Koba ou la sombre rémanence N°29 “Déconstruction”

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… Matriona… va préparer un autre samovar!
… il y avait un homme difforme…
… qu’est-ce que tu racontes… tu ne peux pas faire le thé ?
… il était bossu… il avait une jambe plus courte que l’autre…
… ça alors…
… Sosso… laisse-là… écoute ce qu’elle dit…

… c’est l’histoire de Tchou-Tchou… je raconte à ma façon… son menton s’enfonçait dans son nombril… ses épaules dépassaient le haut de son crâne chauve… son échine pointait vers le ciel… ses cinq viscères remontaient vers le haut tandis que ses fesses étaient au niveau de ses côtes… on l’appelait loin du ciel… d’autres bas du cul… il poursuivait son travail de préscience-politique… de sa bouche en cœur il déféquait des étrons à la guimauve… en styles de métaphores et d’antithèses aux miels… il théorisait et déversait ses prédicats à flots… pour cela les caciques lui versèrent une rente… les idolâtres vinrent le consulter… il prédisait des alambicationnativohyperborées… seuls les nouveaux-philosophes pouvaient traduire… ceux qui pensent le futur… en sublimes perspectives tridimensionnelles immortelles… sous leurs paroles les peuples accoururent vers le messager permanent qui révèle que « le message c’est le massage »…

selon Mc Lu… les medium diffusèrent la nouvelle et les caciques au pouvoir confortés dans leurs postes appliquèrent les actes du devin… ils se renouvelaient sans cesse, tels les oracles de la Pitie… il devint une sorte de force spatiale… la mission équilibré du guide… les pèlerins honoraient… certes Tchou-Tchou malgré ses difformités… chiait en défécations… niquait fort… bouffait comme un chancre… fumait comme une cheminée d’usine… buvait tant la dive bouteille… signant chaque matin la liste des éliminations… sous prétexte à déviation… les papiers allaient ensuite dans les musées pour adoration… quand les uns devaient porter des habits noirs pendant le premier jour du solstice… tous les autres devaient disparaître… devant la loi du matin…

… mais personne ne réagissait ?… réagit Atharexa… réagissante… en réaction…

… 7,62… 7,62… 7,62… régnait… il fallut réciter « le petit livre ivre » où l’on pouvait lire à la 49ème page sous la stance du 1er octobre… « … peuple tu es un producteur de merde… ne la jette pas… elle va fumer nos légumes »

… c’est ça tu nous emmerdes avec tes élucubrations… c’est quoi 7,62?

… le calibre de la kalachnikov… et tu sais pas ça Sosso… élucubration est seulement ton mot Sosso Jiossifovitch Djougachvili… mais je vais le nommer autrement…

Raphaël avait sorti son appareil-photo-minute… il cherchait le meilleur cadrage pour trouver la meilleure lumière… depuis la Renaissance il rêvait d’instants tannés…

… moi, j’appelle cette élucubration « déconstruction »…
… j’ai entendu ça émit Luigi dans sa barbe… qu’est-ce que donc cette philosophie, ma chère Matriona ?
… tu fais le thé d’abord… on verra ensuite…

 

… mais c’est ce que tu as fait Sosso… comme ton homologue… là-bas Place Tian An Men… 天安门… tu as fait les travaux pratiques de la déconstruction… les autres les bobos, ils t’ont divinisé… je suis d’accord avec toi sur un point… tu es moins moche que mon Tchou-Tchou… mais tu bouffes autant… tu chies encore pire… tu signes cent fois plus de pauvres types à fusiller…

… c’est vrai ça ? soupira Luigi qui avait vécu les derniers instants de la vie de Sosso… tu as été un peu excessif…

… mais le pire… vois-tu… Sosso… c’est que lui… là… ton ami, le Sosthène qui se tait… en chair et en os… il t’a pensé comme un clone… il t’a vénéré… pas vrai Sosthène… regarde-le maintenant comme il a l’air con… d’avoir renié… les uns c’est trois fois le coq… lui c’est la réalité lorsque tu as passé l’arme à gauche…  il lui fallait la dernière révolution qu’il voulait prendre en route… comment veux tu croire ces trous du cul… qui veulent déconstruire avec les kalachnikovs… ou les anathèmes… tous ces cons qui retournent leur veste pour un maroquin…

… y’a que les cons qui changent pas d’avis…

… c’est ça… le refrain… ça fait coin-coin comme les canards… mais vous avez changé dix fois de crèmeries… pour une seule raison… l’intello ne se trompe jamais… il a déjà son ticket pour la prochaine révolution suivante qui arrive, il a déjà préparé son analyse dialectique qu’il avait anticipé pour le présent… il accourt pour ne pas perdre sa place… et le voilà dans la métamorphose permanente… une vraie sauterelle…

… je vais te livrer la conclusion… si par simple fait de la difformité physique on peut atteindre à la limite naturelle de son existence… divinisé à ce point comme toi Sosso… que dire alors de la difformité morale… elle est incommensurable… abyssale… d’une profonde bêtise… comment vouloir la déconstruction ontologique pour revenir aux concepts originaux selon un trou du cul-philosophe… les connait-on les concepts originaux ? Ceux de la première amibe qui se métamorphosa en humain… y’avait la TV… les archives… non, mais on prétend… on impose… on tranche… on charcute… pour garder le pouvoir.

… mais… Matriona… qu’est-ce qu’il t’arrive…

… j’en ai plein le derch de tes déconstructions qui encombrent les neurones des illuminés… comme les autres avec leur Dieu… ceux-là sont encore plus violents… pas vrai Sosthène… lui, il nie le cheminement… il tente d’oublier qu’il a cautionné tes hérésies… d’ailleurs il se tait… tu voulais du thé ?

… si c’est possible !
… je n’en ai pas l’intention… c’est ma déconstruction… de ce pas, je vais retrouver mon église orthodoxe… je vais reconstruire la famille… je vais redonner une âme à notre peuple… non Staline… je ne suis pas un numéro pour ta petite cuisine… j’aime le peuple… j’aime, les fleurs, les arbres, les champs… je hais ton béton et tes idées uniques qui signent avec des kalachnikovs… ton matérialisme de merde n’est qu’une façade pour assurer ton pouvoir… même en étron on t’aurait glorifié… sous une haies de canon…

Adieu Sosso… pour ton thé démerdes-toi.

Et Matriona… quitta la camarilla… sous les yeux d’un journaliste qui rapporta les faits… car l’effet… fêlaient… le grand soir…

Tous se posaient la question…
… voyons est-ce possible… mais… Matriona penserait ? Analyserait ? S’indignerait ?
Et tous furent stupéfaits de ce fait… fait… ferré.
… qu’est-ce qu’elle a ?
Les secondes s’écoulèrent… la tension était palpable… (… c’est généralement le seul qualificatif que trouve un journaliste pour épicer son article…)

Soudain… entra un gamin…
… c’est qui Sosso ?
… moi
… tè voilà la clé… votre femelle elle s’est barrée en taxi…

Iossif… en resta coi…

Gentilés
Si le voulez bien
Lisez suite semaine prochain
                                                           Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
 Article rédigé par un journaliste de la City qui observait… rédaction autorisée                                                          selon les préceptes de L’Ange Boufaréu 

 

 

 

 

 

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