Koba ou la sombre rémanence. N°27  « Rencontre »

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Weizhi avait organisé une rencontre entre Han Pingjing 韩平静 et Raoul L… Han avait voulu retrouver le célèbre français qui jadis fut un flamboyant guérilléro castriste… au nom de plume : Raoul L… ils s’étaient rencontrés du côté de Cuba.

La camarilla était réunie… Sosso-Staline était installé non loin du samovar, il avait apporté son cahier A4 à spirales… son stylo offert par Mont Blanc courait sur la page blanche… la pipe était fumante… Iossif écrivait…
– tu penses ?… toi ?… avait questionné Raphaello… cette remarque ne suscita qu’un haussement d’épaules… de la part de Staline.

 

Luigi, Sosthène, Raphaello, Matriona, Atharexa… attendaient attentifs à temps pleins attentionnés… Dame ! ce n’était point tous les jours que la camarilla voyait en chair et en os…

 

 

 

… un Han… élu du peuple chinois qui vécut une vie, à gravir les échelons depuis la base-base… paysanne-paysanne… origine pauvre-pauvre… siégeant haut-haut à présent… dans la même assemblée que le camarade président Chinois… certes douze rangs derrière lui légèrement à sa droite, de là il pouvait porter son regard sur la parfaite raie des cheveux d’un noir de jais du cacique, tracée au tiers droit du crâne… Pingjing était fier de contempler l’axe de sa vie… que supporte le crâne… siège du cerveau reptilien… du guide…

 

… un Raoul L… que l’on ne présente plus tant il s’est lui-même présenté comme présentable… lorsqu’il naquit, il appartint d’emblée au même état ontologique de volonté de pouvoir que le timonier Han à la raie parfaite des cheveux… certes l’un… le Han occupait le niveau opérationnel à la tête d’un milliard et demi d’ouailles…

alors que Raoul L… portait le prédicat celui du lumineux conceptuel du grand soir… à 7 milliard de « pigeons-chieurs » communément nommés : consommateurs peuplant son jardin… la planète…

 

Weizhi avait organisé la mise en scène… dans la datcha secrète de la ville de Larchy… où les chiens aboient… Larchy comme toujours vivait selon le principe des trois singes « Rien voir, rien entendre, rien dire. »

La camarilla installée selon les codes de chacun sur un tiers droit de la pièce, en face une table flanquée de deux sièges… où s’installeront les deux invités… côte à côte mais face à la camarilla…

Weizhi en grand ordonnateur s’est légèrement décalé… afin que la camarilla ait un champ total pour jouir des instants de cette rencontre… un total bien nommé totalitaire…

Voilà Han Pingjing qui entre… une belle bête communiste estampillée maoïste certifié… le cheveu noir malgré le poids des ans, la chemise blanche immaculée aux manches courtes, le pantalon noir d’élégance Smalto en coton peigné haut de gamme… tenu par la ceinture dont la boucle plate rivalise avec l’or des bijoux de la Place Vendôme… citons les escarpins latins pour mémoire…

Suivi de Raoul L… une non moins belle bête labélisée d’un au-delà cosmique des dogmes modes chapelles… le cheveu en crinière flamboyante poivre et sel… le complet… est complet… dans un bleu sombre métallique… il n’est pas Italien… il est Anglais… gentry of course… la chemise s’ouvre largement sur le poitrail… imberbe… lisse de tension virile… un bottier a construit sur mesure l’œuvre qui arme le pied…

Weizhi accueille… il offre le siège de droite à Han Pingjing… celui de gauche est bien sûr pour l’homme de « gôche » cela va de « soie »… comme la chemise…

– Nous sommes très heureux de recevoir deux grands penseurs-acteurs-vivants, au sommet de cinquante ans de construction pour le bien du peuple… c’est Weizhi qui prononce le narratif introductif accueillant… il est convenu que nous ne poserons pas de questions… nous écoutons… vous êtes libres dans votre expression pour rendre la synthèse de vos vies…

Han Pingjing a posé le carnet de notes que tout hiérarque communiste chinois traine avec lui… déjà penché sur le papier vierge… il calligraphie des chiures de mouche… avec un Bic contrefait… made in China… pendant que…
Raoul L… lance un regard panoramique à la camarilla alors qu’une main gauche nerveuse traverse sa tignasse tentant d’imposer un style de grand fauve à la toison éduquée à rester rebelle…
C’est Han Pingjing qui levant la tête… posa ses yeux noirs… sur la camarilla… ignorant Raoul L… il lance le débat…

– je suis né à Yingkou… province du Liaoning… mon père était pêcheur…
– mais… serait-il nécessaire cher Han de remonter à la naissance… pourquoi pas à la généalogie des dizaines d’ancêtres… l’homme nouveau n’a pas de frontières… fi la personnalisation… l’égocentrisme…
– mes ancêtres ont toujours été pêcheurs… très pauvres… et toi ?
– l’intérêt… est ailleurs… vers les masses cette multitude assoiffée de justice de vivre ensemble… l’histoire… en marche…
– ça permet d’évaluer le poids de la politique… qui élève le peuple… moi…
– bon… je crois que mon père était administrateur d’une douzaine de sociétés dans le négoce de l’hévéa en Indochine puis au Maghreb, il géra une banque et des entreprises de bois précieux… ma mère était prof à la fac… on ne voyait à la maison que des précepteurs… alors… je ne vois pas l’intérêt de revenir à ce temps…
– quelle matière… ta mère enseigne…
– mais la philosophie… bien sûr… elle luttait pour la « justice » phagocytée par les sombres bourgeois… réactionnaires… elle théorisait la lumineuse société planifiée… dans laquelle le peuple trouvera sa place… enfin…
– en 37… les Japonais occupent le pays… jusqu’en 45…
– ah, hélas nous étions à cette époque colonisés… il fallut faire face… on pactisa dans le pacte impactant les élans compactes dans lequel les négociations poinçonnèrent une « non-agression »… alors nous parvînmes à retrouver le journal de la liberté… l’adversaire recula… et tous les jours L’Humanité aux pages chaude d’encre vertueuse vint réchauffer nos synapses…
– je n’ai pas « collaboré » avec les occupants… j’ai rejoint la troupe pour accomplir la grande marche… je suis resté dans une grotte à Zunyi… le temps qu’il fallait.
– non le grand dessein ne pouvait s’arrêter à la plate réalité du quotidien, l’appel à la dialectique du temps devint un impératif catégorique… sublime, il fallait résister… car le grand capital reprenait du poil sur la bête… Nuremberg était passé par là… c’était un autre temps…
– c’est à Cuba que j’ai rencontré… le Raout…
– il fallait rendre à la flamme son brillant… alors comme un appel venu du tréfonds de la pensée révolutionnaire tout mon moi partit pour la Havane… songe la mutation que je dus subir depuis la Rive-gauche en Seine et midi au Flore où je prenais mon moka, sans sucre… pour rejoindre le peuple aliéné par les apôtres de Cortès… il fallait que j’y sois… alors j’y fus… ce fut l’extase… je sentais la poudre…
– j’ai retenu ton mot « même si son détenteur est un saint, tout pouvoir tend à l’excès. »
– comme tu as raison… nous combattions toi et moi… ce pouvoir… que le barbu rhénan qualifia « d’opium du peuple »… enfin le peuple serait libre de choisir sa vie… nous allions libérer les opprimés et organiser le cadre du grand soir… exit le capital installe-toi superstructure et toi infrastructure…
– j’ai été rappelé dès octobre… tous les octobres… sonnent le rappel… 
– je pris le maquis, il fallait créer cette langue qui allait, telle une immense vague faire table rase… il fallait une langue qui explique que seul le penseur, pensant, pense la révolution… pour qualifier plus tard ce qu’est « la politique de vérité »… nos récitions Marx comme un texte sacré, un acte de foi… solide qui emportait l’adhésion des peuples incultes… oh les embryons qui croissent vers les beautés matérialistes futures lumineuses…
– c’était le temps des cents fleurs… pas de la novlangue… j’ai coupé celles qui ne disaient pas comme le guide… les balles coûtaient chers… j’ai utilisé le couperet à bœuf… combien… 500 dit-on… cinq cents mille… je n’ai pas compté… c’est grand la Chine…
– nous rédigions sous les assauts des puissances capitalistes le nouveau crédo… en réalité nous diffusions le Capital… il est simple « il suffit de croire ce qui est écrit ! » Car la croyance de l’esprit est la conséquence et non la cause de la compréhension… comme dit un exégète « l’intelligence d’un développement idéologique implique, au niveau de l’idéologie elle-même, la connaissance dans laquelle surgit et se développe une pensée et la mise à jour de l’unité interne de cette pensée… » N’est-ce point sublime ?
– ensuite je fus affecté à réduire « les trois antis puis les cinq antis »… en gros tout ce que le guide voulait casser… la bourgeoisie, la propriété, le capital, les vieux rites… la liste du guide était longue… mais le peuple devenait fort…
– Marx fut expliqué aux masses… « le facteur économique ne détermine le développement social qu’en « dernière instance »… ce fut « la loi du développement inégal » Ces deux bases devinrent l’alpha et l’oméga de la « contradiction principale » au-delà de laquelle plus aucune dialectique ne pouvait prospérer…
– après vint l’organisation des grands bons en avant… puis les communes populaires… quelques messagers revinrent chez eux pour confirmer que le guide savait tout… sur tout… à preuves : ils témoignaient… vivants.
– alors ce fut un summum… « car si nulle instance ne peut déterminer le tout, il est possible en revanche qu’une pratique, pensée dans sa structure propre, structure pour ainsi dire décalée par rapport à celle qui articule cette pratique comme instance du tout, soit déterminante au regard d’un tout dans lequel elle figure sous des espèces excentrées… »
– ce fut lumineux… pendant la révolution culturelle… dix ans pour tout nettoyer… on n’a pas chômé…
– Songeons que la classe bourgeoise monopolise les institutions depuis la Révolution française… il fallut abattre la famille patriarcale… ce fut fait… et voilà les promesses que « différence » signifie « révolution »… car les problèmes échappent par nature à la conscience… « l’objet transcendant de la faculté de sociabilité… c’est la révolution… la révolution mon ami… en marche… en place… en mouvement… »
– voilà… depuis dix ans je siège à l’Assemblée nationale populaire…
– j’ai franchi les océans… les continents… j’ai conseillé les présidents… de devant… de derrière… de gauche… de droite… du dessus… du dessous… car ma pensé est agile, ductile… la phrase propose une syntaxe sans sémantique… aux tournures elliptiques qui cernent le profond sens de la naturelle surface… une pensée abstraite qui offre dans son magma à générer des germes qui vont croître… le style permet à la pensée et à la non-pensée d’être sur un même pied d’égalité… qu’il faut poursuivre indéfiniment au risque d’arriver au bord du précipice… du « néant »…
– je suis l’un des 3000… nous nous réunissons une fois par an pendant 10 jours…
– la révolution est une « chose » qui avance par pseudopode… elle est toujours en avance sur son temps… elle enveloppe… selon « la politique de vérité »… « en dernière instance »…
– je ne pourrai pas voir le prochain congrès… j’ai un cancer… je serai incinéré à Yingkou… j’irai dans le cimetière où dort mon père…
– l’idée de la dictature du prolétariat a été fracassée… ce n’était qu’une réalité de conjoncture, elle bloquait l’enquête… il ne fallait pas que l’on sache… voilà le futur bond… avant l’autre…
– j’ai bien travaillé…
– « même si son détenteur est un saint, tout pouvoir tend à l’excès. »
– c’est beau… c’est bobo…    

– questions ? proposa Weizhi… dans le silence de la camarilla remuée…
– Monsieur Han… je sais que les prénoms en Chine ont un sens… le vôtre en a-t-il un… demanda Atharexa
– Dui 对 exact… Pingjing 平静 veut dire « Calme »
– « Les chiens aboient. La caravane passe. » Conclue Sosso, Iossif, Djougachvili bougonna Koba dit Staline…  

… et la camarilla fit silence… 

Gentilés
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                                                           Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
 Article rédigé en coproduction Han Pingjing et Raoul L… enfin le grand soir… accompli… 

 

Koba ou la sombre rémanence Chapitre N°26 “Pensées de Pâques…”

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En ce jour de Pâques, la “Camarilla” était réunie… Matriona avait proposé que chacun sélectionne une pensée… nul ne commenterait… il devait l’énoncer à haute voix… dans le silence… puis le suivant prendrait la parole à son rythme… certains attendirent quasi un quart d’heure avant de laisser la citation s’imprégner dans les synapses…

Wiezhi proposa un dit de Mao tiré du Petit Livre Rouge…

« La bouse de vache est plus utile que les dogmes, on peut en faire de l’engrais »
Dans une autre citation le Timonier considérait  «  le peuple comme de la bouse de vache »… chacun conclura… 

 Sosthène fit référence au grand Soljenitsyne de L’archipel du Goulag. 

“Peu à peu, j’ai découvert que la ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les Etats, ni les classes, ni les partis… mais qu’elle traverse le cœur de chaque homme et de toute l’humanité.” 

Moi… dit Staline… je ne connais que Machiavel, j’en sais quelque chose…

“On s’attire la haine en faisant le bien comme en faisant le mal.”

Matriona, prit son temps… scruta Iossif qui devint mal à l’aise… mais ne dit mot… 

“Petits enfants… gardez-vous des idoles!” évangile de Saint Jean. 

Atharexa secouait la tête en accord avec Matriona, elle cita l’hombre Don Quichotte 

“Le sang s’hérite et la vertu s’acquiert… et la vertu vaut par elle seule ce que le sang ne peut valoir.” 

Luigi était perdu dans ses pensées… il cita un Madrigal de Michel -Ange 

“La plus irréparable des pertes est celle du temps…”

Raphaël… depuis la Renaissance cherchait sa seconde Renaissance, il cita le divin Dante Alighieri 

“Nul effet provenant de la raison ne peut durer toujours… parce que les désirs des hommes changent… suivant les influences du ciel.” 

L’Ange Boufaréu vint mais ne dit que ces quelques mots de son cher Franz Kafka.

“J’écris autrement que je ne parle… je parle autrement que je ne pense… je pense autrement que je ne devrais penser… et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité.” 

La technicienne des surfaces… vint… elle cita Pierre Dac

“Si la matière grise était plus rose… le monde aurait moins les idées noires.” 

Mademoiselle Zhang révéla sa pensée 

“La nature fait les choses sans se presser… et pourtant tout est accompli.”
Lao-Tseu 老子

Gentilés
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                                                          Article rédigé par le Lapin de Pâques… hi hi hi

Koba ou la sombre rémanence N°25 “Lettre de Li Dong Shi … 李董事”

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En ce vendredi… la camarilla est réunie… il y a Sosthène Grumeucheux… le célèbre et discret écrivain… Luigi Pirandello… le non moins célèbre écrivain moins discret car Prix Nobel… Raphaël le célèbre peintre italien à la recherche d’un deuxième souffle… le célèbre Sosso, Iossif, Joseph Vissarionovitch Djougachvili Koba dit le Vojd… autrement dit Staline… enfin Atharexa une espagnole Hollé… et Matriona qui surveille Sosso… Nous sommes bien sûr dans un Siheyuan… la célèbre résidence des bourgeois de Beijing… chez Weizhi Xiansheng… à Larchy…

Ce jour-là…
Weizhi ouvrit une lettre qu’il venait de recevoir… un de ses pigeons voyageurs était arrivé le matin-même…
La camarilla était bien installée… écoutait… il lut :
“Mon cher Weizhi… je vais te raconter une histoire qui aurait pu entrer dans le manuscrit que tu as exporté dans ce pays exotique que l’on nomme faguo 法国… « 法 loi 国 pays » si peu cartésien, que certains nomment 六边形 liù biān xíng « hexagone » en prenant exemple sur sa configuration comme nous nommons notre pays 中国 « pays du centre » que le monde connaît sous le nom de Chine que les jésuites inventèrent en copiant « Qin Shi Huang Di » l’empereur qui l’unifia entre – 259 et – 210 avant le Jésus.

Donc assis devant mon champ de lotus… on m’annonça un homme… venant de ce loin pays… un 知识分子zhi shi fen zi… François… je fus « à ba et sourdi » devant cet hommage rendu à ma personne… lui, il venait de bali 巴黎… sa capitale pour me voir alors que je suis à 15 000 kilomètres de sa maison… je fus ému… « éh-mu… »… un zhi shi fen zi Français… un intellectuel… un intello… mode-philosophe me souffla-t-on.
Il entra grande prestance… un traducteur suivait… mais ce n’était pas pour m’honorer… j’en fus mari…

« Il m’annonça tel l’Ange Gabriel à Marie que l’horizon était lumineux… comme tu as apporté le manuscrit en Hexagone… il venait m’apporter tel Tripitaka la bonne nouvelle venant de l’Ouest… lorsqu’il commença je crus entendre Moïse sur le « Mont Ticule »… puis Jésus sur « le mont guol’go t’as » jusqu’aux accents de Thomas… le More dans son Utopia… je vais tenter de transcrire son prédicat…
有一天… il commença ainsi… je crus entendre Lao Zi… Kong Zi… Lao Fo… ou un de ces US Américains dans les annonces d’Hollywood avec les frous-frous de Walt Disney… Once upon a time…有一天 you yi tian… il était une fois… donc : un oracle… Il était question d’un texte quasi biblique qui allait illuminer, l’occident, l’orient, le dedans, le dehors… tous les trous du cul seraient illuminés… le haut et le bas la droite et la gauche l’envers et l’endroit l’intérieur et l’extérieur seraient con-fondus car tout serait dans tout… il n’y aurait plus de niveaux entre les êtres… qui ne seraient plus des êtres mais des frères-appareils… il n’y aurait plus de biens privés… plus de lois… car la loi aurait-été faite-frère-appareil… fait’hom si tu veux… ceux qui avaient en trop on le donnera aux autres qui ont nada… une vaste plaine sans heurts… peur… meurt… plus de lois, plus de constitution… plus de cons en circulation… on osait enfin la pureté… pure…
Avec des trémolos dans la voix il me cita des mots sublimes qui accompagnaient le texte… « Le vivre ensemble… » « La bravitude pour tous lancée par une Pythie en deuil venue parait-il se recueillir sur le peuple… antique chinois » et surtout, surtout me dit-il toi Li Dong Shi… écoute cette prière-annonce-prédicat qui va irriguer ton sang… « Appareils-frères de tous les pays unissez-vous ! » ne trouves-tu pas cela sublime ?

Et aussi…
« Les monstres seront tous anéantis. »
« Lorsque des nuages ont assombri le ciel, nous avons fait remarquer que ces ténèbres n’étaient que temporaires, qu’elles se dissiperaient bientôt et que le soleil brillerait sous peu. »
« Des milliers et des milliers de martyrs ont donné héroïquement leur vie pour le peuple. Levons haut leur drapeau, avançons sur la voie que leur sang nous a tracée! »

Et encore… cette clarté de lumière lumineuse claire…
« La dialectique matérialiste considère que les causes externes constituent la condition des changements, que les causes internes en sont la base, et que les causes externes opèrent par l’intermédiaire des causes internes »

… la fin de l’histoire… avec la bravitude totale…

Il était vibrant de « beautitude » ou de « beaufitude » excuse-moi Weizhi, je perds mon latin en l’écoutant… mais il était exalté c’est certain… je fis silence afin de calmer les ondes… subliminales.

Je répondis…
– puis-je te poser quelques questions lao wai 老外 sage étranger…
– naturellement…
– je suis très honoré de découvrir ton sublime message… peux-tu me dire où tu crèches… j’osais élire ce verbe quoi que l’homme m’en semblait fort éloigné… mais c’était un test…
– ma résidence… mais bien sûr… Rive Gauche dans le 16èmeà 巴黎… tu connais ?
– si je connais… tu es né récemment…
– j’ai pourtant quelques dizaines d’années de vécues… j’ai connu les deux guerres… deux présidents socialistes… les gilets jaunes… LFI… je sais tout… y compris le jeune homme qui siège…
– tu as travaillé dans l’industrie… en bleus de chauffe…
– en quelque sorte… aux plus hauts postes de travail… j’ai eu plusieurs marocains… avec les « résidents de l’Elysée »
– jusqu’à ce jour… tu n’avais jamais vu un projet politique tel celui que tu m’as lu… tu m’étonnes…
– je ne lisais pas les slogans à l’époque… sauf que celui-là est divin, sublime, parfait, authentique, réaliste, génial, biblique presque… il épouse les syntaxes de l’évolution des peuples… songe « la bravitude » « le vivre ensemble »… « le juste »… le message de « gôche »… le tout « en même temps ! »… une bonne lettre de motivation pour CV.
– tu m’as récité les dits de Mao en sachant qu’ils étaient du Timonier…
– parfaitement…
– ton texte ne serait-il pas un peu tricheur ?
– pas du tout… plus besoin d’ordalie ou jugement de Dieu pour libérer le peuple, il devient libre… heureux… inspiré… par décision… d’ailleurs le peuple lui-même a fait table rase du passé… l’expérience était mal conduite… il veut la parfaire…
– je suis heureux de savoir que tu as fait un si long chemin pour m’informer de ce grand horizon lumineux… je voudrais seulement mettre un bémol à ta douce musique… en fonction de mon expérience…

我的很好的朋友… mon très cher ami (c’est la traduction) depuis au minimum 150 ans… depuis le natif rhénan… nous avons des horizons nouveaux tous les jours… nous en avons un ici, depuis 1949… il brille très haut entre ciel et terre… totalement…
Je n’analyserai qu’une phrase de ton énumération celle du chapitre du petit livre rouge du Timonier sur L’Héroïsme révolutionnaire :

« Des milliers et des milliers de martyrs ont donné héroïquement leur vie pour le peuple. Levons haut leur drapeau, avançons sur la voie que leur sang nous a tracée! »
– des martyrs on a eu une bonne production… sauf que…
des milliers et des milliers de martyrs ont donné héroïquement leur vie pour le peuple… sont ceux qui ne voulaient pas voir que se mette en place le texte de ton illuminé Rive Gauche… les morts ont bon dos… le texte à peine identique au tien gouverne… Mao n’est plus là mais la suite prospère…
– tu vois ami… la seule chose dont je suis certain… depuis le rhénan barbu mort à Londres… c’est que tous les illuminés n’ont fait que copier sa thèse en la coloriant des mots au gout du jour… sachant que celui qui la proclame à un intérêt de le faire… il bave sa « gôche »… et il passe à la caisse… pour un autre marocain.
J’ai bien connu vos nouveaux philosophes… qui entraient en chœur dans la maison illuminé en sortaient en claquant la porte pour s’affilier au concurrent… regarde le nombre de stations… Marx, Lénine, Trotski, Staline, Tito, Dubcek, Honecker, Che Guevara, Castro, Mao… la même soupe… puis brusquement… le désert… et les voilà qu’ils filent vers les cow-boys des campus hollywoodiens… aux dollars bien tempérés…
Pour : repeupler le “Mont-ticule” venez à la source… « Bobos Rive Gauche unissez-vous » c’est ça ton souci ?

很朋友… Cher ami (c’est la traduction) je vais te livrer ma conclusion illuminée… « Ici, ailleurs, en tous lieux maintenant et demain… il y aurait toujours un boutiquier inspiré qui reprendra le texte du Rhénan avec aménagement conjoncturel… et des bandes de trous du cul qui suivront ! C’est un cycle sans fin !… ici ça s’appelle le communisme maoïste opérationnel ! »

C’est sur cette note harmonique que Lao Wai 老外… noble étranger… me quitta… je lui avais offert une image de Guanyin… il la trouva sublime…

Gentilés
Si le voulez bien
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                                                           Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
                                                                      Article rédigé par La-haut des Traboules 

Koba ou la sombre rémanence… N° 24 “Dialectique-matérialiste : Kézako?”

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« Mademoiselle Zhang »… n’avait pas bougé… le manuscrit était resté une semaine sur la table de Weizhi… certes le bois était heureux de supporter ce chef-d’œuvre, car c’était un meuble de l’époque : Song du Nord 北宋 que Weizhi avait transporté incognito dans ses bagages…
– dis-moi, comment as-tu fait ? demanda Sosthène pour que cette table arrive ici ?
– une table construite en 969, une antiquité… Questionna Luigi.
– elle est là grâce à la « dialectique matérialiste »… en usage chez nous… en train, en taxi, en avion, en bateau, en pousse-pousse… poursuivit Wheizi…
– mais les contrôles, les douanes… des flics… les gardiens des trésors de la culture chinoise… Demanda Raphaël…
– je te le dis grâce à la dialectique matérialiste… ou si tu veux le matérialisme dialectique…

Sur ces questions-étonnements, Weizhi est interpellé par une dame… qui passait par là…
– entrez-donc ! Justement, nous avions une question très intéressante : un cas de « dialectique matérialiste » Oh pardon, je vous connais bien… mais mes amis sont en manque… présentez-vous gente dame.
Comme si elle était chez elle… la dame s’assied… sort un cigare d’une boite…

– tu as du feu Vissarionovitch…

– telle que vous me voyez je suis la fille de Polonius…

– Ophélie ? mais c’est un personnage de fiction précisa Luigi Pirandello qui avait l’habitude…

– mon cul fiction… éructa-t-elle dans le nuage de son havane, c’est William le Shakespeare qui le prétend… avec son succès… ce salaud m’a viré… depuis, je fais des stages… oui, c’est moi, l’Ophélie de l’Hamlet… je erre… heureusement Arthur m’a sublimé :

Et le poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.   

– bon, quelle était la question… ah oui… « dialectique matérialiste »… eh ben j’vais te dire mon p’tit Weizhi… j’en ai vécu des putains de dialectiques… d’abord fille de Polonius, je descends dans les bas-fonds… la méritocratie n’est plus ce qu’elle était… une sorte de dialectique à l’envers… je m’éloigne des sommets…
– et à présent vous travaillez dans quelle activité demanda Matriona pour détendre les stress d’incompréhensions qui commençait à pointer…
Sosthène vit que l’on allait par étapes successives dialectiques donc revenir au sujet qui était la fameuse table époque Song arrivée ici à Larchy par transmutations dialectique matérialistes… le peuple était curieux.
– je suis technicienne…
– technicienne en quoi ?
– technicienne de surface… c’est très formateur… la dialectique matérialiste ? Tu commences par ce qu’il dit l’autre avec son :
« To be, or not to be : that is the question »
… là tu as déjà compris : c’est la façade existentielle et essentielle de la dialectique… matérialiste… socialiste… autiste… cruciverbiste… le tout est dans tout et vice versa… lorsqu’un  type te parle de démarche dialectique méfie-toi… car bientôt tu vas l’avoir dans le cul…

D’ailleurs le Djougachvili… ici… il en sait quelques chose…

Pas vrai Joseph… en 37 avec tes procès de Zinoviev… et ses copains… je t’explique… l’idée c’est que la dialectique est une démarche de l’esprit… tu piges… or Zinoviev qui n’est pas con du tout… il a lui-même une démarche de l’esprit… sauf que sa démarche n’est pas la même que la tienne… dès lors comment justifier l’esprit du matérialisme… puisque le matérialisme par définition est matérialiste, il n’a pas d’esprit… eh bien la réponse est simple :
« la dialectique matérialiste permet à qui s’en sert de « rester matérialiste tout en admettant l’existence d’un esprit » …
… ça t’en bouche un coin le Joseph… mais, comme tu es le Vojd…
« La raison du plus fort est toujours la meilleure » Zinoviev prend une balle dans la cervelle… ça c’est le développement dialectique du raisonnement marxiste matérialiste.
Oh ! Tu n’es pas le seul à exceller dans la dialectique matérialiste…
Le boss Lénine… fais gaffe Sosso tu vas avaler ta pipe quand j’aurai lu le passage…

” La scission… dans ce qui apparaît « UN »…  la reconnaissance de ses composantes contradictoires est pour Lénine « l’essentiel de la dialectique »…

Autrement dit : première composante du UN… « toi », composé d’une multiplication de sur-toi Sosso Iossif Josef Staline Vissarionovitch Djougachvili Vojd… face à l’autre composé de lui-même… composante contradictoire de type : Zinoviev… Pfuuut!
En quoi le Vojd a raison… en quoi l’autre à tort… on ne sait pas… donc fusiller ! La Dialectique matérialiste est donc une question de classe ou de niveau qui élimine les contradictions pour vivre un paysage uniforme… voilà le Vojd, il a raison pour tous… voilà les millions d’autres… qui ont forcément tort.
– tu caricatures…
– où est l’analyse des composantes contradictoires… la tienne… la sienne ?
– on est loin de la table des Song… interroge Atharexa… qui avait apporté ses dictionnaires… Weizhi… après ce qu’on vient d’entendre tu peux nous éclairer ?
– bien sûr… comme dit le sieur Etiemble «  l’essentiel de l’opération dialectique, c’est tout simplement la réduction d’une pseudo-antinomie, laquelle se transmute en « solutions pratiques » des « problèmes posés par la vie » et pour reprendre le cas de Zinoviev… éliminer comme solutions pratiques permet de résoudre « les problèmes posés par la vie »

Pour ma table c’est simple… lors de chaque transport… je transforme le problème en solution pratique… exemple : avec un chauffeur de taxi je propose un choix… soit il transporte ma table, soit je le dénonce à la police parce qu’il a voulu me faire payer deux fois le prix de la course…
– mais c’est un mensonge crie Matriona…
– c’est toi qui le dit… lui il préfère continuer ses petites affaires et comme dirait mon beau-frère, le reste « il s’en bat les couilles…. »… à chaque étape tu déclines cette astuce…

Chez nous Mao a été un expert dialectico-matérialiste… on se souvient du célèbre slogan « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent. » C’était en mai 1958… ce slogan fait référence aux « cents écoles » nommées par Zhuang Zi qui spéculent sur la pensée et qui fleurissaient aux siècles III à IV.
Exemple devenu un cas d’école : Mao, tactiquement en catimini, se présente comme un lettré du IIIème siècle… alors que dialectiquement parlant, il pense XXème siècle… la bande de couillons séduite croit voir une invitation à penser selon les lettrés du IIIème siècle… alors que Mao veut voir les intellos sortir du bois… du XXème.
Dialectique-matérialiste de conclusion… 90% des lettrés qui ont osé critiquer partent au laogaï… on ne les reverra plus…
– et ta table comment elle rentre dans l’avion ?
– mais par la même logique… avec mes interlocuteurs tu poses la question : qu’est-ce que tu veux gagner… ou perdre… tu fais une évaluation… un choix… et Mademoiselle Zhang peut se reposer sur ma table à Larchy… imagine que lorsque je suis arrivé à l’aéroport avec ma table… j’ai été interpellé… j’ai écouté avec modestie, respect, sagesse… c’est essentiel et j’ai dit confidentiellement « Cette table, c’est un faux… je l’ai vendue aux américains… cent-mille yuans… comme vraie, si elle disparait ce n’est pas une perte pour la culture chinoise… ! » Les douaniers se sont tordus de rire, ils ont reçu 10 yuans chacun… ils m’ont confié leur intime conclusion : « Ils sont naïfs ces cow-boys ! »
– tu as parfaitement résumé Weizhi, bon, il faut que j’y aille… dit Ophélia… j’ai rendez-vous avec l’institution d’état… un représentant de la nomenklatura… pour négocier le nombre de mètres carrés à laver dans l’unité d’une heure, nonobstant le nombre de pieds de tables qui encombrent la surface à laver… naturellement nous dégoiserons selon la « dialectique matérialiste »… pendant cet échange… je montrerai ma nouvelle carte… gratuite pour immigrées de la CGT…

         I am Ophelia… English bobo… and you are so good to immigrants! I love you.

– je ne sais pas si nous avons réussi à explorer toutes les facettes de la dialectique-matérialiste » pensa tout haut Sosthène…
– Depuis Marx et Engels, il y a des cohortes qui l’étudient… à la Fac… avec l’évolutionnisme des méthodes… d’autres grognons, pondent des grimoires pour réactionnaires… ajouta Weizhi… mon cher Sosthène, s’il n’y avait plus de mystères sur la « dialectique-matérialiste »… il n’y aurait plus de goulag, de laogaï… le président de la Chine ne serait pas élu à vie… l’Hexagone serait pacifié… on n’en est pas là…

Comme quoi : grâce à une transfuge immigrée britannique… la camarilla redécouvrit le graal… de Sosso… sauf que la dialectique est une logique de l’esprit… qui n’est pas matérialiste… mais l’oxymore “matérialisme dialectique” fleure mot le jargon rive-gauche… c’est pas demain la veille qu’il disparaîtra…

Gentilés
Si le voulez bien
Lisez suite semaine prochain

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

Article rédigé par L’Ange Boufaréu qui avait suivi la session en visioconférence, mondovision, tridimension, hologramoprogrammatique… 

 

 

 

Koba ou la sombre rémanence N°23 Où l’on observe la réaction de Sosso à la lecture de Mademoiselle Zhang

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Vous vous souvenez, Gentilés, le chapitre précédent voyait Sosthène donner à lire le manuscrit “Mademoiselle Zhang” à Sosso… toute la semaine Iossif Vissarionovitch Djougachvili resta plongé dans les pages…
Matriona rejoignit solitaire le home de Weizhi, elle révéla… qu’il bougonnait sans cesse… il n’en dormait plus… il listait les candidats promis aux mines de sel en Sibérie…

« Staline fait sa révolution avec ce bouquin… ! » ce n’était pas une litote.

Weizhi Xianshen reçut la camarilla, son thé parfumé, ses graines de courges, ses gingembres confits réjouirent les présents…

Donc Sosso : ou Vojd qui signifie guide en russe, Führer en allemand, Duce en italien, Caudillo en espagnol n’était pas du nombre…

On causa donc d’une autre révolution en cours… causée… par un banquier qui titra en 2016 sa projection-triphasée-prédicat-cosmique de  « Révolution »… sur ce thème il fut élu, ni Vojd, ni Führer, ni Duce, ni Caudillo… mais « Suprême guide » de l’Hexa-Gone… le pays des six-gones… des cigognes aussi… autant que des six-cognes… on savait cela depuis des siècles en pays des traboules… on caqueta.
Ce banquier autant guide que suprême que d’aucuns nommèrent « Le jeune homme » non pas par dérision mais par le simple fait de son âge… ah! si jeunesse savait et… vous connaissez la suite…
Qu’un banquier puisse titrer son palimpseste « Révolution » révélait déjà ces oxymores à facettes multiples de type  : bizarre-ordinaire que les franciliens rives gauches en Seine ont le chic d’inventer.
L’Hexa-gone vivait depuis toujours sous les houlettes de ces mos… composés… au fil des siècles qui révélaient la quintessence de Révolution… le fameux « en même-temps » tel la novlangue de Orwell, il fallait décliner tout le vocabulaire du Larousse en oxymores pile-face… adret-ubac… sens-contresens… conforme-antiqu’onforme… puis opérer des glissements progressifs sémantiques, le banquier-conseil disant  « ce qui a de la valeurs, ce sont les hommes » mais venez avec le chéquier, on ne sait jamais : Révolution…  le « rigide-souple » ce superbe art de la république : Révolution … enfin… le must des musts, le point d’orgue harmonique, j’ai nommé « notre modèle social »… il l’a dit, il l’a écrit, tel le refrain d’une ballade du moyen-âge « … que le monde nous envie » : Révolution car là le jeune homme suprême avait atteint le graal… indépassable.
Il faut vraiment être jeune homme… ou banquier hors sol… pour décliner ces inepties…
Sauf que, tout comme l’Henri le numéro IV : « Paris vaut bien une messe »… il suffisait au jeune banquier… d’ouvrir les lexiques « aux pages souvent lues… » avait écrit Rostand… pour puiser émailler glaner grappiller en épices les pages de son palimpseste, jusqu’à ce que le lecteur-benêt ne retrouve que cette harmonie appelant le bulletin à devenir voix dans un geste auguste vers l’urne…

L’écume humée, humante, surnageant sur la tasse de caca-hot… scellait l’acte.

Ainsi, l’Hexa-Gone resta  « France profonde »… les votants « peuple modeste »… le siège élyséen « modèle social »… les cabotins «  ces syndicalistes qui ne comptent ni leur temps ni leur dévouement »… alléluia ! Quelle belle harmonie !

… au moment où le jeune homme à la page 244 du livre « Révolution » qui en compte 264… au moment donc où Atharexa lisait cette admirable phrase :

«  Ce qui alimente la colère ou le rejet de nos concitoyens, c’est la certitude que le pouvoir est aux mains de dirigeants qui ne leur ressemblent plus, ne les comprennent plus, ne s’occupent plus d’eux. Tout notre malheur vient de là ! »

Les littéraires observeront que le jeune homme avait puisé à la source du XIXème siècle, il avait parfaitement assimilé la phrase ternaire théorisée par Gustave le Flaubert… en son temps… phrase ternaire croissante… ne ressemble plus… ne comprenne plus… ne s’occupe plus… phrase se concluant par une chute dantesque : ………………………………………………………………. le malheur !

Joseph Staline dit le Vojd.

A ce moment, là entra Sosso…
On ne l’attendait plus… tant le jeune homme devenait captivant…
Il bourra sa pipe de tabac de Crimée…
Weizhi remplit le samovar…
On se recueillit…
Sosso s’exprima… songez gentilés… Larchyrots et Larchyrotes… que ce modeste village… non ce sublime village… non ce village vibrionnant… non ce potentiel… bref allait vivre une révélation… Sosso causait :

« Tu vois Sosthène… il fallait bien tout ce temps pour comprendre… 68 ans que je suis officiellement mort…
« Nous on a déjà compris depuis longtemps… surgit l’orale-pensée de Matriona…
« L’indulgence à ton égard Matriona… me perdra…
« Bon accouche ! Qu’est-ce que tu as compris…
« J’ai lu Weizhi, les pages de ton animal… dont tu ne veux toujours pas citer le nom… je vais te dire… il en dit trop ou pas assez…
« Il ne dit rien… il révèle ce que mademoiselle Zhang a vécu… c’est tout…
« Moi j’ai compris autre chose… si tu veux m’entendre…
« Rince-toi la gorge avec du thé du Tibet…

Buvant et causant… la fumée de la pipe se tarit comme la tasse de thé…

« Tu vois à la lecture… j’ai compris les turpitudes de tous ces petits clercs… d’ici et d’ailleurs… ils sont venus faire leur marché dans ma boite à outils… de 1920 jusqu’à 1953… j’ai eu une belle et authentique production… pour la naissance de l’homme nouveau… l’autre le Mao le paysan… il m’a copié… servilement… mais en pire… faire du neuf avec des jardiniers tu t’imagines ? Pendant cette lecture-là, j’ai vu passer tous ces petits comploteurs qui brandissaient la faucille et l’autre le marteau… ces minables rives-gauches… qui se pressaient à Moscou pour recevoir mon onction… pour se faire un nom … voilà ce que j’ai compris avec le recul… au nom de mes actes… ils furent baptisés… penseurs… nouveaux philosophes… ici dans ce pays… et dans tant d’autres… mais… tous… se renièrent… tous tu m’entends…
Ils prétendaient pouvoir disserter parce qu’ils avaient baigné dans mon jus… mais ce n’était qu’une stratégie… je les avais adoubés… je les avais formés… je les avais guidés… d’inconnues qu’ils étaient, ils gagnaient du galon devant les caméras des TV… et même votre petit jeune homme rejoue les couplets… de la révolution… tartuffe! A présent ils écrivent leurs confessions sur des mobiliers Louis XV… sordides ! Ils ont changé de protecteur depuis 89… alors les voilà penser pensant penseur… de courants venus d’ailleurs… loin à l’ouest…
C’est ce qu’elle m’a appris ta « Mademoiselle Zhang » qu’après mon départ des petits minables reproduisent mes solutions… hélas sans mes sublimes dimensions… des mesquins… des imitateurs… des farces… mais le pire c’est que ça marche… tous les veaux suivent…
Oui, c’est le mot… des imitateurs… ils déclinent les recettes… c’est moins saignant… mais plus sordide… »

Comme quoi quelques pages manuscrites provoquent parfais des résurgences inattendues… mais non moins tendues…
La camarilla… cherchait une porte de salue… « et sanitas tua Sosso »

« Au fond… commença Luigi, ta thèse pourrait être un thème dramatique époque antique du bas-totalinien carbonifère… où le fils tuant le père se fait assassiné pas sa belle-mère qui reproche à son gendre l’inceste non avoué du cousin, venu chercher son héritage. »

« Pourquoi pas ! » souffla Sosso.

« J’envisagerais bien, poursuivit Raphaël, une certaine façon de décorer une nef en Sixtine sur les paradigmes des dégâts collatéraux d’un diktat qui s’étiole dans le temps pour se fracasser dans la nuit des temps, couleurs cinabres, peuplé de citrouilles molles ! »

Sosthène se taisait.

« Moi… hélas… je pense… Iossif que ta raison… sans doute… mais je ne sais plus où… a raison… qu’il soit démocrate ou totalitaire… le guide résume la sombre bêtise du pouvoir… ce que tu fus… ce que nous sommes  si jamais nous sommes élus… ! »

Weizhi soupira…

Mao béatifié… ulcère Sosso…

« Si ces pages génèrent ces conclusions… on peut penser que… 东方红…
« C’est vrai ajouta Atharexa… les femmes sont toujours sacrifiées…
« Ca c’est bien vrai… ajouta Matriona… ça veut dire quoi ton slogan… ?

« 东方红… dong fang hong… « L’orient est rouge ! »

Le silence des hommes devaient être lourd de sous-entendus, car sans aucune analyse dialectique, l’aveu ontologique marxiste macho primaire devenait abyssal… courroucé, il leva les assis…

Sosso… laissa « Mademoiselle Zhang » sur la table…

Sur ce constat… on se quitta…

Gentilés
Si le voulez bien
Lisez suite semaine prochain

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

Article rédigé par la technicienne des surfaces qui passait par là… selon les préceptes de L’Ange Boufaréu