Où il est question du Pittsburgh Tribune Review daté de la Toussaint 1882…

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12… où Barnaby reçoit un article antique du Journal Pittsburgh Tribune Review… daté de la Toussaint 1882…  

 

Barnaby semblait de plus en plus guilleret… Josef inerte à côté… forgeait… son futur…
… c’est long… la construction d’un prophète… très long… oracle de Josef !
Impatiente, la main de Parker pesa sur l’épaule du gisant pour qu’il s’ébroue… ce faisant, il interféra dans une communication stratosphérique que Josef venait d’engager avec Franziska… le contact brouilla la fréquence et brisa la transmission…
L’autre main tendait 397 feuillets cryptés à décoder et à corriger, car la mission de Josef incluait aussi les corrections orthographiques… ici à l’hôpital du corps d’armée à Yokosuka base militaire avancée de l’US-Land dans le Pacifique…
Josef eut un bref mouvement statique des lèvres… elles éructèrent… muettement…
Parker ne perçut point l’irritation, il feuilletait les liasses reçues… en même temps il méditait sur l’inutile foisonnement des langues : l’US-langage était bien suffisante… lorsque son attention se polarisa sur une copie d’un article d’une feuille de chou…
C’était un article du Pittsburgh Tribune Review familièrement surnommé le Pitribu  par les gentilés autochtones de cette ville, sous la plume de Robert Le Bond plus souvent appelé Bob Blond que l’histoire locale immortalisa sous le nom de « BoBo ».
Lequel Bobo un peu gauchiste socialo analysait les transhumances des coreligionnaires de Josef.
Pour votre information, ce journal fut créé au milieu du dix-neuvième siècle, s’appelait Greensburg Daily Tribune. Il changea de nom pour diviniser la ville de Pittsburgh.
Rappelons aussi que Calvin Schmitt l’ancêtre de Joseph posa le pied sur la côte Est après son voyage avec le Mayflower, en 1620… puis vint s’installer ici même à Pittsburgh…
On l’a déjà dit…
Bon, bon… mais… l’art de la répétition… est aussi un mode d’expression… si bien que nul ne sut pourquoi cet article arriva dans une liasse de papiers classés :
« Super Top Secret Défense Renforcé Take Care. » en rouge saignant.
Barnaby tourna et retourna le papier…
… Josef… écoute… je lis… ça va te rappeler tes culottes courtes…

Pittsburgh Tribune Review : un article de Robert Le Bond plus souvent appelé Bobo…

 « De Bob Le Bond : historien-journaliste du Greensburg Daily Tribune en ce jour de Grâce le mercredi de la Toussaint 1882 priez pour nos morts.
6 :10 a.m.

Ailleurs, loin au-delà de nos frontières, des mouvements surgissent, ils auront sans doute de graves conséquences que nos citoyens libres de Pittsburgh doivent connaître.
Le 1er septembre les pangermanistes autrichiens dirigés par Georg von Schönerer élaborent le programme de Linz qui appelle de ses vœux la formation d’une Grande Allemagne. Gageons que ce mouvement au nom bien curieux de national-allemand… restera dans les limites de la sémantique et de la démocratie telle que l’US-Land la conçoit.
Néanmoins, ce projet a déjà des échos pour notre population.
De nombreuses familles de la Vieille Autriche et de l’Antique Allemagne fuient, effrayées par cette révolution nationale et socialiste. Je suis allé les rencontrer dans un quartier à l’Est de notre ville.
Là, vivent des familles dont les mères sont mortes de fatigue… les pères morts de boissons… ces gens seraient-ils exploités en dehors des lois de notre grande démocratie par des verriers ?
Nous avions peine à le croire ! Je voulus en avoir le cœur net.
Imaginez un espace où le lumpenprolétariat : un prolétariat en haillons, c’est la traduction… de la Mitteleuropa s’est installé aux portes de Pittsburgh.
Ce peuple industrieux maîtrisait Vulcain et la science du feu… aussi bien que les cow-boys manient les « colts à six coups »
L’essor du Bourbon avait favorisé la fabrication du flacon.
Or, des voix des dogmes des prêches des liturgies des confréries des églises… s’élevèrent contre les Bourbon : des nobles Frenchs… alors périclita la fabrication de la fameuse « bottle » et le « lumpenprolétariat » devint encore plus « lumpen » autant que « prolétaire ».
Quelle tristesse de voir ce peuple perdre son gagne-pain. Les usines furent bouclées…
Quand…
Un shériff futé… s’éleva contre cette décision : celle de fermer les verreries…
On l’encensa… bien que le motif ne soit… pas très pur…
Le shériff publia un remake d’un diktat qui dictait : « L’alcool est bon pour la santé des Indiens ! »
Il faut savoir que ces autochtones, les Indiens en somme, avaient l’outrance de s’opposer aux envahisseurs qui voulaient cultiver les terres occire leurs bisons leurs dindes et leurs coyotes… et ça c’est insupportable.
Le shériff sous-entendait que le Bourbon était un excellent support pour dérider les Indiens lorsque le cow-boy présentait un acte d’achat des terres de cet empêcheur de tourner en rond.
C’est ainsi que l’on sauva la « Mitteleuropa et ses lumpenprolétaires »  en attisant les feux… avec « l’eau de feu »
Plus tard, déjà, hélas… les usines subirent une seconde couche de périclitassions… avec l’arrivée des produits made in China, India, Corea, Ecœtera.
Mais les « lumpenprolétaires » avaient changé de métier… ils étaient devenus « traders » sauf quelques familles comme les descendant du vénérable Calvin Schmitt qui forgeaient toujours… tous les métaux… rassemblés dans une holding… standing…
À présent, la banlieue de notre ville ressemble à toutes les banlieues états-uniennes… grouillantes autant que multilumpen. Un no man’s land où le danger cohabite avec toutes sortes de soucis bien de chez eux !
L’espace est une désolation où survivent quelques maisons qui sont occupées par des ouvriers oubliés des autorités.
Ils vivotent en élevant des poules, des lapins, des cochons que l’on entend hurler à mort les jours d’automne au petit matin blême lorsqu’on les saigne.
Les enfants jouent dans les ruines des usines, l’herbe, des antiques prairies disparues où venaient paître jadis le sublime bison, envahissent à présent les ateliers, selon l’expression : « la nature reprend ses droits… » nul ne savait que la nature avait des droits et qu’elle les avait perdus… on se perdait en con-jectures sur cette nature…
Des arbres avaient même percé les dalles de béton, en s’élevant ils fracassèrent les verrières et les toits.
Au-delà de la ville, d’autres usines furent construites loin de ces zones malsaines, ce qui eut pour conséquence d’augmenter le trajet des migrants pour rejoindre leur travail.
Or, l’industrie ne pouvant se passer de cette main-d’œuvre.
Pour éviter qu’ils ne se fatiguent en quittant l’espace de travail pour se restaurer, elle imagina de verser une prime dite « de panier » qui était composée de deux oboles, en quelque sorte un sacrifice que faisait l’industriel pour ces respectables techniciens qui travaillaient dix heures par jour et sept jours par semaine.
Tout d’abord, la prime de panier offrait de verser le prix d’un pain et d’une saucisse à chaque ouvrier… une révolution que les concurrents dénoncèrent près les tribunaux à cause du « dumping social ». L’expression prit corps à cette époque.
Un second versement était attribué chaque jour, le matin même de l’arrivée de l’expert en verrerie, il recevait six litres de liquide trois litres d’eau et trois litres de vin blanc… certains offraient même six litres de blanc… de la vigne Riesling acclimatée ici, plantée par des vignerons rhénans …
Il faut savoir que le travail du verre est éprouvant, or, la population authentique de la banlieue de Pittsburgh avait perdu ses compétences verrières… le Riesling fut un excellent remontant…
Si bien que migrèrent des migrations de migrants de tous bords… ceux de la Milleteuropa qui occupaient déjà le terrain encadrèrent les arrivants… une vraie tour de Babel où l’on parlait mille langues…
Le peuple fut embauché au prix fixé par la désinflation salariale qui consiste à poser cette équation claire : dix dollars pour deux travailleurs ou bien dix dollars pour cinq travailleurs… or, il y avait tant de « lumpen » que la norme s’établit à dix dollars pour dix travailleurs.
Ainsi, le prix de la saucisse : la Wurst s’explique par l’origine des travailleurs venus de l’ancienne Europe, bassin germanique s’entend, on ne sait d’où vient cette caractéristique : les litres d’eau et les litres de vin… blanc pour lutter contre la chaleur des machines… sans doute !
Sachez que le verre coule à 1450 degrés centigrades… forcément, il faut calmer sa soif !
La criminalité de ces zones de lumpenprolétariat était galopante, même la pègre italienne de la ville avait fui devant la férocité des habitants.
Dans notre ville se produisit un événement peu connu.
C’est à Pittsburgh, en 1885, que les rabbins réformés adoptèrent une déclaration dite :
« déclaration de Pittsburgh qui affirme que le Judaïsme est une religion en création constante, s’efforçant toujours d’être en accord avec les postulats de la raison. »
Fort bien… ça semblait simple…
En réalité, le peuple de la vieille Europe déclarait pratiquer une religion surtout si elle pouvait lui ouvrir les portes d’un business… les religions chrétiennes réformées étaient majoritaires, mais il y avait un pourcentage non négligeable de pratiquants du livre plus ancien encore je veux dire la Thora, le livre des enfants de Abraham… or le peuple germain et le peuple juif ashkénaze ont en commun la langue allemande… très proche de celle pratiquée par les élus de Jacob que l’on nomme yiddish, une sorte de dialecte… ce qui facilita l’intégration.
A présent, il est possible d’interpréter le sens de la déclaration de Pittsburgh quant à « la religion en création constante » et surtout celle « de s’efforcer d’être en accord avec les postulats de la raison »
Car souvent la raison a raison des postulats sans raison… surtout ceux en verts billets…
Tous optèrent pour l’oncle Sam et sa couleur de l’espoir… calviniste, ashkénazes, londoniens, irlandais, napolitains, siciliens et tant d’autres… sauf les Indiens…
Il faut signaler une enseigne remarquable : Zur Alten Schmiede, où cohabitent des Germains et des Indigènes… ce qui m’étonna fort !
Les Indiens… par ailleurs… il en restait quelques-uns, sans doute grâce à leur sobriété… on les parqua dans une réserve… là on les oublia… pour quelques temps…
On dit que c’est dans cette alchimie que se développa les embryons du futur, souvent dès l’enfance se détectent les prophètes, je ne manquerais point de vous en faire part, si le cas surgissait.
Signé : Bob Le très Bond… depuis notre cité bien aimée à Pittsburgh

… tu t’en fous ?

Josef se taisait, il était concentré…
Certes…
Ce papier n’était point inutile pour comprendre le cas culturo-ethnico-socio-éduco de Josef… ça ne servait à rien pour l’instant… or le lecteur a soif de savoir… donc.
On sait depuis le début de cette lecture que le gisant était né dans ce bain total progressiste constructeur. Ses géniteurs par chance, pour l’avenir des buildings n’avaient trouvé que de l’herbe à bison à leur arrivée… un délire d’espace à bâtir en somme. Ils s’en donnèrent à cœur joie, car depuis la pose de la première-pierre de Pittsburgh et à chaque génération… il y avait un Schmitt… créateur de la ville en Pennsylvanie en US-Land.
C’est dans ce melting-pot que Josef-Jérémie acquit quinze langues presque maternelles et une douzaine qu’il babélisait pour la suite.
… Oh ! Josef… tu t’en fous… répétait Barnaby.
Non… Josef avait bien écouté et digéré le texte de Bobo avec attention… à tel point qu’il était partagé entre deux attitudes… l’une toute chaude, sortant d’entre les lignes de « Bobo »… il subit un délire de la faim… il avait une irrésistible envie d’un « curry-wurst »… sa « madeleine » une saucisse chaude baignant dans une sauce au curry… que l’on trouve à tous les coins de rue de Pittsburgh… et l’autre de se concentrer sur le papier 396 que tenait Barnaby…
Il ne savait pas l’officier qu’il tenait une révélation…
Josef avait traduit les autres en un clic…
Dans le dernier… le « Top Secret Défense » n° 396… the last… le top du top… en red color…
Parker énonça en langage US, écoute-moi : now… don’t cut me…

 Josef lut :

   « La trombe fausse dissimulant folie
        Fera Byzance un changement de loi
            Hystra d’Égypte qui veut que l’on délie
                  Édit changeant monnaies et lois. »
                                         Et c’est signé : Les Tortues Blondes…  

Aussitôt Josef identifia l’origine, il annonça haut et clair :
« C’est une prédiction d’un vieux cacochyme François… fin de l’époque médiévale… à la frontière de la Renaissance : l’unique Nostradamus.
« Un médiéval triomphant ou gothique ! » ironisa Parker qui se voulait savant.
« Plutôt médiéval-moyenâgeux… » Susurra Josef !
« Mais que signifie « trombe fausse ? s’enhardit Parker…
« Une trombe en françois-ancien est, en fait une trompette… ou plus simple une trompe… que l’on peut traduire par Trump… en fait un Trump qui paraît sain mais qui en réalité est fou… car en état de dissimulation ! »
« Il y a encore un message ! »
Josef fut repris par les réminiscences du curry-saucisse chaude…
« Plus tard grasseya Parker Barnaby… t’as pas tout dit. »
Et Josef derechef poursuivit :

    « Le grand bawler sans honte audacieux
              Sera élu gouverneur de l’armée
                        La hardiesse de sa prétention
                                    Le pont rompu, la cité de peu s’évanouit
                                               Et c’est signé : Les Tortues Blondes… via Nostradamus. » 

 « Ah ! Ah ! Triompha l’officier supérieur de supériorité… ainsi notre futur bawler sera gouverneur de l’armée… fort bien…
« Oui !
« Première classe Schmitt… tu confirmes ce message ?
« Oui !
« Il y a une suite…
« Certes… mon colon !
« Ah !
« Nonobstant et sauf ton respect Parker… l’élu est noté « bawler »
« Et alors tous les élus ne sont-ils tous point des « braillards » ?
« Oui, mais…
« Première classe Schmitt… prenez garde à vos interprétations farfelues, le début me semblait réglementaire… la suite l’est moins…
« Sauf votre respect Sir ! Le criard-gueulard, si je traduis, va nous foutre une troisième guerre mondiale… c’est ce qu’a dit la prédiction du cacochyme François…
« Songe Première classe Schmitt… aux promotions que la guerre annoncée va nous offrir, nous les gardiens du temple… de la démocratie libre… servir la Bannière Etoilée… sous toutes les latitudes… une guerre… quel bonheur !
« Parker… tu n’as aucune estime pour ma source… le cacochyme François qui vient de te donner l’avenir proche…
« Je songe aux promos… moi…
« Et moi aux alliés que vous balancez depuis 1492…
Parker jubilait… d’émotion en pensant à sa première étoile… il n’entendit point cet aparté qui en réalité lui était destiné comme tous les apartés qui se respectent…
Alors… Josef se leva…
… où tu vas ?
… ta lecture m’a donné faim d’une « madeleine » je vais manger un « curry-wurst ».
Mais Josef s’arrêta devant le colon renaissant.
… dis-moi Parker… ce type qui postule pour obtenir l’investiture… c’est pas lui que tu as accueilli… en son temps à Moscou ?
Parker muet resta coi…
… Jo… j’o… j’ose pas mais il m’a semblé que…
… j’ai un souvenir photo…
Et Josef en transe se dirigea vers la sortie… deux MP gardaient.
« J’ai envie d’un « curry-wurst » arrosée de ketchup au curry…
« Ça baigne ! » qu’ils répondirent.
C’est à ce moment-là que Josef-Jérémie comprit que son univers venait de basculer… et que Parker allait chercher les justifications de sa prochitude avec Casque d’Or.
Les autorités lui accordaient une protection…
Ainsi, encadrés, ils traversèrent, à pied, la place d’arme… en saluant les drapeaux…
À la cantine en libre-service, ouverte de six heures du matin à vingt-trois heures du soir, la troïka prit trois plateaux, se rangea en colonne, sous les salutations des patients
« Oh ! Salut Révérend !
Qui lui rendirent sa fierté…
Arrivé à son tour pour être servi… une plantureuse ressortissante de Saint-Louis du Mississippi leva les yeux sur lui…
Il commanda trois « curry-wurst » en louchant sur la plantureuse poitrine qui lui rappelait la LUNA de ses trois ans et quelques semaines, elle avait des seins qui allaient faire éclater la blouse blanche et la connexion avec Franziska fut rétablie…
Il n’entendit plus les salutations du peuple ébahi… il était dans la stratosphère… il rejoignait Franziska… heureusement que son état prophétique avait été constaté, les deux MP portant le plateau autant que le prophète les installèrent à une longue table qu’ils prirent comme position avancée avant le grand message…
Là, Josef-Jérémie sombra dans les ondes hertziennes en consommant comme en lévitation, ses trois wurt-ketchup-curry dans un mouvement pavlovien proustien attentivement surveillé pas les deux MP.

« C’est ainsi… que rêvent les Tortues Blondes » il avait suffi d’une saucisse au curry et la volumineuse santé des seins de la serveuse noire pour que se rétablisse le lien astral avec mon étoile… oracle de Josef. »… nota-t-il dans une paperolle…

                               Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

                                                                       Gentilés  
                                                                       Si le voulez bien
                                                                       Lisez suite jour prochain
… vous pouvez aussi charger le lien des éditions Alain Iametti sur votre moteur de recherche : https://www.editionsalainiametti.com/
vous trouverez les opus édités…

L’Ange Boufaréu

 

Une réflexion sur « Où il est question du Pittsburgh Tribune Review daté de la Toussaint 1882… »

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