Voyages dans l’espace et dans le temps… réel ou sur un transat…

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N°1 Pérégrinations… comptes rendus.
Gentilés, vous qui de par le monde lisaient mes analyses… je ne sais si vous êtes des voyageurs… et quel type des voyageurs vous êtes…
Quel que soit le voyage… en France où à l’étranger… je me prépare à tout savoir du lieu où je vais… j’ai avec moi un important matériel photo… lourd… encombrant… cher… mais quelle jouissance au retour.
Dans ces chapitres sur la pérégrination je vous invite à découvrir mes passions…

L’Empereur Qian Long :乾隆 (25 septembre 1711 – 7 février 1799) il est le sixième empereur de la dynastie Qing… qui a commencé en 1644… son règne a duré plus de soixante ans.

Je suis resté bien une heure à noter les réactions du public, tant cette représentation vivante interpellait les visiteurs.
Mais il y a une partie de la vie de Qian Long qui est peu connu du grand public, j’ai découvert ce fait lorsque j’étais enseignant à Shenyang… entre 2002 et 2005.

Qian Long est d’origine manchou… sa langue n’est donc pas le chinois… mais le manchou… sur tous les temples lamas le tableau qui orne l’entrée est écrit en chinois… tibétain… et mandchou…
En 1743 il décide de rassembler l’élite des lettrés chinois et manchous pour que tous les mots existants dans les deux langues soient adaptés et intégrés…
Pour ce projet il rédige une lettre  «  Eloge de la ville de Moukden et de ses environs »
A cette époque la ville de Shenyang s’appelle Moukden…
Le résultat est une colossale compilation des noms vernaculaires de chaque langue pour les rassembler dans un dictionnaire commun… l’œuvre d’un humaniste.
Qian Long se nommait Qing Gaozong dans la hiérarchie… Qing.

A Beijing dans le temple des Lamas… sa statue de cire occupe une place éminente.
Ce regard semblerait presque vouloir nous interpeller…
C’est tout pour aujourd’hui…  gens !
L’Ange Boufaréu.

 

 

Archéologie de révolutions… ou comment des fifrelins profitent du « juste à temps » des utopies… re-re-suite… sans fins…

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N°6 quelques instants de réflexions sur la métamorphose des mots… ou comment s’effectue le glissement progressif pour exprimer le contraire du sens premier… suivant le sens du vent…  

Je vous invite à relire un très court extrait de Simon Leys qui vécut à Hong Kong et décrivit la réalité de la révolution culturelle… il en fit l’analyse en 1972 dans son :
« Les habits neufs du président Mao » page 80 (Bouquins Editions Robert Laffont 1998. »
Il traite de l’art dont la presse à rendu compte de la révolution culturelle…
Il est à noter que les intellectuels français… rive-gauche… de l’époque, non seulement ne le crurent point mais firent tomber l’anathème sur sa tête… il ne put jamais être universitaire en France… ah ça mais !

Que dit Simon Leys :
« … la presse qui a consacré de nombreux articles à la dénonciation de cette extrême gauche qui est qualifiée d’ « extrême gauche en apparence, mais d’extrême droite en réalité » : l’orthodoxie étant de « gauche » par définition, l’opposition doit nécessairement être désignée par le terme de « droite » ; aussi quand pour des raisons d’opportunité le pouvoir vire à droite et se fait contester par sa gauche, conventionnellement la droite se trouve baptisée gauche, et la gauche droite ; la même valse terminologique joue pour des concepts comme « capitaliste » et « prolétarien » qui ne correspondent nullement à des réalités socio-économiques, mais constituent simplement des jugements moraux, de même que « révolutionnaire » et « contre-révolutionnaire » ne se référent pas à un contenu politique, mais désignent seulement le pouvoir et l’opposition ; aussi est-on  « capitaliste » parce que criminel, « révolutionnaire » parce que du côté du manche, et non l’inverse – ce qui rappelle le sardonique aphorisme de Lu Xun :

« L’individu que l’on condamne est coupable parce que condamné, et non condamné parce que coupable. » Lu Xun 鲁迅 1881-1936… écrivain Chinois… je précise… on ne sait jamais !

En Chine les mots ont la valeur que le pouvoir communiste décide quant à son estampille… lorsque le pouvoir vacille… le mot tangue…
Jadis on appelait le droit de manipulation « imprimatur » que l’église s’arrogea afin de contrôler le contenu des livres qui allaient contre le dogme… le parti communiste s’est élevé victorieusement contre cette église afin d’abolir ce droit…
A présent, sa chapelle « conseille » la presse qui ne peut écrire que sous la haute bienveillance du PCC… le changement de cap des mots…

En France cette situation est impossible… car la presse est libre… c’est ce que j’ai entendu dire… nonobstant… mais elle est subventionnée à hauteur de :
«  Selon le périmètre et les conventions retenus, leur montant total en 2017 oscille donc entre 580 M€ (documents budgétaires) et 1,8 Md€, dont un peu moins de 130 M€ d’aides budgétaires directes. » Copie du rapport de la cours des comptes sources Cours des Comptes.
C’est ainsi que les commentaires sont écrits sous la houlette de la manne… ils reprennent mot à mot les discours politiques… l’incivilité est un grand tout… où la mort côtoie l’incendie de poubelles où le bruit des rodéos… voire le chien qui hurle trois heures tous les soirs… sans qu’une autorité lève le doigt.
C’est un indice de très grande révolution des mœurs… l’évolution de la langue… colle synchroniquement à la réalité politique du moment… il suffit d’y mettre le prix.

Si vous avez le temps mes chers Gentilés… lisez « Le Journal d’un fou » de Lu Xun… à peine 100 pages… mais si voulez savoir aussi quel est le ressort profond de la société de pouvoir qui nous fait passer d’incivilité à meurtre sans aucun mouvement de panique… lisez « Le Procès » de Franz Kafka.

Conclusion :
J’ai placé le terme fu 福 qui signifie bonheur… en incipit… car le bonheur existe…
En Chine j’ai souvent vu ce caractère placé à l’envers sur la porte d’entrée pour signifier en jouant sur son homonymie, l’arrivée du bonheur ou de la chance…
Le premier à l’endroit est placé en incipit… le second à l’envers en conclusion…

Je salue tous mes lecteurs du bout du monde… merci.

Bonnes vacances Gentilés…
Les autorités veillent… au grain.

L’Ange Boufaréu.

 

 

 

 

Archéologie de révolutions… ou comment des fifrelins profitent du « juste à temps » des utopies… re-re-suite…

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Chapitre 5… et voici venir le temps du jeune homme…

Nous avons analysé dans les quatre premiers épisodes… la révolution de 1789… celle des gilets jaunes… les cent fleurs de Mao… elles avaient au moins trois similitudes…

  • l’art de faire taire « il faut faire table rase… Dieu y reconnaîtra les siens… »
  • l’art de remplir les cahiers de doléances… pour mieux estourbir le couillon qui vient de se confesser…
  • l’art de laisser des ouvertures aux fifrelins pour retourner leurs vestes et passer du col Mao au rotary club… selon Hocquenghem…

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à une révolution… très… particulière… telle un  Fata Morgana… un phénomène optique qui génère des mirages… sous le coup d’élévation d’un degré thermique né de la diffraction de la lumière et de la dissolution de la raison… lors d’une fièvre où le peuple ne sait plus ce qu’est sa main gauche et sa main droite… une illumination… qui retrouve le « ni… ni… » d’un ex.

C’est très étrange…

Vous allez penser que je vais traiter d’un sujet ésotérique style tables tournantes… que nenni mes Gentilés… je ne m’éloigne pas de mon sujet des révolutions…
La preuve j’ai ouvert le livre qui traite de ce sujet… le titulus se présente ainsi :  « Révolution » sobrement alléchant.
Il est sous-titré « C’est notre combat pour la France »

En avant!

Il fut imprimé en novembre 2016…
Mes petits-enfants hauts comme trois pommes sont allés l’acheter à la librairie…
« Monsieur… vous avez un livre pour mon “papé”… il est un peu gâteux… un livre simple… pas trop long… c’est pour le Noël. »
Mais ils me l’offrirent en novembre… si jamais Saint Pierre avait voulu me rappeler à lui pour faire des photos… au moins j’aurai lu cet opus… je serais parti moins couillon…
Alors, j’ai lu… Révolution d’Emmanuel Macron…
Oh bonne mère… un texte à réveiller un fada qui dort… pour être un livre révolutionnaire mes petits-enfants avaient vu juste… il m’a révolutionné !!!
“On dit révolté” me dit le petit Auguste… 
“Tais-toi eh tu m’empêches de penser!” 
Alors, j’entrais en conclave tel les éminences des papistes pour rédiger un avis, je n’en sorti qu’après avoir tout lu… au moins dix fois avec les annotations d’usages… en rouge sang !
Depuis trois ans je compare… si le théorème théorique théorise la réalité… hélas ! Comme sœur Anne… gna gna et re gna gna… qui poudroit….
L’opus offre… enfin offrir c’est une fleur de rhétorique… il pèse… quoi que… bon, il compte 256 pages… corps 14… 16 chapitres…
C’est écrit en style de livret d’opéra… beaucoup de bruits… et de machineries…
Dans certains actes-chapitres… les chœurs pendant tout un acte chantent « avançons, cornichons… avançons, cornichons!” » mais personne ne bouge… quarante minutes c’est long… un autre acte est pire, les chœurs sont dans les coulisses et vocalisent…
« arrivons… arrivons… » et ne on voit toujours rien venir…
Et bien c’est à peu près ce que l’opus du jeune homme a réussi à « bouléguer » chez moi… dans les traboules ils disent « bouliguer »
 – vé vous êtes bien lyonnais ! que je dis, y sont cachotiers ces gones que c’est pas possible !
Alors pour vous dire que je raconte pas de cognandises je vais vous analyser le chapitre VI du livre du jeune homme tiré de son opus « Révolution »
Il se nomme : Investir dans notre avenir : un beau programme pour un futur président.
Il commence à la page 75 se termine à la page 91… soit 16 pages… sur un livre qui en fait 256 soit 6,25%… avec les banquiers il faut parler chiffres… c’est un peu ridicule… faut s’y faire.
Il écrit… lyrique… au temps de Colbert… de Napoléon III… nous inventions… c’est la première page… puis quatre lignes « depuis 2000 nous avons détruit près de neuf cent mille emplois l’industrie est passée de 17% à 12% du produit intérieur brut… (selon les dernières études aujourd’hui le 30 juillet 2020, 20h37 il est à 8%)
Alors… il faut renouer… choisir une politique… nous dépensons trop… choix cornélien : relance ou rigueur… j’hésite… déjà à l’époque « novembre 2016…
Alors rénover les bâtiments ? Mais ce qui importe c’est de prendre les décisions stratégiques… ben voyons… lesquelles ?
Dans trois domaines :

Premier domaine former « le capital humain » (c’est un terme de banquier, comme ressources humaines… je te prends je te jette… la tarte à la crème avec cerise sur le gâteau…) que l’on peut réaliser grâce au crédit impôt recherche…
Attention la voilà la cerise le « crédit d’impôt que le monde nous envie » si… si… je vous jure c’est écrit à la page 80… ligne 17.

Deuxième domaine : je vous le donne Emile… de Rousseau bien sûr… celui des Rêveries du promeneur solitaire… vous avez vu juste « l’investissement public, c’est la transition écologique » autrement dit notre électricité qui est produite par le nucléaire qui ne déverse pas de CO2 dans l’atmosphère sera remplacé par l’électricité germanique produite au charbon… c’est pas moi qui le dit ce sont les écolos… qui siègent à la droite du jeune homme… allez-y comprendre comme qui z-y disent dans la capitale des Gaules…

Troisième domaine… il me rappelle 81… lorsque le 1er président socialiste arriva de Latché en carrosse… il voulait la fibre optique pour tous… eh bien le jeune homme a la même vision quarante ans plus tard « c’est le déploiement de la fibre numérique partout en France »… c’est impressionnant !
Et puis, il y a les mais… non résolus… les contraintes collatérales…régler les déficits permanents de l’état… comment?
– faire face à l’administration qui que quoi dont où…Comment?
– il faut « c’est le fameux fau-con ! » innover… dans les PME eh ben… comment?
– nous changeons trop souvent de règles… d’organisation… c’est vrai, oui mais…
– imaginez que ce chapitre « Investir dans notre avenir » traire sur une demi-page la 85, de la taille d’un pédiluve d’une étable à Aurillac… et les contraintes administratives… c’est vraiment sublime de sens… présidentiel…
– le jeune homme a une lueur de clairvoyance : « d’un côté nous stigmatisons l’échec de l’autre nous conspuons la réussite » Question : n’étiez-vous point du côté de ceux qui conspuaient… la réussite… vous avez soutenu le magnifique slogan « la finance est mon ennemi » du second socialiste à l’Elysée… et pourtant vous veniez de son giron…
– nous voilà alors dans les règles que l’état doit s’imposer… maigrir… ah bon… comment : nul ne sait.
– pour terminer… déjà à cette époque il y a trois ans le jeune homme proposait : la relocalisation… une idée géniale tirée de Lavoisier qui fut raccourci par les sanguinaires il disait « rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme » relocalisez!
– Pleins de « fau-cons » mais jamais de « comment » ?
– Conclusion, page 91 c’est l’envoi, priez ! Gentilés!
« Mais, en réalité, cela fait trente ans que nous naviguons à vue dans la mondialisation, et que nous n’avons pas su trouver la place qui devait être celle d’une économie d’excellence, de entrepreneuriat et de l’innovation, à l’avant-garde des grandes transformations numérique, culturelle et écologique.” (Notons ici que le texte original dit entreprenariat (sic)… qui est un solécisme… il faut dire entrepreneuriat.)

Sauf votre respect Jeune Homme… n’importe quel gentilé bien propre sur lui aurait pu écrire ce que vous avez couché sur la page blanche… sauf que le peuple… n’attend pas ce style à la guimauve roucoulant de laïus paternaliste… il attendait des mesures qui ne traitaient pas des procédures des caniveaux-pédiluves-d’étables… il attendait des projets de Président… un style gaullien qui structure encore l’emploi 50 ans plus tard… où est-il votre bouleversement ? Et vos investissements ?

Hélas…

1789 avait tué les structures de l’ancien régime… les gilets jaunes furent détruits dans l’art de manifester… les « Cent fleurs de Mao ont abattu bien des penseurs… à présent votre livre fracasse l’impensé même de « Révolution »… c’est un détournement de valeur… un arrogant sophisme… car vous ne révolutionnez rien.

Hélas… avec sanglot…

Suite au prochain numéro… bonnes vacances Gentilés…

L’Ange Boufaréu.

 

 

 

Archéologie des révolutions… ou “Comment des fifrelins profitent du “juste à temps” des utopies.”… suite.

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Chapitre 3 : Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent…

Dans ce nouveau chapitre de l’histoire des révolutions… nous allons étudier, si notre postulat de 1789 en terre hexagonale est toujours bon… il sera vécu en Chine de Mao au mois de mai 1956… pourtant le Grand Timonier ne connaissait pas le proverbe “en mai fait ce qu’il te plait”
Petit rappel historique : L’empire du milieu est appelé Chine par les Jésuites en référence au 1er empereur Qin Shi Huang Di, alors qu’avant eux sur toutes les cartes du monde, ce pays s’appelle Cathay dénomination de Marco Polo par extension de Khitan de Kubilai Khan…
L’Empire du milieu se dit 中 国 zhong guo. La Chine est une civilisation vieille de 5000 ans ses premières dynasties celles des trois Augustes imaginent que le monde est né d’un œuf, le ciel est rond, la terre est carrée, délimitée par les quatre points cardinaux, la Chine occupe le centre, d’où  中 zhong centre… 国 guo empire…

Bref ! Pour être court.

Le Grand Timonier Mao Zedong : 毛泽东 règne sur la Chine depuis octobre 1949… sans partage… il applique la règle communiste « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi… ! » avec quelques conclusions pratiques 50 millions de morts pendant le Grand Bond en avant… une broutille… pour l’instant.
Hélas, en Chine… même en Chine… là-bas, les Chinois pensent…  les universitaires les professeurs les médecins les ingénieurs les juristes les intellectuels les artistes les poètes les philosophes les écrivains… mais Mao Zedong n’aiment pas ces gens qui rationalisent… autrement dit qui analysent la pensée du timonier comme absurde… vue le grand bond en avant qui fut un immense bond en arrière…
Le problème c’est que Mao est un paysan-poète et n’est jamais parvenu à un niveau d’instruction très élevé…
En réalité il se méfie de ces gens qui ne pensent pas comme lui…
Il y en a beaucoup trop pour qu’il s’élève contre eux…

Mao est un grand stratège…
Il se positionne dans les habits de Zhuang Zi… un philosophe taoïste génial… qui vivait au IVème siècle avant JC… il proposa aux diverses écoles du taoïsme de se réunir dans une sorte de congrès pour débattre du sens que les différentes écoles donnaient au terme de tao (en Chinois dao : 道) dans une ambiance de concorde…
Tous les lettrés connaissent bien sûr cette histoire… où chacun peut apporter sa pierre à l’édifice du taoïsme dans une relation apaisée philosophique…
Ils se disent Mao est un vrai humaniste…
Le timonier invite donc dans son discours du 2 mai les penseurs à exprimer leurs opinions… les fameux cahiers de doléances de 1789… ceux des Gilets Jaunes… dans un mouvement chaleureux baptisées « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent ! » quel beau programme.
En quelques jours… la Chine se transforme en pays de contestations… Mao est critiqué sous tous ces aspects… les intellectuels ont remplis les cahiers contre lui et tapissés les murs de dazibaos 大子报 (grands journaux muraux)… tout cela dans une atmosphère de paix et de recueillement envers le Grand Timonier… qui sait à présent ce que les intellectuels pensent de lui…
5 semaines plus tard le 8 juin, le Quotidien du peuple  人民日报 appelle à « arracher les fleurs vénéneuses »… c’est la fin du printemps et des écoles rivales sifflée par Mao.
Quelque 550 000 intellectuels sont envoyés en camp de rééducation par le travail… des imbéciles… des traîtres… des contre-révolutionnaires… de nombreux penseurs ne revinrent jamais penser chez eux…

C’est le prologue de la révolution culturelle qui aura lieu 10 ans plus tard en 1966…

Là, Gentilés nous avons à faire à un génie des révolutions, il a copié le bougre… car nous sommes en Chine…

Le timonier a maté le peuple… il ne possède rien… il ne possédera jamais rien… il se tait… il meurt… il a déjà tout compris…
Le timonier lance les cahiers de doléances… comme chez nous…
Le timonier “cible” sa révolution… il faut le faire…
Vers les contre-révolutionnaires qui avaient quelques chose encore à dire… mais qui se taisaient en l’attente du bon moment pour se révolter… c’étaient les seuls qui avaient conservé un brin de pouvoir de raison… hélas… des naïfs ceux-là… il est vrai que les nôtre ont vécus toutes les révolutions… ils sont madrés… rusés… ils savent finasser en hurlant de loin comme les chiens des caravansérails … prudence… certains… un bon nombre… franchissent le “Rubicon”… comme partout…
Les penseurs chinois se croyaient au chaud dans des niches… imbus… supérieurs… mandarins… ils croyaient que la science le savoir la connaissance le diplôme allaient l’emporter…
Ils avaient oublié que Qin Shi Huang Di autour de l’an 220 avant J.C en avait enterré 400 vivants avec leurs livres.

Depuis cette date…
Les hexagonaux ont compris…ils ne sont pas tombés dans le piège du timonier… de tous les timoniers passés présents et futurs…
Ils éructent avec l’air du temps… ils font partie du paysage… ils passent à la caisse en fin de mois…

Voilà Gentilés comment le timonier a adapté le schéma de 1789…
C’est une variante qui a eu du succès…
C’est une chance pour nos insoumis que Mao fut Chinois…
L’Ange Boufaréu.

Fifrelin… ou la leçon d’entomologie comparée…

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“Archéologie des révolutions… ou « comment des fifrelins profitent du « juste à temps » des utopies.”
Je vais vous dire mes chers Gentilés… il faut toujours expliquer l’inexplicable… donc aujourd’hui je vais traiter mon choix de « fifrelin » dans le titre ci-dessus perché…

Le fifrelin n’est pas un insecte…
Il porte un nom masculin…
Le “Littré des quais”  donne au premier degré : objet dénué de grande valeur qui ne vaut pas grand-chose. On l’utilise plus particulièrement pour parler de petite monnaie, de pièces rouges de mauvais métal ou n’ayant pas un grand pouvoir marchand.
On peut analyser son errance sémiologique… à partir de fifre… dans la théorie sémiotique… qui n’a rien à voir avec l’amniotique dont le liquide est protégé par m’amnios… oh bonne mère que c’est complexe un fifrelin…

En Provençal un fifre c’est bien sûr une sorte de flute, mais on préfère dire « galoubet »… un grand fifre c’est un grand niais… un fifrelin c’est un pauvre type qui ne vaut même pas une note de musique…
Pour les Lyonnais, dans « Le Littré de la Grand Côte » de Nizier de Puitspelu qui est l’illustre dictionnaire du « parlé lyonnais » que le monde nous envie…

A « f » nous avons “fifre” raconté de la manière qui suit… le plus souvent c’est le  FIFRE DE MORNANT – surnom des habitants de Mornant parce que racontait le père de l’auteur. Le curé mécontent de ce que les hommes sortaient toujours lorsqu’il allait prêcher, tira un jour un fifre de sa poche et se mit à jouer en chaire. Sur quoi les hommes de rentrer en hâte, croyant que le curé était devenu fou. Le curé fit alors fermer les portes et commença son prêche ainsi :
« A Mornant Grand Diu ! I modont à voutra parola et y rintront ou brut d’in fifro ! »…  à Mornant, Grand Dieu ils sortent à votre parole et rentrent au son d’un fifre… »

En Provence on vous dira si vous avez le style un peu benêt :
« Sias ben pouli fifre vé ! »… Ben vous… vous êtes de jolis couillons !

Tout ça pour dire que de fifre on passe vite à fifrelin… sans même s’en rendre compte.

Mais le pire c’est au moment où on prend conscience… que le fifrelin benêt joue du fifre… mais pas seulement, à Lyon on dit « qu’il cause » en Provence « es un barjacaire » un bavardeur…
Le fifrelin, lorsqu’il y a des « cagades » il disparaît dans sa niche et dès que le soleil brille « lou vaqui qué vin faïre lou béu » le voilà qui revient faire le beau…

Chez nous en Provence le fifrelin on l’appelle « un tòti ! » avé l’accent tonique sur le « ò » vous appuyez bien fort sur ce « ò » le « tòti » est un butor un imbécile ou mieux un fada…

Seul il est inoffensif… mais c’est en groupe qu’il délire… il se donne des appellations incontrôlées du style : frondeurs… insoumis… révoltés… guérillero… terrible… parfois il se drape de costumes latino-castro-gaucho-front-gauche-caudillo-chavézien…
Depuis 1789… il trône en haut à gauche des hémicycles… où il éructe… en agitant ses plumes… ses armes… blanches… ne pas confondre avec blême réservé aux petits matins… ni immaculée… et encore moins vierges…

J’aurais jamais cru qu’un fifrelin « sa soye » si compliqué… me dit le petit Auguste
Attends ! “vas veiré!” tu vas voir.

Le fifrelin n’a qu’un objectif…
Un seul et unique…
Que le monde s’effondre… alors il sera là… c’est ce qu’en bon gaulois on nomme l’opportunisme…
Le fifrelin a été très actif pendant toutes les révolutions… il attend son heure… et il récolte les miettes… ça c’est le juste à temps…
Parce qu’il n’a pas pu phagocyter les Gilets Jaunes… on le voit marri… bougonner… ronchonner… il rumine…

Ah j’oubliais…

Le fifrelin… a deux jambes, deux bras, un buste, un corps, une tête… il éructe…
A ne pas confondre avec le bousier qui est un coléoptère coprophage de la famille des Scarabaeidae… qui possède six pattes une tête…

Ils ont en commun une passion : ils marchent à reculons en poussant leur bouse…

Adieu mes Gentilés… passez à l’ombre.

L’Ange Boufaréu.