Chapitre 20 Barnaby raconte…

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20… Barnaby raconte…      

« Oh ! scribe, tu recueilles les moments que je raconte ? »

Le colon soudain prenait la défense du gisant… ce qui illustrait la cohérence des ordonnances médicales et l’effet conjugué des hamburgers muffin coca sur le physique, l’humeur et la santé du colon… il signait le second miracle de Josef-Jérémie avec ce retour du gradé dans le bercail de la noosphère active… lequel le salua d’un clignement d’œil très entendu…
« Je l’ai bien connu ! » hurla le colon… ressuscité
Akio surveillait…
Josef écoutait… mais de loin sur un stratus cumulo-nimbus stratosphérique…
C’est ainsi, gens de peu de foi que se construisent les sagas, grâce à la sagacité des sages témoins… qui content…
« C’était… un jeudi… raconta tout haut le colon… il pleuvait… comme souvent à Pittsburgh… et comme rien ne me retenait… je m’arrêtais devant l’école de Hissa LUNA… car je ne pouvais faire autrement, la rue était encombrée d’un peuple cosmopolite… qui semblait soutenu par une force transcendante qui irradiait du peuple en extase… je descends de mon cheval, je lie ses rennes à un arbre en fleurs… dont j’ai oublié le nom… je m’avance… et parce que j’étais en tenue de parade… je venais de gagner mes galons d’officier… la foule s’ouvrit devant moi tel les flots de la Mer Morte… popularisés par les récits d’un livre trouvé du côté de Qumran dans un pays de bédouins, j’avais lu cette anecdote dans le Newsweek Pennylvania… qui est généralement bien informé… je me souviens même avoir fortement douté de ce retrait des flots… le texte disait que l’espace vide était provoqué par la force de la voie de l’orateur… un certain Abraham… qui haranguait ses troupes sans mégaphone… ah ces journalistes mystificateurs…
Eh bien, je vivais le même phénomène, miracle peut-on affirmer, puisque je l’ai vécu… foi d’officier de la Marine de l’US-Land progressant vers le World-Empire… en marche.
Les vagues de la foule s’écartaient harmonieusement sans douleur, le sol même était sec… c’est dire ! Et là devant moi sur une estrade je vis ! Hissa LUNA en pâmoison devant ce sale marmot que je trouvais encore plus gaillard, il aurait mérité deux paires de claques… si c’était mon gosse… heureusement je n’en avais pas… car il apostrophait l’assistance d’une telle force que j’en fus sidéré. Qu’un gosse ait cette audace, pourquoi pas… mais que ce peuple se pâme à ses mots… il se prenait pour Abraham peut-être !

Mais que disait-il ?

Je vais tenter de rappeler à mon cortex, les termes de son sermon… hélas sans son génie des harmoniques… qui le caractérisait…
« Gens de peu de foi ! »
Il s’exprimait en courtes histoires drôlasses… que depuis on nomme paraboles… à West-Point on en avait utilisées, en forme de grands couvercles de lessiveuses tournés vers l’espace pour capter les électrons russes… curieuse dérive tectonique des mots…
« J’étais dans le désert… hier, après-midi… clamait-il…
L’espace vierge de sable chaud…
Où vivaient librement les autochtones indiens…
Ivres de liberté…
Eh bien ! Gens de peu ! Que virent-ils soudain se dresser devant eux…
Alors qu’ils allaient faire paître leurs troupeaux de vaches
Halte dit le chef Algonquin secondé par Sitting-Bell ! »
Là une voix s’éleva pour suggérer… « Sitting-Bull ! »
Le prédicateur fustigea cette ouaille qui devant la foule eût souhaité, je vous l’assure, s’enfouir dans un terrier de taupe… de honte bue…
« Je vous pardonne… car vous ne savez pas…
Que virent-ils ?
Au détour d’une dune inculte, dans le talweg où Sitting-Bell conduisait tous les matins avec ses braves ses troupeaux de vaches…
Ils furent stoppés par des feux tricolores… un croisement construit en une nuit par la force démocratique de l’Empire… installée à Washington…
Les feux étaient au rouge…
Et un Indien qui voit rouge est un indice de flèche brisée…
D’autant que le carrefour était désert… nul ne venant à dextre autant qu’à sinistre…
Mais l’Indien est respectueux des règles…
Au rouge il attend…
Ce n’est qu’au vert que le troupeau de bovidés conduit par Sitting-Bell s’ébranla vers les prairies de leurs ancêtres…
N’est-ce point honteux ? »
Ce marmouset n’est pas si sot me dis-je… je regardais intensément ce garçon qui s’élevait avec ses paroles fortes… il avait une stature de géant… celle que démultiplie la force du verbe… ce n’était plus la vue qui donnait sens mais le vif sang qui imposait ses vues… sur l’espace cosmique.
« Il ira loin ce marmot… »
« Une graine de Prophète ! » souffla Hissa LUNA…
Sous la puissance du verbe, j’avais dû penser tout haut, comme quoi un orateur vous pénètre au point de tarauder votre inconscient…
« Rectifier… votre conscience ! » rectifia Hissa LUNA.
Il poursuivait…
« J’ai vu… gens de peu de foi… j’ai vu…
L’espace était rongé par des feux de croisement qui couvrent les mondes vierges et tissent la grande toile pour que circule le billet vert…
Au-delà de nos États… même.
Les troupeaux furent soumis aux diktats des loups de Wall-way… »
Le tribun à ce mot fit une pause pour regarder intensément un perturbateur qui avait osé le couper dans son élan quelques phrases plus haut, le pauvre quidam ne broncha pas, il pensait fortement à un Wal, mais où ? C’était une erreur de sa part, il en convint et fit son autocritique… il rectifia aussitôt… ce qui prouve à quel point un tribun authentique offre au peuple la chance de penser vrai, librement, securum somnos… au sens de judicieusement…
Après les feux… les asphaltes dans les déserts… vinrent les dimes…
Les impôts… si vous voulez et que vit-on ?
Ces peuples grégaires autochtones sauvages durent endurer l’impôt, ils payèrent en monnaies coutumières : des coquillages précieux…
« Où tu payes en $ ou tu payes en nature ! »
Et quelle nature !
N’est-ce point désolant… horrible de voir ce que je vis… il apprit ce qu’était la nature US.
Le fisc de l’US-Land, chaque hiver venait prélever des morceaux de chair fraîche.
Trois hivers plus tard…
« J’ai plus de bison, plus de vache, plus de dinde… il restent quelques coyotes ! »
Le fisc de l’US-Land a des réponses :
« Il te reste les sublimes routes de l’US-Land ! qui convergent toutes vers Wall-way, là tu pourras placer tes économies ! »
Gens je vous le dis… le moment est venu de se lever et dénoncer ces pratiques… »
Effectivement, deux véhicules de police venaient d’arriver et une escouade d’uniformes se répandit dans le peuple…
Un gradé s’approcha de ma prestance… qu’illustrait mon uniforme neuf rutilant de noblesse West-pointiènne
Je ne peux traduire et caractériser le regard aussi noir que sa peau qu’il me jeta… car cela relève du code des usages entre grands de ce monde…
« C’est une pièce de théâtre ! » lui dis-je.
« Ah ! S’exprima-il… et en l’honneur de qui ? »
« Jérémie ! »
« C’est qui celui-là ? »
« Un bédouin ! »
« C’est ça, après les africains, chinois, les latinos… à présent, voilà les bédouins… mais où on va ? »
« Oui, mais celui-là, il est mort en Égypte… voilà presque 28 siècles !
« C’est seulement maintenant qu’on l’enterre ? »
« Non… on lui rend hommage ! »
Le gradé… me regarda… suspicieux…
« Vous en êtes certain ?
« Foi d’officier sorti de West Point ! »
« Bon dégagez la route… restez sur vos terres… que la circulation ne bouchonne pas… l’US-Land veut bien écouter vos rituels… mais n’arrêtez point la marche du progrès… sinon ! »
La troupe d’uniformes uniformisa uniformément l’espace… qui retrouva son calme uni sur la voie du vaisseau US-Land, lequel n’avait cessé de progresser… nonobstant la lyrique envolée du tribun.
« Je dois rencontrer ce nabi ! » me dis-je.
« Effectivement… dit le manu-script, c’est ce jour-là que ma vie bascula… la foule en se dispersant sous les gentils conseils des hommes en uniformes noirs… déstabilisa l’estrade… et je chutais… mais l’officier en habits de lumières me saisit par le fond de mes cagues-brailles… ! »
« Note scribe ! » dit le colon qui terminait une barquette de chips au paprika… il en grignotait toute la journée…
Oui, ce moment fut bien celui-là, j’entrais dans la vie de ce morveux qui causait de l’avenir de L’US-Land. Le message n’était pas… mais pas du tout ce que l’on m’avait enseigné à West-Point l’Académie Navale d’Annapolis… située à l’Est…
Enfin, j’avais été interpellé à la fois par sa vêture ses laïus et son aplomb… oui, je dois le dire, il avait une force dans le propos qui forçait… forcément au respect. Moi, éduqué, formé, reformé par l’ordre, voilà que le désordre du marmot me captivait.
Enfin, pourquoi me serais-je arrêté devant cette estrade sur laquelle un être non défini par les chapitres des règlements martelait sa version apocryphe non autorisée de l’US-Land…
Il clamait que ce pays aurait tourné le dos au message messianique des pères du Mayflower… les Pilgrim Fathers.
Non mais ! et puis quoi encore ? Et toutes ces fariboles égrenées pour construire la Route 66 qui traverse les plaines abandonnées… que ces Célestes Pilgrims peuplèrent d’authentiques Américains, grâce aux techniques de marketing publishing happening e-learning… certes, il y eut quelques échauffourées de quelques sauvages qui prétendaient que nul ne pouvaient fouler la terre des ancêtres… allons donc. Quelle prétention ! La terre n’est-elle pas à toute la généreuse nature humaine ? Cette terre créée par notre créateur qui créa par la même occasion le colt-navy revolver… et la winchester, la célèbre Rim Fire sublime de modernisme et d’efficacité… rien à voir avec ces bouts de bois projetés par des boyaux de bison tendus sur le rejet d’un arbre…
L’archaïsme contre le lumineux modernisme n’a pas voix au chapitre… comme on dit à West-Point… inspiré d’un Sadhu indou… et de Calvin…
Ces pères de la pensée religieuse n’avaient qu’une idée en tête… évangéliser, apporter la paix à l’espace qu’ils parcouraient. Et forcément quand on veut la paix, le meilleur moyen est d’éradiquer tous les fauteurs de troubles.
C’est ce qu’ils firent ! Oh ! la pétarade !
Et l’autre le gamin prétendait le contraire… on avait spolié… depuis trois siècles. Je n’avais lu cette élucubration dans aucun canard de la bibliothèque de West-Point.
Enfin, si ce fait était acté, comme on dit maintenant… ça se saurait !
Je tenais le gosse…
Hissa LUNA vint…
« Vous le connaissez monsieur le sergent ? »
Quelle inculture… moi, l’officier devenu par la grâce de l’Académie, je devenais un simple sous-off…
« Lieutenant » certifiai-je tout en étant surpris par le charme africain de cette dame qui semblait avoir une certaine autorité ici… ce qui m’étonna fort, aurait-on perdu les préceptes des Pilgrim Fathers en nommant des étrangers à des fonctions éducatives… une erreur sans doute.
« Je suis la directrice de cette école, monsieur le militaire ! »
Pour faire diversion, je reportai mon attention sur le moutard qui s’était assoupi, ou alors il faisait semblant… sans doute une tactique de camouflage…
« Josef est un étrange sapien, énonça-t-elle.
« Étrange ! Vous plaisantez… il cause comme un communiste ! »
« Oh ! » soupira Hissa LUNA
Alors, le garnement ouvrit un œil et soupira en grinçant des dents…
« Was mache ich hier? »
« Vous voyez bien ! » L’interpelai-je… « C’est du russe ! »
Alors Hissa LUNA se mit à rire, d’un rire syncopé, propre à ces tribus Rocks and Folks… bien éloigné des mélodies des Pères de la Nation…
« Vous n’y êtes point ! Roucoula-t-elle, c’est son dialecte paternel… du germain.
Puis, elle prit le sale gosse dans ses bras, il n’attendait que ça ce morpion pour fourrer sa tête entre les plantureuses mamelles de la femelle.
« C’est là qu’il est le mieux ! »
Elle m’entraîna dans son espace clos et m’invita à m’asseoir afin de m’expliquer l’inexplicable…
C’est ainsi que débuta le début de l’histoire qui me fit découvrir Rosalie, Gottfried, Yépa et bien sûr Josef… lorsque la tête de mon cheval que j’avais garé à côté d’un arbre en fleur, franchit l’encadrement de la fenêtre ouverte pour m’informer que le temps de stationnement était épuisé… lui aussi d’ailleurs… il réclamait son picotin.
Par respect de la noble conquête de l’homme, je m’en fus soigner ma monture…
« Mais je reviendrai ! Hissa LUNA… soyez-en certaine ! »
Le colon fut interrompu par l’arrivée des équipes du soin des sols. Trois authentiques ressortissants US vêtus de camisoles de travail jaunes entrèrent en poussant un chariot équipé de grands sacs… des gens très bien élevés… en entrant le premier qui poussait le char toqua la porte et jeta à la cantonnée :
« 你们好 ! »… bon’sour toul’mond’
Les autres suivaient, le second plus volubile… sans doute le chef… se lança dans une explication très intéressante quant à leurs activités…
« Buenos días, venimos para llevarse los cubos de basura y las mierdas del oficial. »
Le dernier poussait un tombereau, il soufflait comme un phoque, chargeait les boites, gobelets, serviettes papiers pourries, fourchettes et cuillères en plastique made in China… mais on sentait qu’il pestait…
« Ogni giorno svuotava questa merda…! »
Puis il rajouta, en jetant un coup d’œil, afin de ne pas heurter les sensibilités…
« Je traduis : Chez moi à Milan… putain, on l’aurait viré ce faiseur de merde ! »
Le colonel… sommeillait en pensant à sa prochaine livraison de pizzas… n’entendit point ou fit celui qui dormait.
Josef, depuis des lustres voguait avec les Tortues Blondes dans la stratosphère…
Le travail accompli, l’équipe repartait, mais au moment où ils passèrent le seuil de la porte, on entendit un cri aux résonances abyssales du fond des sacs. C’était Akio alors endormi sur la descente de lit de Josef que les boueux avaient dégagé dans les poubelles comme un vulgaire tas d’ordures… il gisait sous un tas de bouteilles de coca et autres boîtes à pizzas…
« Espèces de Yokai ! » éructa Akio…
« Notes ça scribe… souligna le colon soudain revenu de son somme… le Yokai est un monstre…
« 无我来自北京的叹了口气中国 soupira le Chinois…
« Sono nato a Milano » précisa l’Italien… qui traduisait le chinois… car l’un était né à Milan et l’autre à Beijing
« Hace treinta años, vi la luz en Valladolid… nota le natif de la célèbre Province Española…
Puis, ils se retirèrent et l’espace redevint serein…
Josef était perdu dans une réflexion de conjoncture profonde qui le ramenait sans cesse à savoir… qui avait envahi quoi ?
Il avait vécu dans une école dirigée par une ressortissante afro… et voilà qu’ici le ménage était fait par des coolies asiatiques italiens et espagnols… ici, dans une base de l’US-Land, posée au Japon, peuplée de descendants des Pilgrims Fathers.
Allons, était-ce un rêve ou une faille dans le système…

« Écris scribe… ordonna, le gradé en mal de reconnaissance étoilée… je vais te raconter…
Le jour dit, monté sur mon destrier… je vins rendre visite à l’hacienda germaine des géniteurs de Josef… je voulais en avoir le cœur net… tel le slogan de la dernière pub pour lessive active…
J’arrivais sur le coup des five p.m., bien décidé à rencontrer toute la famille.
Hissa LUNA avait joué le rôle de messagère utile pour la construction de cette nouvelle relation qui m’excitait.
La cour était immense, la maison aussi… quant au garage il était d’une taille où aurait pu entrer la maison, la basse-cour, la porcherie, le jardin potager… et la voiture.
Je garais mon cheval à la porte de cette grange…
Un homme couché sous une voiture cria…
« Eh vous qui venez d’arriver… passez-moi la clé de douze sur le capot… non, ça c’est la clé de dix-huit… Scheise… achJa, celle-là ! C’est bon ! »
C’est ainsi que je fis la connaissance des pieds de Gottfried en toute simplicité, là j’appris que Rosalie n’était point la tante de Josef… mais la voiture du Boss.
« Elle est comme neuve… je suis dessus tous les jours cria-t-il sous les roues… regarder les cardans, les phares… écoutez le moteur, il ronronne… écoutez ! »
Gottfried était un grand… bonhomme de mécano…
« Un mètre quatre-vingt-douze… »
Il s’essuyait les mains…
« Votre voiture est en panne ? » questionna-t-il ?
Il arrêta le moteur… il sortit une sorte de grand châle de laine… je pensais qu’il avait froid… sous ces chaleurs… mais pas du tout… il lustrait les ailes de Rosalie dans un mouvement de douce caresse avec l’attention d’un amoureux qui cajole sa minette pour mieux la bécoter… et il oublia le militaire…
Lorsque surgit de nulle part, une Indienne juchée sur une carriole tirée par un poney de type Appaloosa… la robe tachetée des postérieurs en blanc… le noir des antérieurs était d’une couleur d’encre… on parle du cheval…  le cheval avait un curieux regard… l’œil droit était rouge cerclé de blanc… l’œil gauche blanc cerclé de rouge… le tout était ce que l’on nomme un regard vairon.
L’Indienne était vêtue comme une Indienne… une robe en peau décorée de motifs tarabiscotés… aux manches pendouillaient des fanfreluches qui gesticulaient à chaque mouvement de l’indigène… elle arborait naïvement et par mimétisme sans doute un bandeau qui lui enserrait le front pour discipliner ses longs cheveux noirs… tout comme ces tennismen d’à présent…
« C’est moi… qui a construit ce Wagen… » Précisa Gottfried en montrant la carriole… il avait redressé la tête sans cesser le lustrage de la laque bleue devenue un miroir…
L’Appaloosa renifla ma monture… il éternua… en tournant la tête de dédain… l’Appaloosa snobait mon hongre… il leva la queue pour nous faire admirer ses génitoires bourrées d’énergie Indienne… il piaffait d’impatience pour retrouver ces demoiselles juments en mal d’amour que l’on entendait hennir derrière le garage.
« Ça c’est Yépa ! » Lança Gottfried…
Yépa déchargeait des cageots de légumes… puis sans un salut ni un mot… tenant l’Appaloosa par les rennes, elle sortit contourna le garage détela le célèbre cheval des Nez Percés… Gottfried astiquait toujours la belle robe de Rosalie…
« Voilà ! » dit-il
« Bonjour chef ! Lança Yépa à l’attention de l’officier… toi aussi tu aimes les Ford ? »
« Eh bien pas précisément ! »
Gottfried et Yépa s’étaient figés de surprise… qu’un Américain ne soit pas amoureux de sa Ford surgissait comme une révélation et risquons le mot comme une hérésie de lèse-majesté Fordienne.
« Alors que puis-je pour vous ? »
Elle allait presque dire « mon pauvre monsieur ! » Et je sentis que mon prestige de « Chef » s’effondrait… à tel point que ma monture fit de grands mouvements d’encolure pour rappeler ce peuple à une certaine attention. Car enfin je n’étais pas venu par hasard, ni pour entendre les méthodes artistiques du lustrage de Rosalie…
« Hissa LUNA… vous a informé que… »
Gottfried se figea sur le geste qu’il allait faire quant à poursuivre la réalisation du miroir qu’allait devenir Rosalie… il plia soigneusement la laine…
Yépa, releva la tête, ses yeux noirs jetèrent des éclairs de l’antique femelle sauvage…
« Pour Josef ? »
« C’est ça pour Josef ! »
« C’est un disciple de Jérémie ? » questionna Gottfried en tournant la tête vers Yépa.
Instant surréaliste où de chaque côté du garage hennissaient là-bas les Appaloosa et ici mon hongre… alors que nous au centre… étions à la recherche d’un lien au sujet de Josef… Je compris enfin pourquoi les Pilgrims Fathers ne purent offrir leur paix pure devant tant d’incompréhension tribale…
« Mais non dis-je ! »
Ils attendaient je ne sais quoi de ma part… là, je sentis que mon crédit avait repris de la hauteur…
« Votre fils est génial ! » dis-je.
Incrédules… ils me regardaient comme un extraterrestre…
« Ah bon ! »
« Ben… et en plus ? »
Comprenaient-ils, j’en doutais… assurément ma formation à West-Point s’était élevée à un tel niveau que je ne pouvais me faire comprendre à la fois d’un immigré Germain et d’une Indienne en perte de repère culturels… j’adoptais alors une démarche pédagogique basée sur la lente énonciation des mots simples de la phrase… pour exposer ma démarche.
« Vous êtes essoufflé ! » sursauta soudain Yépa… sans raison apparente.
« Entrez donc ! »
Et les voilà, tous les deux tels des éclaireurs sur la voie de la conquête d’un lien, s’enfuir dans la ferme. J’avais de la peine à suivre, mon cheval rua dans une longue plainte lorsqu’il me vit disparaître…
« Je ne tarderai point ! » le rassurai-je.
La porte était grande ouverte… elle desservait un couloir… au fond un escalier… à droite une immense pièce…
« Herein ! »
Ces natifs d’ailleurs s’exprimaient toujours dans leur langage grégaire, sorte de volapuk qu’à West-Point, la consigne était de rester de marbre à l’écoute de ces babils car la règle était de ne parler qu’en langage universel… la langue de l’US-Land, pour éviter la pollution qui aurait dégradé notre noble idiome…
Il me fallut faire un effort pour me placer dans les pas de ces êtres… à leur niveau… autrement dit descendre de quelques marches, quitter ma culture que le monde nous envie. Mais j’avais tant de compassion pour cette famille que mon effort fut récompensé…
J’entrais dans un monde clos qui s’ouvrit pour moi…
Je fus invité à prendre place à la tête du fameux Eckbank…
« Je l’ai construit moi-même » expliqua Gottfried.
L’Eckbank est l’emblème même de la philosophie du migrant Germain… il commence par construire le Eckbank sur lequel il bâtit la maison… car une fois arrimé au sol, le Eckbank n’est plus transportable, c’est ainsi que les Germains s’enracinent.
L’Eckbank est donc un immense plateau de bois monté sur pied calé dans un coin de la pièce et derrière lequel se place un banc en angle… un meuble qui porte bien son nom : Eck pour coin, Bank pour banc… Eckbank donc.
La famille glisse ses fesses ses jupes ses cague-brailles pour occuper le banc… on se pousse on se repousse… on s’agglutine… et les autres prennent des sièges pour border les deux autres côtés… le tout est une famille de migrants germains qui ripaille…
L’Eckbank n’est donc pas seulement un vulgaire mobilier utilitaire mais un concept global de vie communautaire… cette coutume avait-elle une faille ? Car enfin des Indiens à la table d’un Germain était-ce coutumier ?
Eh bien oui… enfin presque car les Indiens vivants ici… je veux dire dans cet immense living-room… ils délaissaient le Eckbank pour des tapis des coussins installés tel un campement dans un autre coin… où sommeillaient deux vieillards fumant tranquillement… un calumet… de la paix… comme il se doit.
Dans l’autre coin… car il y en avait quatre… un curieux monument rassemblait les deux murs… une originalité…
« C’est mon père qui l’a construite ! »
Une cheminée, dont le tablier s’avançait de près de deux mètres dans l’espace… dans laquelle on aurait pu rôtir un bœuf… autour de laquelle jouaient deux filles vêtues en Indienne, une vieille femme touillait dans un grand caquelon suspendu…
À côté de la table en coin… dans un fauteuil en bois… dormait un papoose…
« C’est vous qui l’avez construit ? » questionnai-je.
« Le papoose ? »
Non, le banc…
« Ben oui ! » répliqua Gottfried qui fièrement ne s’étonna point de ma question…
J’eus droit à la place réservée aux invités en haut de table … Gottfried s’installa en face et Yépa resta debout…
« Josef ne va pas tarder… il est allé… à la ville pour préparer son futur sermon ! »
« Tout seul ? »
« Avec son manu-script ! »
« Ah quand même ! »
C’était un bel après-midi d’automne, le soir tomba et personne ne songea à le retenir… les lueurs du couchant annonçaient aux humains réunis dans cette chaude atmosphère que le moment était venu de restaurer les forces chues pendant la journée échue.
Et la table se couvrit de plats vernaculaires en authentique cuisine de là-bas.
« Tout ça, c’est fait ici… nous on n’achète rien ! Schwein… ici… Poulet… ici… œufs… ici… choux… ici… Speak… ici… Wurst… ici… ! und Kartoffeln dazu ! »
Et le tout fumait, laissait échapper les fragrances les arômes, les effluves…
« Alors vous connaissez Hissa LUNA ? »
« C’est-à-dire que… ! » dis-je hésitant…
« Mangez… vous retrouverez la mémoire ! »
Alors, j’expliquais comment le hasard m’avait conduit sur le chemin de la connaissance de Josef. Alors que je cheminais sur ma monture en quête d’absolu… pour montrer urbi et orbi mon beau costume d’officier devenu.
« Ça paye bien ? » interrogea Gottfried.
J’éludai la question pour ne pas indisposer mes hôtes paysans… qui vivaient sur un lopin de terre de soixante-sept hectares incultes dans une maison de la taille de quatre courts de tennis et courbés sous le joug des basses-cours des porcheries du potager…
« Je travaille aussi à la verrerie ! »
Là, Gottfried se lança dans une analyse, fort bien construite quant à la production verrière… sujet qui n’est pas au programme de West-Point.
« Le verre creux ! Je précise ! »
J’appris que le verre creux est le contraire du verre plat… et pour appuyer sa démonstration Yépa apporta une demi-douzaine de bouteilles de bière… car pour conserver ce breuvage authentiquement germain… il fallait un solide creux.
Gottfried le savait, lui qui travaillait dans la manufacture des bouteilles de Pittsburgh Pennsylvanie…
« Mon grand-père, mon père et moi… oui monsieur, nous sommes les piliers de cette industrie… heureusement que nous sommes venus… ici, personne n’était capable de rester devant les machines… songez monsieur que le sable va devenir liquide à mille quatre cent cinquante degrés… au début, on le cueillait avec une canne… et je souffle dans un gabarit… puis les machines sont arrivées… mais la chaleur est restée… toute la journée à côté… on perd des kilos… après, eh bien on les récupère ! Prostit ! »
Nous avions presque terminé le repas lorsque soudain dans une grande cavalcade… surgit Josef.
« Eh… troufion… ton cheval a faim… ! »
J’allais me lever…
« T’inquiète… mon infinie compassion a déjà résolu ton absence de réactivité… mes aides de camp font le nécessaire ! »
Voilà… celui que j’attendais…
Celui que j’avais vu sur une estrade dans sa cour d’école… sous la houlette de Hissa LUNA, il a oublié tout ce qui l’entoure pour enlacer l’Indienne de ses grands bras et il l’embrasse, nez contre nez il la berce tendrement… Yépa l’Indienne debout sur ses mocassins se laisse câliner par son échalas de fils…
« Salut les poupées » jette Josef à l’arrivée de deux mignonnes, deux gouttes d’eau totalement identiques, des cheveux blonds tressés ramenés sur la tête des peaux claires des yeux bleues… de véritables petites gretchen… qui s’installent à la table… en me saluant toutes les deux synchronisées d’un génuflexion et d’un léger balancement de tête et me regardant droit dans les yeux… c’est charmant ces coutumes indiennes.
La salle de séjour est au complet… Yépa est toujours debout… apportant des plats fumants, odoriférants, inconnues…
« Vous pouvez manger sans crainte… tout vient de chez nous ! »
Alors, Josef prit la parole…
« En ce temps-là » commença-t-il…
« Moi, je m’appelle Greta !
« Et moi Magda !
« Ma compassion risque de perdre patience… les poupées…
« Tu parles toujours…
« C’est vrai tu parles tout le temps…
« Nicht wahr Vater?
« Ja Mensch!
Josef… ruminait quelques secondes en prenant sa chaise en s’asseyant à côté de moi… sur la portion longue de la table… les deux petites filles s’étaient glissées entre le mur et la table sur le fameux banc du Eckbank…
« Schluss ! ordonna Josef… elles se turent… Gottfried n’avait émis aucun mot permettant de penser qu’il allait dominer la situation et calmer ses progénitures… il mangeait… avec application des pommes de terre fumantes…
Yépa, surveillait la distribution des agapes entre la table et le campement d’Indiens sur lequel étaient arrivés un groupe composite de femmes d’enfants d’hommes… une vieille squaw faisait office de pourvoyeur entre l’âtre où rôtissait un quartier de viande et le groupe assis sur les peaux de vache et d’appaloosa recyclés en tapis de sol…
Le moment était propice à l’envolée du tribun car tous avaient la bouche pleine et l’estomac vide… Yépa se tenait debout entre Gottfried et Josef… elle le regardait comme le fit la Vierge en son temps lorsqu’au Golgotha elle était venue gémir à sa passion et son élan vers les cieux du Père…
« Eh militaire ! qu’est-ce qui t’a pris, lorsque tu t’es arrêté devant mon école… tu étais en panne… tu ne pouvais pas franchir la foule… tu avais un ticket avec Hissa LUNA… ou tu voulais qu’on admire ton costume ?
« C’est une bonne question ! » m’entendis-je répondre.
« Alors je vais te la révéler ! L’étrange… t’interpella… je dis bien l’étrange… car je respire ce parfum d’ailleurs que l’on ne trouve nulle part…
« Sans doute ! » admis-je en regardant les deux Frankfurter fumantes que Yépa venait de me servir qu’encadraient trois Kartoffeln et une cuillère de raifort… fort…
« L’étrange n’est pas seulement un maquillage que tente de construire les tactiques de marketing merchandising advertising buzz et autres benchmarking… c’est du décor… ici, dans cet espace vous avez la quintessence du mixage grégaire… qui…
« J’ai huit ans ! » Dit Greta
« J’ai tout aussi huit ans ! Souffla Magda
« L’étiage de ma compassion est largement atteint les filles ! »
« Y’a-t-il encore du Strudel ? »
« Je veux du Strudel ! »
« Avec les pommes que l’on cultive… » Gottfried levait la tête, son énorme assiette était presque vide.
« C’est mon arrière-grand-père qui avait apporté les graines de ces pommiers, c’est des Boskoop… on récolte pendant cinq mois… déclara Gottfried.
« J’en veux !
« J’en veux !
« Observe homme blanc… où est tombé ce peuple essentiellement préoccupé par ses élans gastriques, alors qu’il devrait se nourrir de la rationalité métaphysique de notre passage sur terre… » Prédiqua Josef.
Les jumelles satisfaites glissèrent d’un seul mouvement et s’enfuirent en courant… on entendit une cavalcade des sabots dans les escaliers de bois conduisant aux chambres du premier étage…
Gottfried levait la tête pour délivrer une information…
« C’est Gottfried qui a construit les escaliers ! » intervint précautionneusement Josef dont le but était de couper l’élan du Vater, car ayant terminé son Strudel, il allait poursuivre la description de la construction de la chaumière… or, c’est précisément sur ce terrain métaphorique que Josef s’était engagé… on s’en souvient lorsqu’il posa son questionnaire au militaire… pourtant avant de s’engager dans cette voie il fit un court préambule… de rappel…
« L’étrange est étrange car tu ne peux discerner pourquoi il a cette caractéristique… l’étrange, est une émanation composite d’éléments disparates.
La source de cette étrangeté réside dans ses origines, les strates de cultures et d’individus se mélangent au fil des temps, alors émerge ce substrat… celui-là même qui t’a arrêté devant l’école où je vaporisai ma harangue.
Composite est le terme…
« Souvent, je ne comprends pas un mot de ce qu’il dit ! » murmura Gottfried pendant la seconde de silence que Josef avait observée pour bien marquer son propos…
« Mais c’est beau !! » fut la première parole de Yépa… qui couvait son Josef du regard.
Composite donc…
Ici, dans le coin de ce pays… la Pennsylvanie… sais-tu, à présent, combien de litres de sang germain transitèrent pour procréer… plus de 3 millions… 25% de la population est génétiquement porteuse du sang germain… des techniques germaines… des cultures germaines…
« Oh il n’y pas que ça ! » suggéra Gottfried…
« Tout est germain ici… ! »
Donc germanique !
Je portais mon regard sur Yépa, l’Indienne dont le regard s’illuminait des élans oratoires joséfiens
« J’y venais… ! »
« Oui mais les outils… c’est nous qu’on les a apportés… ceux des arrière-grands-pères, ils servent encore… parce qu’ils étaient tip-top… modernes et ils servent encore parce que nous… on jette rien… je vais vous faire voir tout ce qu’on a stocké depuis presque cent cinquante-trois ans dans les réserves… on sait jamais… ça peut servir… ça servira…
« Vater ! L’homme blanc se nourrit aussi et surtout de concepts… je t’ai souvent expliqué ce que l’on entend par cette notion… ! »
« Ich glaube nicht ! » je crois pas… Proféra Gottfried en secouant la tête… et à partir de ce moment, il sombra dans le sommeil profond… des moments digestifs.
Les Indiens sur les peaux de bêtes, dormaient depuis longtemps déjà… seul un vieux Algonquin perdu au fond d’un transat tirait sur sa pipe et branlant parfois la tête comme pour ponctuer une étape de méditation qu’il était en train de réaliser sur son Appaloosa dans les steppes à la poursuite des bisons… disparus.
« Or, homme blanc…
Que vis-je ?… ce sang pur… originel… il s’est perverti aux techniques mercantiles du consumérisme galopant… nous avons perdu la foi et le sens de l’histoire… nous baignons dans une gadoue… l’appât du gain… nous sommes passés du Lumpenvolk… au Lumpenbourgeois… pour devenir des Lumpen-notaires-notables gros et gras… nous avons oublié le sens profond de l’aspiration des anciens… leurs sagesses… leurs élans humanistes qui les avaient vus quitter le Vaterland pour l’Eldorado-Land… et sombrer dans l’égoïsme bouffi…
Or, je suis là pour régénérer ce passé…
C’était le sens du souffle étrange que tu entendis Homme Blanc ! »
J’étais scotché en bout du Eckbank…
« Car, moi, j’ai été vivifié par le sang Algonquin… de ma mère la sublime Yépa, fruit de sa lignée qui rayonna sur ces terres du Nord ! »

Yépa ne bougeait pas ne mangeait pas… elle était mince Yépa… c’était la vieille squaw qui enlevait les plats vides assiettes vides corbeille de pain vides bouteilles vides… elle portait le tout dans l’immense bac équipé d’un robinet d’eau… elle versait un énorme chaudron d’eau chaude qui produisit une vague de buée… graillonneuse.
« En plus, il est encore en école primaire ! » émergea la voix de Gottfried revenu de son somme…
« Effectivement… c’est étrange ! »
« Le ver est dans le fruit ! » reprit Josef sans doute à propos d’une réflexion qu’il venait de saisir dans les espaces stratosphériques…
« J’ai pris la voie d’un grand Ancien… Jérémie… celui-là même qui est répertorié second prophète de l’Ancien Testament… cet homme est un exemple qui a fustigé ses pères mères oncles cousins collatéraux, la tribu en somme et Dieu lui-même… il n’eut jamais de femme… trop occupé à changer la nature des hommes eux aussi devenus gros et gras dans le confort des positions de notables devenus.
Tu vois, depuis la nuit sombre des temps passés, c’est toujours le même refrain… en l’espace de quatre générations, le traine-savate passe de l’état de quidam dans sa totale nudité à pontife bardé de médailles d’honneurs et autres Rotary rotifiant… là il devient sourd aux états des autres quidams… restés.
Ça me navre !
Alors j’ai décidé que je serai prophète…
Tel Jérémie… qui a dit :

« Je vais les fondre et les examiner.
Ah ! Comme je vais intervenir face à la méchanceté de mon peuple !
Flèche meurtrière que sa langue !
Il profère la tromperie, des lèvres, on offre la paix à son compagnon…
Mais dans le cœur on lui prépare un guet-apens.
Ne dois-je pas sévir contre eux ?
– oracle du Seigneur.
Ne dois-je pas me venger d’une nation de cette espèce ? »

« Je sais pas comment il fait pour se souvenir de tout ça… par cœur, le livre… c’est de qui ? »
« Jérémie ! »
Et Josef… partit dans un monologue aussi complexe qu’annexe suscitant des réflexes connexes qui laissèrent le colon perplexe sans accent circonflexe… jusqu’au thème convexe du sexe…
« Qui procure des mouvements rétroflexes… ! » soupira Josef… dans une sorte d’extase…
« Car, il y a Franziska ! »
« Homme blanc ! » vint me dire Yépa… on t’a préparé un lit… dans la chambre d’amis… va te reposer… ton cheval dort aussi… il te donne quitus pour cette nuit chez nous ! »
C’est ainsi que je fis la connaissance des chambres de l’hacienda des Schmitt, je quittai la grande salle de réception, guidé par un Indien… muni d’une lampe de poche… au moment où je sortis… Josef méditait sur son manu-script
« Va en paix ! Dit-il. Les Tortues Blondes veillent sur toi ! »
En ce temps-là, j’ignorais le sens de cette Déesse Protectrice, il m’aura fallu des lunes pour en comprendre la clé… celle de ce soir-là était pleine et illuminait ma couche… sur laquelle je m’effondrai sans aucun rêve… à part cette pensée attendri pour mon cheval hongre qui piaffait à côté des pouliches appaloosa… en grande tendresse… inassouvie.
« Lecteurs ne vous assoupissez point, vous aussi, car si vous voulez savoir la suite, il faut vous coltiner le laïus du gradé grabataire du cœur… temporaire mais non permanent pour la suite car ç’ut était triste… il causait l’officier… ben mon colon ! Aussi je vous invite à écouter ses révélations… surtout celles concernant sa rencontre avec Franziska… nœud, si j’ose dire, de toute la problématique… » 

                                                   Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

                                                                       Gentilés  
                                                                       Si le voulez bien
                                                                       Lisez suite jour prochain
… vous pouvez aussi charger le lien des éditions Alain Iametti sur votre moteur de recherche : https://www.editionsalainiametti.com/
vous trouverez les opus édités…
                                                                                      L’Ange Boufaréu

3 réflexions sur « Chapitre 20 Barnaby raconte… »

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