant… »
Ce n’était pas faux… je suis du style lent style escargot ou tortue… je voulais être poète… pas prosateur… mais après avoir vécu l’expérience des voyageur-troubadours…
Je n’ai jamais oublié… cette sortie…
Je laboure toujours les lignes de mes textes…

J’ai lu Flaubert sept cent soixante-douze millions de fois… peut-être plus… j’ai lu les quatre livres de sa correspondance dans la collection La Pléiade… j’ai lu ses exégètes… ses biographes… j’ai entendu ses critiques…
L’apophtegme sublime de Flaubert quasi devenu ontologique dans mes synapses dit :

« Je décris ce que tout le monde voit… mais que personne ne remarque »

Ce point est KKKKKKolossal car il nous ramène à la Renaissance… lorsque les peintres italiens découvrirent comment exprimer la perspective… « la deux » dimensions représentée dans ses trois mesures sur une surface plane… autrement-dit cette étape va plus loin que la forme… elle modifie l’art de penser et permet d’accéder à une nouvelle dimension : l’espace… c’est ce que démontre cet apophtegme.
Flaubert a écrit 8 opus… tous au sommet…
Balzac… en a écrit 91… j’aime aussi… mais moins… que le Gus…
Ce que j’aime chez Gustave c’est d’abord sa truculence, celle de Rabelais et son impertinence, celle de Montaigne. Mais sa truculence est transcendée dans son écriture… elle est maîtrisée pour en tirer la quintessence de style. Il écrit à Ernest Chevalier le 13 décembre 1839 :

« Le Peut-être de Rabelais et le Que say-je de Montaigne, tous deux sont si vastes qu’on s’y perd »  

Au temps de Gustave, la censure des réseaux sociaux n’existaient pas, les associations trucquemuches éructant contre l’homme blanc hétérosexuel, ne
« Montaient pas aux créneaux » selon la métaphore mille fois lessivée des remplisseurs de feuilles de choux… pour l’écorcher… elles étaient dans les limbes.
Marx était presque du même âge que Gustave… Engels venait d’ajouter un « s » à son nom « Engel »… l’ironie lui joua un mauvais tour puisque Engel signifie « Ange »… et quel ange… bref ! Ils étaient tous les deux encore des béotiens du communisme.
Gustave avait le champ libre, il fustigeait le socialisme… déjà… le saint homme… Madame Bovary paraît en 1857… Le manifeste du Parti communiste est déjà édité depuis 1848…
Karl comme Gustave sont libérés… chacun dans sa sphère.
J’avoue que je préfère le second… bien qu’ayant lu le premier aussi… un futur scribe « doit » tout lire… y compris… bref !
C’est ainsi que j’aime cet homme qui s’exprime aussi crûment tel Montaigne

« Sur le plus beau trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul ! »

Flaubert réplique :
« Si jamais je prends une part active au monde, ce sera comme penseur et comme démoralisateur. Je ne ferai que dire la vérité, mais elle sera horrible, cruelle et nue »
« J’aime par-dessus tout la phrase nerveuse, substantielle, claire, au muscle saillant, à la peau bistrée : j’aime les phrases mâles et les phrases femelles, comme celles de Lamartine »
« Je crois que le dogme d’une vie a été inventé par la peur de la mort ou l’envie de lui rattraper quelques chose »
« Etre bête, égoïste, et avoir une bonne santé, voilà les trois conditions voulues pour être heureux »  

Donc, Flaubert dans sa correspondance ne se censure pas… c’est tout le contraire dans ses opus, l’auteur doit dépasser sa réalité sa truculence ses exsudations…
Cet état lui sert de sa réalité pour en tirer les illustrations que la société nous offre à décrire. En transcendant son état premier qu’il touche du doigt… c’est à dire la matière humaine, il va pouvoir maîtriser la description.
Je ne parviens jamais à isoler un « dit » de Flaubert… car toute son œuvre est une succession de « dits ».
Néanmoins pour ce papier je retiendrais trois instants :
Une lettre à Louise Collet :
« Je rends à l’humanité ce qu’elle me donne, indifférence. Va te faire foutre, troupeau ; je ne suis pas de la bergerie ! Que chacun d’ailleurs se contente d’être honnête, j’entends de faire de son devoir et de ne pas empiéter sur le prochain, et alors toutes les utopies vertueuses se trouveront vite dépassées. L’idéal d’une société serait celle en effet où tout individu fonctionnerait dans sa nature. Or je fonctionne dans la mienne ; je suis quitte. Quand à toutes ces belles blagues de dévouement, sacrifice, abnégation, fraternité et autres abstractions stériles et dont la généralité humaine ne peut tirer parti, je les laisse aux charlatans, aux phraseurs, aux farceurs, aux gens à idées »

Dans Madame Bovary…

… il y a un instant où Emma  se torture la conscience lorsqu’elle se regarde vivre… elle est seule avec un Charles son « benêt » de mari, elle aspire au Grand Monde… en souvenir d’un bal chez le comte voisin où elle avait été invitée… elle passe par toutes les transes existentielle… elle veut un amant… elle y pense… mais comme elle a été éduquée dans la religion catholique… parce qu’elle se trouve fautive… alors elle a soudain besoin de prier… s’humilier… revenir à la morale… microcosmique… elle va s’agenouiller sur son prie-Dieu… elle croise les doigts… et au moment où elle commence un « Notre Père… » elle remarque les pantoufles de Charles qui sont sagement réunies… elle constate qu’elles sont bien vieilles et trouées… elle décide sur le champ qu’il faudra lui en acheter des neuves…
Ici, on voit comment Emma passe du sublime à la réalité triviale que sont les deux ressorts des personnages… « le bovarysme » ce même personnage qui sans transition revient à des réalités tangibles après des évanescences éléphantesques… selon le mot de Rostand.

Toujours chez Emma…

… ce passage dit « des comices ». Là-aussi on se place sur deux plans. Emma et son futur amant Rodolphe… sont situés sur une fenêtre et écoutent le discours du sous-préfet… Flaubert met en parallèle le discours d’une nullité abyssale avec le discours de l’amant futur… celui-ci reprend en les sublimant les mêmes mots que le fonctionnaire pour séduire Emma… pendant que le Conseiller aligne ses anaphores…
« Et c’est là ce que vous avez compris disait le Conseiller. Vous ! agriculteurs et ouvriers des campagnes ; vous ! pionniers pacifiques d’une œuvre toute de civilisation ! vous hommes de progrès et de moralité ! vous avez compris, dis-je, que les orages politiques sont encore plus redoutables vraiment que les désordres de l’atmosphère… »
… à ce moment des désordres de l’atmosphère… Rodolphe avait conquis Emma par ses répliques son regard sa taille son rang… avec la belle phrase romantique :
« Est-ce que cette conjuration du monde ne vous révolte pas ? »

Toute la logique de la mise en scène de Flaubert est dans le parallélisme, la juxtaposition… des situations qui sont indépendantes les unes des autres… sauf que Flaubert en tire une relation…

« Je décris ce que tout le monde voit… mais que personne ne remarque »…

… c’est cette mise en relation qui est à la fois surprenante et admirable.
Flaubert : c’est la recherche « de perfection de la forme »

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

L’Ange Boufaréu

 

 

 

 

… j’ai vu le président de la république dans son allocution sur le séparatisme.

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J’ai écouté…
J’ai enregistré…
J’ai étudié…
… voilà ce que j’en pense.

Question : Y aurait-il un séquencement identique dans tous les séparatismes ?
Réponse : Analyse des points du discours qui me chagrinent fort…

Les étapes de l’islamisation me semblent les mêmes, comparées à la révolution de 79… le communisme d’octobre 17… l’islamisation d’après 62… Mai 68… la révolution « gilets jaunes »… à présent le diktat écolo…
Le processus : une minorité revendique une vérité pour détruire le cadre que les règles de vie commune ont forgé depuis l’avènement de la royauté en France…
il y a quinze siècles…
Depuis Clovis en 482… celui qui veut devenir Français le peut… à la condition d’intégrer le contenu des paramètres historiques qui font la France… il fait sien cette histoire… il abandonne son ancienne culture… il salue le drapeau et l’hymne…
Que je sache… les polonais, les italiens, les espagnols, les arméniens et tant d’autres ne revendiquaient pas la création de zone close pour leur culture… ils apprenaient le français, ils respectaient les lois de la France, ils travaillaient selon ses règles, ils s’intégraient.
Si les musulmans veulent vivre en musulmans… ce que je conçois parfaitement… ils doivent alors se tourner dans les pays où la loi coranique est majoritaire…
S’ils viennent en France, c’est disent-ils pour son accueil… dans ces cas, s’ils profitent de cet accueil ils en respectent les lois qui le sous-tend c’est-à-dire la laïcité.

Schématiquement les schismes se structurent dans une valse à cinq temps :
– Une minorité devenue foule exprime sa volonté d’une autre vérité…
– Elle s’organise, se révolte, attaque les autorités. Nous assistons à des mouvements plus ou moins violents de jacquerie vers la révolution sanglante avec l’objectif de la table rase…
– Les élites théorisent l’acte, négocient, récupèrent. Les opportunistes s’installent dans la faille ouverte, souvenez-vous de : « ceux qui sont passés du col Mao au rotary club » de Hocquenghem… avant-eux en 45 les cadres communistes qui prennent le pouvoir dans l’éducation…
– L’autorité en place fait profil bas, incorpore une part des revendications qui déstabilisent les fondations… chaque vague case plus ou moins les siens… installés dans le système ils travaillent masqués… en cheval de Troyes…
– L’unité vacille jusqu’au prochain coup de boutoir…

Que ce soit la révolution de 79… les communistes en 17… l’islamisation en 62… Mai 68… les gilets jaunes… les écolos aujourd’hui… c’est le même schéma :
« Le pouvoir en place recule toujours… il nie la réalité un certain temps… car il a été élu en partie avec l’aide de ces minorités… le peuple, celui qui adhère à l’héritage se mure se tait se protège… puis, comme les gilets jaunes il rentrera dans le rang… pour l’instant, c’est le seul mouvement qui a perdu… ses adversaires ont torpillé la doctrine… mais jusqu’à quand?
Le peuple sur le terrain, vit le quotidien de la pollution… mille reculades… multiples avanies… les autorités locales ferment les yeux, elles n’ont pas de pouvoir… à cause du centralisme politique… mais la fermentation se poursuit…
Car monsieur le président… le peuple de la nation française historique… a pris conscience qu’il devient minoritaire dans l’Hexagone…
C’est bien ce que nous voyons se produire aux USA… mais ce n’est pas seulement l’ancien qui devient minoritaire… c’est le cadre qui est fracassé.
Ne le savions-nous point depuis 62 ?
Depuis que le Général de Gaulle décida d’un referendum pour que les pays africains deviennent indépendants… depuis que l’Algérie est autonome nous n’avons de cesse de subir l’assaut de leurs populations au prétexte de tous les maux de la terre… c’est de l’amitié hypocrite… un accueil fallacieux…
Tant de têtes pensantes sociologues, démographes, économistes, consorts… se sont penchés sur ce sujet sans qu’aucun gouvernement n’en prenne la mesure.
Les révolutionnaires de 79 ont à la fois décapité la royauté et par osmose la religion catholique qui furent les ciments de la France… nous eûmes les lois de la laïcité… que toutes les religions : catholique, protestante, juive respectèrent… soudain depuis 62… la musulmane prétend ne pas vouloir se plier… à la règle…

Cela fait en gros 60 ans que l’on sait…

Alors que nous avions réussi en 1905 de faire tomber le dogme catholique qui se situait au-dessus de la loi de la république… voilà qu’en 62, nous acceptons qu’une population… parce qu’elle est minoritaire se comporte en prédateur s’installe sur la terre de France, décrète son indépendance… à présent, elle demande des aménagements sur sa spécificité.
Je suis né dans une ville du sud… mon grand-père vint avec un sac à dos pour tout bien de la partie italienne de la suisse… j’allais à l’école avec des italiens, des espagnols, des arméniens… ils se sont intégrés à l’école de la république ils ont appris le français la morale française l’ordre public… ils se sont intégrés dans les professions dont la France avait besoin… l’assistanat était pour eux une opprobre… ils travaillaient pour une nation qui avait une histoire un sens un avenir…
Alors pourquoi cette différence monsieur le Président… pour ceux qui arrivent du Maghreb… qu’est-ce qu’ils ont de différents ?
Depuis 69… toutes les politiques ont juré… souvenez-vous du « Mal français » de monsieur Peyrefitte… en 76…  chaque année on en rajoute une couche…
Vatican II a révolutionné la messe et la formation des catéchèses… on ne dit plus la messe en latin… on prie en français… on enseigne la bible dans cette langue… pourquoi faudrait-il que les musulmans reçoivent les sourates en arabe ?

Pourquoi ces situations différentes ?

Monsieur le Président, je ne suis pas en phase avec le second degré de votre discours… le non-dit… j’avais lu votre message édité en novembre 2016… dans votre livre programme…
J’ai étudié ce texte… un homme au standing aussi peu révolutionnaire que vous, qui est capable de placer le mot « Révolution » en titulus sur un parchemin est un grand metteur en scène… méfiance… je persiste.

Je demande à voir… l’arrêt de la politique des imams étrangers…
Flou votre propos sur les financements…
« Cela n’arrivera plus » dites-vous quant aux putschs dans les mosquées… bon alors  le prêche doit être en français…
Nous allons former les imams… les certifier… dans une république qui a voté une loi sur la laïcité se prétend capable d’évaluer la valeur de l’enseignement d’un imam… on se moque de nous !
Comment ? Dites-vous :
« S’engager et soutenir ce qui, dans notre pays, doit nous permettre de faire émerger une meilleure compréhension de l’islam et aussi une meilleure formation intellectuelle, académique… »
Il est du fondement de la religion musulmane et à elle seule de faire émerger une meilleure compréhension de l’islam… ce n’est pas à l’Etat français… le devenir de l’islam est de son domaine ontologique propre… essentiellement.
Le vœu d’arrêter l’immigration sous toutes ses formes ne m’a pas paru clair… à court terme… le volume du peuple sera tel qu’il prendra le pouvoir mécaniquement… car l’immigration se poursuit… on a bien vu les listes à tendances islamistes lors des élections municipales passées…
Vous dites :
« Parce qu’il n’y aura pas de réussite du projet que j’évoquais depuis tout à l’heure si nous ne connaissons pas mieux »
Puis-je vous rappeler que dans les pays musulmans… le massacre des minorités chrétiennes se poursuit… pourquoi cet unilatéralisme ? Vous avancez avec le cœur ouvert de fraternité… alors que vous savez que vous n’imposez aucun geste de réciprocité… ils vont baisser un temps la tête… oh ce sera court… puis ils la lèveront pour un autre bond en avant… cette pensée est ainsi faite.
Autrement dit c’est à nous d’être l’agneau bêlant qui se plie devant l’étranger voulant s’installer…

Chez vous monsieur le président, le verbe est succulent… modelé… candide… séduisant… hollywoodien… plus que d’autres… mais derrière… ah derrière… beaucoup de sens… polyphonique… qui vous permettront le choix de l’option… le moment venu… le peuple… comme toujours aura encore perdu…

Monsieur le Président, malgré vos emphases, je ne sais plus ce qu’est la France…

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes. 

L’Ange Boufaréu… alias alain iametti 

 

 

 

 

 

… j’ai lu « Chemins Arvernes, Des monts Dore aux monts Dôme » de José Casatéjada.

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« Chemins Arvernes, Des monts Dore aux monts Dôme » de José Casatéjada.
BoD : ISBN 9 782 322 235 629

« Chemins Arvernes » retrace une randonnée de 12 jours en forme de boucle autour des volcans du Massif Central.

José Casatéjada a mis ses pas dans les empreintes fossiles de nos grands ancêtres celtes : les Arvernes qui donnèrent leur nom en peuplant l’Auvergne au 7ème siècle av. J.-C. L’art de José dans la composition de son texte est d’une précision millimétrée.
Si je n’avais connu le randonneur, j’aurai pu facilement imaginer un professionnel de la chirurgie ou un horloger suisse tant son propos analyse avec précision, j’allais dire au scalpel, l’organisation de cette découverte…

Il faut savoir qu’une randonnée se prépare minutieusement. José a à sa disposition les bibles des randonneurs les fameux « Topoguides ». Ils décrivent le parcours et les logiques adjacentes, déclivités, gîtes, ravitaillements… mais également l’Histoire qui a façonné le cadre… églises, monuments, châteaux… souvent ruines… calvaires.
Ainsi chaque jour se déroulera un rituel immuable, ce rituel est gravé à la fois dans le corps, dans la tête et dans l’action du randonneur. Ce cadre est le garde-fou, chaque chose est à sa place. Le sac à dos est la projection patrimoniale du randonneur tel l’escargot… dès le départ le contenu est agencé selon l’ordre quasi anthropologique du randonneur. En l’ouvrant, le soir, il sait déjà ce que chaque strate chronologiquement va lui apporter… puis le matin au départ chaque objet retrouvera sa place. Cet ordre précis, permet de sécuriser le marcheur… à tel point qu’à tâtons il peut facilement accéder à chaque chose… si besoin.
Mentalement le randonneur se situe sur une échelle organisationnelle qu’il projette dans sa conscience. Celui qui n’aura pas structuré ce rituel sera affecté par des oublis, des inattentions qui affectent ses mouvements, génèrent le stress, voire des accidents… le randonneur « doit » avoir planifié sa journée pour pouvoir jouir de la découverte du chemin… l’espace… les volcans qui s’éveillent derrière les nuages… Le maître mot du randonneur est « l’anticipation » prévoir l’imprévisible…

Hélas, si la planification structure la projection mentale du chemin… restent les aléas… le climat très changeant des randonnées en montage, la pluie qui s’insinue dans tous les replis des ponchos… le froid qui parfois réduit les capacités physiques… des incidents divers que rencontre le randonneur… glissades dans la boue… chutes… maladies, contretemps des gites… pertes de repères du chemin qui occasionnent des retards à l’auberge…

Un randonneur est seul avec son sac à dos… il doit faire face aux impondérables physiques, psychologiques, nerveux… la fatigue qui tétanise les membres et occasionne des crampes…
L’organisation d’une randonnée doit prendre en compte chaque jour le changement de gîte… la géographie de l’auberge donc doit être renouvelée dans l’esprit de celui qui va se coucher et qui certainement va se lever la nuit… faire face à une nouvelle topographie…

José, au fil des journées de marche… sème des petits cailloux… sur ses vécus. Il relie une chute à d’autres incidents survenus dans le passé… il comptabilise et s’étonne d’être passé parfois à un fil du désastre… par là il évalue la fragilité de l’être humain… et pourtant une force le pousse à poursuivre son parcours… repoussant encore les limites de la conscience de soi, la capacité de la résistance et la soif de connaissance.
Journée après journée, il insiste sur le besoin de se ressourcer en téléphonant à sa femme… qui viendra le chercher à la fin de la dernière étape.
José Casatéjada tout en décrivant les paysages qu’il traverse, nous offre un parcours intimiste, un retour sur lui-même qui est aussi une allégorie à l’amitié avec son ami Jean-Marc rencontré lors d’un précédent Camino sur la via Podiensis pour aller à Compostelle… son récit en est la parfaite illustration…
Il décrit en filigrane cette passion du marcheur que nul ne peut comprendre s’il ne l’a pas expérimentée… une sorte d’ivresse… un sac à dos… le ciel au-dessus de la tête… le chemin sous ses pas… en duo avec un compañero… la félicité.

Vous aimerez vous aussi mettre vos pas dans ceux de José… bonne lecture.

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes 

L’Ange Boufaréu.

 

POURQUOI J’ÉCRIS ? (Répond José )
À vrai dire, j’aspirais à un repos bien mérité, selon la formule consacrée…
Issu d’un milieu modeste d’émigrés Espagnols, je suis né en 1949 à Montbrison dans le Forez. Après des études classiques puis techniques, j’ai intégré le monde industriel, de la mécanique au nucléaire et de la tribologie à l’automobile. Jusqu’à mon retrait de la vie active en 2010, cette courte phrase résume quarante années de labeur… La mutation générerait-elle pour autant la hantise du temps libre ou les prémices d’un état dépressif ? Que nenni ! J’ai abordé cette métamorphose avec courage et par une franche rupture entre mon absorbante occupation professionnelle et la troisième partie de ma vie.
Je marche, je vis, j’écris…
Un beau matin d’avril, cette coupure me conduisit sur la Via Podiensis, à poser un pied devant l’autre puis à continuer… Alors que je n’avais jamais marché auparavant, si ce n’est afin de courir les bois à la recherche de quelques champignons à la saison, je partis du Puy-en-Velay, me lançai seul sur le chemin de Compostelle, allai au bout du bout de l’Europe et revins avec un ami. Cet extraordinaire voyage suscita l’écriture de mon premier ouvrage : « Via Compostela, Des monts du Velay à la Costa da Morte ». En outre, se libéra en moi l’envie irrésistible de reconduire l’expérience, de rencontrer les autres, de découvrir la France à défaut de parcourir le Monde, car le temps désormais m’était compté.
Comment suis-je venu à l’écriture ?
En osant Compostelle, l’idée fut aussi de réaliser un diaporama des paysages traversés, des personnes croisées, des montagnes et des rivières franchies. Sous forme d’un DVD, j’avais envisagé de distribuer à ma proche famille ce qui deviendrait un souvenir. Cependant, réflexions, émotions, états d’âme ne se photographiaient pas. Je décidai de consigner par écrit sur un carnet de route mes pensées, ce que je percevais physiquement ou éprouvais moralement. Le diaporama vit le jour, tel que je l’avais imaginé ; le carnet s’endormit au fond d’un tiroir. Plusieurs années passèrent. Un jour, ma fille cadette le découvrit et lut mes notes : « Papa, ce que tu as écrit est intéressant ! Tu pourrais créer un calepin afin de le joindre au diaporama. Qu’en penses-tu ? »
L’idée me séduisit. Je commençai la rédaction, mais dès les premières pages noircies, une question me vint à l’esprit : « Pourquoi n’écrirais-je que pour la famille ? » L’envie d’écrire venait de naître !
Mes espaces de prédilection ? Forêts, lacs, montagnes, horizons qui dansent au rythme de mes pas et s’évaporent aux flammes du soleil…
Adolescent, mes auteurs préférés se nommaient Mark Twain, Jack London, Jules Vernes, Walter Scott, Roger Frison-Roche. Adulte, j’ai affectionné l’Histoire des civilisations égyptienne, grecque, romaine, les romans historiques et d’aventure. Homme mûr, les récits et témoignages d’écrivains marcheurs me passionnent, m’incitent à sillonner les chemins.
L’amour de la vie et le plaisir de le partager, motivent mon désir d’écrire. Venez à ma rencontre, nous en parlerons en toute simplicité…
Le 12 septembre 2020,
José CASATEJADA

… 6 jours à Grimaud…

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Avant que les grands froids ne viennent nous statufier… en glaçons… frémissants… Céline et Gilles ont eu la bonne idée… de s’unir…

Visites aux espaces qui eurent l’honneur de notre visite…

Le texte dit :

Toun leva lou vese au soulèu : ton lever je le vois au soleil
Sabe pas se verai toun coucha : je ne sais si je verrai ton coucher

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes.

L’Ange Boufaréu

Kolya est parmi nous… aux Editions Alain Iametti…

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Les Editions Alain Iametti… éditent… cela va de soi… alain harmas… cet auteur a commis en avril 2020 “Kolya est parmi nous”

Synopsis lapidaire : 
Le Pacte Molotov-Ribbentrop signé le 23 août 1939 provoque à Paris la rupture de relations entre deux étudiants communistes.
L’un : Kolya fera toute sa carrière dans la nomenklatura française…
L’autre : Paul est biologiste, il a rompu avec le communisme le jour de la signature du pacte… il est exclu de la cellule du parti et condamné à mort par celle-ci.
Il est considéré comme un traître à la cause marxiste… il fuit.
54 après, ils se retrouvent pour la première fois…
C’est le face à face et l’acte final dramatique des deux destinées…

Nous avons reçu un courrier énigmatique d’un Kamarade… que nous éditons… il vient de Russie… il a mis du temps à franchir les espaces…

Moi, Grégor Sémionovitch Gotzkine…

Mon vieil ami alain = (мой старый друг… moy staryy drug)… je t’informe que j’ai bien reçu ton livre « Kolya est parmi nous »
J’ai lu ton bouquin, tu as remué tous mes souvenirs endormis et je viens de pleurer comme la madeleine de Proust. Maintenant, je suis à Tcherski à l’embouchure de la Kolyma non loin de l’Océan Arctique, il fait – 20°, la Kolyma est gelée bien sûr. J’ai débouché une bouteille de vodka, on trinque avec mon ami Dimitri Pasha Popovitch, on va aller à la pèche à quelques kilomètres de là… je finis ma lettre pour la poster…
Mon vieil alain… je me souviens en 40, je t’ai laissé au métro Michel-Ange Molitor, c’est la dernière fois que je t’ai vu… je ne donnais pas cher de ta peau…  c’était la guerre pas vrai !
J’ai jamais compris pourquoi tu avais ce Kolya comme ami. Un vrai communiste qui n’aurait jamais porté la valise d’un Zek, il portait seulement les valises des cadres… ça oui quel arriviste ! Toi, tu portais rien… tu discutais de la doctrine… tu savais bien qu’on s’en foutait de ces textes, mais tu continuais. Nous, ce qu’on voulait c’est le pouvoir. A la libération grâce à votre général j’ai pu repartir à Moscou… là j’ai été arrêté… j’étais un espion parce que j’avais vécu en France… on m’a envoyé à la Kolyma… j’y suis resté…
Ça fait combien de temps tout ça… en 40, j’avais 25 ans… oui j’ai 105 ans à présent… et pourquoi pas ? Tu sais le froid conserve. On vient me voir de très loin, je raconte toujours la même chose… dans 120 ans ce sera la même histoire : Un type révolutionnaire arrive, il promet le rêve éveillé, tous les bobos se précipitent avec la gamelle… alors parce que ça ne vient pas assez vite… ils bousculent le temps… coupent les têtes… on ne les compte plus… tout le monde s’en fout… on oublie… un autre recommence… ça dure depuis 1798… et même avant… ça remplit les livres d’histoires…
Ah ! Je me souviens de tes histoires de fourmis qui élèvent les pucerons pour les traire… une belle métaphore sur la bêtise humaine… on imaginait les fourmis avec les seaux… elles s’assoient sous les pucerons comme pour traire les vaches… qu’est-ce qu’on a ri en pensant aux pucerons qui avaient des cloches au cou…
Bon, j’y vais, le poisson n’attend pas. Je te bise mon alain prends soin de toi. Salut Lyon de ma part, je me souviens toujours de la ficelle qui montait à l’église. Écris-moi une suite… tu me l’enverras ! 

A bientôt.
до скорой встречи (do skoroy vstrechi)
Grégor Sémionovitch Gotzkine

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes 

L’Ange Boufaréu (secrétaire perpétuel)