Koba ou la sombre rémanence N°22 Ce qui se passait l’hiver dans les Hutong en 1930

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L’empereur Qianlong dynastie Qing : 25 septembre 1711 – 7 février 1799…  Il régna 61 ans… du 18 octobre 1735 au 8 février 1796.

Lecteur… nous sommes en 1930… la dynastie Qing s’arrête le 1er janvier 1912 avec la proclamation à Nankin de la république chinoise, 12 février Pu Yi dernier empereur abdique, 1er mars transfert des pouvoirs, la ligue jurée devient le Guomintang l Ensuite c’est le chaos…
Lecteur entend le soupir du peuple et des femmes chinoises qui furent si souvent sacrifiées…  Mademoiselle Zhang raconte… ce qu’elle a vécu dans les hutong… 胡同 (venelles des quartiers mandchous) 

 … la mort… c’est le souvenir le plus ancien qui s’est imprimé dans ma mémoire… la réalité de la mort… la mort de faim, la mort de froid, la mort d’effroi.
J’avais quatre ans, cinq ans peut-être. Je n’avais aucune idée du lieu dans lequel je vivais. Je ne comprenais qu’une chose, l’étreinte du froid qui provoque l’engourdissement. Ce fut ma première prise de conscience, le souvenir de ce moment ne m’a jamais quitté.
La mort n’était pas l’invitée du ciel comme on la nomme ici, mais une hécatombe de cadavres. Le mort c’était le parent, le voisin, l’inconnu, c’étaient ces gisants qui ne cessaient de s’entasser dans la rue blanche de gel.
Non, ce n’était pas la guerre, la maladie ou les brigands qui étaient venus assassiner le peuple de notre village… le froid seul les fracassait…
Je me souviens de cette faiblesse qui s’abattit sur moi, je ne pouvais plus marcher, je me déplaçais comme une ombre.

Je perçus que ma vie allait prendre fin… je pris conscience de la caresse du soleil, des senteurs des fleurs, du regard de mes parents… ces joies allaient cesser.

Le malheur nous engloutissait lentement… chaque jour d’autres corps s’ajoutaient. J’ai le souvenir de cet homme qui marchait avec peine, soudain il s’effondra lentement devant notre maison sur le sol… il resta allongé dans la hutong… il était mort, personne ne bougea.
J’assistais pétrifiée à l’inéluctable. Nul ne se lamentait tant il était faible. Dans les espaces, les habitants valides se déplaçaient pour rassembler les corps. Ils entassaient à l’écart les cadavres raides comme des branches d’arbres, enveloppés dans leurs derniers vêtements. Le ciel était gris comme le plomb, il faisait un froid polaire, le sol était couvert de neige et de glace.

… tu sais Didi, à Shenyang ces mois sont effroyables pour les pauvres. Les cours d’eau sont gelés dès la fin octobre jusqu’au début mars, les paysans ne peuvent plus rien cultiver. Si tu n’as pas fait de réserves, tu ne peux franchir cette période. À cela s’ajoutent des maladies qui surviennent à cause des carences alimentaires ou aux contraintes du travail des champs. Un membre cassé, une infirmité, une maladie et tu ne peux même plus te suffire à toi-même… c’est la fin.
Dans la tradition, la famille accompagne le mourant jusqu’à son dernier souffle. Puis, les parents élisent un espace en bordure d’un champ qui offre le meilleur fēng shuǐ  风水. Ils creusent une fosse. Les hommes se rassemblent… portent le défunt à sa dernière demeure. On brûle du papier-monnaie votif qui dégage une fumée âcre, on sonne la musique, puis le cortège rentre à la maison pour manger en famille, ce n’est pas trop triste.
Mais comment faire pour percer la terre ? Les hommes encore debout étaient si faibles, la terre était dure comme de la pierre, personne n’avait la force de creuser une tombe, organiser une cérémonie, conduire les défunts… il y en avait tellement. Allongés sur le sol, il y avait des nouveau-nés, des enfants, des femmes, des vieillards, des jeunes hommes, tous morts de faim et de froid sans distinction d’âges.
Le gel, sur le visage, scellait l’expression… certains avaient conservé une expression de stupeur sur le visage, d’autres avaient la bouche ouverte, un bras tendu… c’était horrible. Le gel déposait une légère couche de velours de glace sur la peau qui brillait au soleil.
La ruelle était devenue une morgue, les vivants se traînaient devant le tas de cadavres  en pensant à leur fin toute proche. J’avais peur, je ne bougeais plus, l’effroi me pétrifiait autant que le gel, ma mère me suppliait de rentrer dans la maison, mais j’étais fascinée par cette apocalypse. Depuis longtemps on ne sentait plus les fragrances de viandes grillées ou de soupes de gruaux… il n’y avait rien à manger.
Plus tard, j’ai appris que les habitants rassemblèrent tous les corps dans une cabane proche… ils restèrent là, congelés jusqu’à ce que le sol devienne tendre pour creuser une tombe…
Puis je fus très malade, je ne me souviens plus de l’époque qui a suivi, il y a une sorte de trou noir dans ma mémoire.

Sosthène avait lu le passage… il voulait savoir ce qu’était la hutong…
Weizhi expliqua : ” Le mot « hutong » vient du mongol qui désigne « le puit ». Il y a 700 ans les maisons se sont construites en venelles autour des puits disponibles. Avec l’évolution des constructions il fallut creuser de nouveaux puits. C’est ainsi que par extension hutong désigne un espace regroupant plusieurs puits reliés par des venelles très étroites”

“Où habites-tu?” demanda Luigi

           A Shenyang… la rue Shi San Wei Lu 十三 韦 路 voilà l’entrée de la cour… en 2001

“Il reste des hutongs à Shenyang?”
“J’ai vu les dernières… tout a été rasé…”
Atharexa tremblait devant le froid… qu’elle avait vécu au cours de la lecture…
“Dis moi Weizhi, il fait toujours aussi froid chez toi?”
“D’octobre à mars il fait très froid… jadis, beaucoup de gens ne passaient pas l’hiver…”
Staline ne disait rien… il avait écouté… il lâcha son impression “Tu crois qu’en Sibérie il y a des bananiers?”
… Luigi restait pensif…
“C’est vrai dit-il… toute l’histoire oublie l’humain… les femmes surtout qui ne se plaignent pas… et pourtant on prétend agir pour ce peuple… quelle tartuferie!”
Staline haussait les épaules…

“Sosso, tu veux le lire? demanda Sosthène
“Pourquoi pas!”

Gentilés
Si le voulez bien
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Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
Article rédigé par une âme charitable selon les préceptes de L’Ange Boufaréu

 

 

Koba ou la sombre rémanence Chapitre N°21 La commune populaire selon Mao

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Ce matin… Sosthène, Luigi, Raphaël, Sosso, Matriona, Weizhi… attendent Atharexa… la voilà… la mine défaite… elle s’assied… se tait… sort le manuscrit de Mademoiselle Zhang…

“J’ai lu… tu m’expliqueras Sosso… toi… le totalitaire…
” Oh l’Espagnole… calme… le bouquin de Weizhi se passe en Chine… explique-toi!
“La Chine est communiste… et toi tu es curé ou communiste… je vais lire… tu me diras après…”

Mademoiselle Zhang a été envoyée dans une Commune Populaire… elle a eu de gros problèmes de santé…

« Le lendemain au rapport du matin… le chef Lang annonce la nouvelle… je m’entends énoncer…
« … qu’en mettant en pratique les dits de Mao… j’ai pu surmonter cette épreuve… je le dis à vous tous… ! »
… naturellement je ne pouvais remercier que le guide… je ne pouvais que dire « je vous remercie tous… »… je le dis parce qu’il fallait le dire… mais c’était faux…
Devant moi Kong Bao approuvait pleinement… souriant…
A partir de ce moment… le chef Lang, m’a permis, bien qu’appartenant à la brigade des cultivatrices, de me remettre sur pied à mon rythme… je passais ma journée à me promener dans les carrés de légumes et tirer des conclusions de la façon de travailler… sans outils modernes, sans semences sélectionnées, sans engrais, sans savoir… pour produire la maigre ressource qui nous maintenait en vie…
A petits pas je parcours les abords de mon dortoir… les premiers jours, je ne m’avance pas très loin… je m’assois sous l’éolienne qui tire inlassablement l’eau des entrailles de la terre…
Là, on m’oublie… je ne suis qu’une ombre… je me reconstruis… j’observe que toute la commune populaire est couverte de poussière jaune… les toits, le sol, les êtres semblent être tous fabriqués de la même pâte minérale… sous la dent les poussières crissent dès qu’on laisse passer le souffle… les yeux sont irrités…
Je me concentre sur mes récoltes… progressivement j’élargis mon cercle de pèlerinage… quelques jours plus tard, un matin je décide de longer le canal en construction…
Kong Bao me donne un sac, une canne… je serre une part de riz bouilli dans un tissu propre que je range dans ma musette… il me donne une gourde pleine d’eau… il me demande de lui décrire mon projet de cheminement…
… le long du canal… aller-retour…
Je me sens portée par un élan sans borne d’ivresse… d’être libre, d’être en vie, d’être aidé par mon cher Kong Bao… j’avance dans l’inconnu… il faut environ un kilomètre pour atteindre la limite du chantier…
La terre jaune a été saignée… le canal rectiligne tranche sur le sol… il n’est pas large un mètre tout au plus… le fond est pavé de plaques de ciment… les bords sont élevés avec des briques… à l’extérieur de chaque rives on a butté de la terre et du sable pour soutenir la construction contre le courant qui bientôt va le remplir…
J’arrive dans la partie en chantier où travaillent puisatiers maçons terrassiers… je suis accueillie… mais point de manifestations particulières… le guide nous surveille… je poursuis mon chemin…
Tous les deux cents mètres… un puits est maçonné, une sorte de petit réservoir de deux mètre sur deux… assez profond pour couper la force du courant… on peut l’obstruer pour réguler le flux… à partir de ce puits les arroseurs viendront puiser l’eau nourricière…
A partir de ce premier point… le canal est actif, l’eau s’infiltre sur les remblais… là, pousse sauvagement une végétation… les graines apportées par le vent se développent… là arrivent des insectes qui pollinisent les fleurs… là croissent des lichens des graminées des ronces… ils vont enrichir ma collection… je sais que la glaise se dépose dans le fond sur les aspérités… je parviens à faire une belle collecte je m’allonge sur la terre… pour la recueillir…
… le canal confirme mes carrés de légumes… il faut créer des microcosmes… de vie… et non des espaces industriels… s’adapter aux conditions…
… tu ne peux pas savoir Didi, comme j’étais heureuse…
Puis j’avance… je m’écarte du canal qui part loin pour rejoindre un fleuve dont je ne connais pas le nom… j’entre dans des champs qui semblent abandonnés… les maigres récoltes sont sur pied… tout est sinistre… gris couché par le vent… je marche longtemps comme une somnambule… je n’entends rien, je suis hors du temps… j’arrive devant une chaumière dont le toit est effondré… se dressent encore des habitats aux murs de terre et aux toits fracassés…
Je erre au milieu de ces ruines… un tremblement de terre aurait bousculé ces frêles masures… le feu… une guerre de clans…
Alors de derrière un mur… sort une femme…
Elle tient un enfant par la main… il est maigre… triste… presque nu…
Elle me regarde affolée…
Je la rassure…
Je vais vers elle… elle veut s’éloigner…
Je la suis…
Nous pénétrons dans un espace couvert qui est le reste de sa maison effondrée… là, un vieil homme est assis… à côté de lui un autre enfant plus âgé… me regarde…
Ils sont tous muets, frappés de stupeur ils me considèrent tel un extraterrestre…
Qui suis-je ?
Je m’assieds devant eux…
… alors la femme raconte…
… des cadres sont venus… ils ont prétendus que nous cachions les impôts… ils ont emporté toutes nos récoltes, y compris les semences… il y a cinq ans… ensuite le commune populaire est arrivée… les gens sont morts de faim…  personne ne viendra plus relever les toits des maisons… ni récolter ce qui reste… seuls les survivants vont arracher des bribes pour manger… j’ai cru que tu venais du village voisin… pour nous prendre nos enfants…
… là… Didi… j’ai appris l’horreur… j’écoute atterrée… les deux villages… avaient échangés les enfants… pour les manger… ainsi son village mangeait les enfants de l’autre… c’était moins cruel…
… la femme ne pleurait même pas… elle répéta « j’ai cru que tu venais les prendre… j’ai vu que tu n’en avais pas… alors… on serait mort de faim… ! »
Tu ne peux imaginer la vague qui me submergea… sans doute Didi la première fois de ma vie où je fus en colère… j’avais tenté de m’adapter… mais que faire lorsque tu arrives à ces extrémités… alors j’ai laissé déborder mon cœur… j’ai haïs cette foi communiste qui détruisait toute nature… j’ai haïs Mao… j’ai hurlé ma colère…
J’ouvris mon sac, j’en retirais la boule de riz cuit… j’en avais déjà mangé une partie… je donnais le reste à la femme…
Elle me bénie…
… va ! Donne à tes enfants…
Je me lève…
Je les salue…
Je les quitte…
Ils me regardent partir avec cette muette question : qui étais-je ?
Je divague dans les champs… je me perds… je ne retrouve plus le canal… le soir tombe vite… j’avance en pensant à ce que je viens de vivre… je maudis… je hurle de rage… je suis seule… j’insulte le Grand Mao pour sa bêtise… je me retrouve sous le ciel étoilé… seule, perdue, j’ai froid… alors je m’allonge sur le sol dans les buissons pour ne pas trop subir le vent… et je m’endors…
… je crois que je rêve…
… c’est Kong Bao, il est devant moi la tête dans le ciel… il me regarde… il dit seulement :
… les chouettes dorment la nuit maintenant ?”

La camarilla… se tait… l’extrait du livre présenté sans aucune précaution oratoire… vient d’agresser les participants… c’est comme si chacun venait de recevoir un coup de poing alors qu’il s’attend à un sourire… Matriona… lentement donne son explication…
” Tu sais, à l’époque, tout le monde était conditionné à entendre ça, et d’autres choses… on savait mais on ne disait rien… on ne pouvait rien dire… maintenant ça fait mal!”
Alors Sosso… tu dis plus rien?
“La Chine… c’est pas chez moi… !”
Weizhi reprend le manuscrit…

“Tu peux me le laisser? demande Sosthène?

Gentilés
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Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
Article rédigé par Weizhi selon les préceptes de L’Ange Boufaréu

 

 

 

Koba ou la sombre rémanence chapitre N°20 « Epoque Mandchou à Moukden »

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Avec Weizhi Xiansheng 未知 先生 nous découvrions la Chine ancienne… mais… 

Luigi réfléchissait… il tentait de faire un parallèle entre les époques, au grand dam de Djougachvili qui considérait qu’aucune période de l’histoire ne devait être comparée car nous allions vers le grand tout socialiste…

“Tout se résume à ça!” éructa-t-il dans un nuage de fumée…

Matriona secouait la tête “Koba tu nous emmerdes avec ton communisme… il a échoué… tu le sais… observe tous ces anciens qui écrivent… je me repends… je ne savais pas… j’ai été aveuglé… etc… etc.”
“Ouais des culs foireux… tous les uns après les autres, ils sont venus… pour récolter… la manne… mais ils savaient qu’ils ne venaient que pour ça… quand leur nom fut bien connu… ils retournèrent leur veste… ils écrivaient des cognandises sordides sur le communisme qui faisaient vendre du papier : disant qu’ils avaient été trompés… ils voulaient se racheter… à bon compte, sauf que leur nom était sur tous les carnets de ces petits journalistes inconnus qui courraient après eux pour se faire un nom… tout ça c’est connu… et maintenant ces petits trous du cul sont tous planqués dans des cabinets vernis de droite du centre comme de gauche…
Et dans un sanglot long de quelques violons russes… Djougachvili Koba Sosso Iossif Staline ajoutait “Je hais ces communistes d’opérettes… attends que je revienne pour les envoyer dans les mines de sel… en Sibérie… mes cocos!”

Atharexa qui n’était pas communiste interpella Sosso…
“Dis-moi dictateur… tu peux laisser parler un peu Weizhi Xiansheng… il est venu pour nous parler de Mademoiselle Zhang et son histoire…  Que vas-tu nous raconter?”

“Une histoire sur le pouvoir…!”

Raphaël était venu avec sa palette… il calligraphiait… absent… perdu dans ses pinceaux…
Sosthène écrivait…
Voici ce que Weizhi nous confia… un extrait qui se situe au 16 ème siècle du côté de Moukden… en Mandchourie…

Mon père racontait une histoire qui illustre la science mandchou pour les chevaux

“Un jour, un grand prestigieux qui avançait en âge, souhaitait trouver un cheval dont la fougue puisse être en accord avec l’énergie déclinante du cavalier qu’il était.
Les conseillers du souverain se tournèrent vers les caciques experts chevronnés de la cour, mais nul ne parvint à dénicher le parfait destrier.
La cour était inquiète, pour sa sécurité, il suffit d’un mot du monarque pour qu’il ordonne l’exécution par le fil de l’épée des conseillers incapables.
Un garçon d’écurie avait entendu.
Il suggéra qu’il pourrait trouver cette monture, si l’ordre lui en était donné. Les nobles de la hiérarchie tout à leurs dédains le laissa faire, en se préparant à récupérer la solution si ce garçon réussissait ou à l’occire s’il échouait.
Un jour, il vint avec un cheval en tout point adapté à la physiologie du monarque.
Foin fit alors l’assemblée de courtisans qui brocarda, le valet des litières, car il avait qualifié la couleur de l’animal « alezan » alors que la robe était « bai »… voilà tous les flatteurs-ironiques de se gausser.
L’empereur qui entendit cette bronca courtisane jugea que le garçon d’écurie avait mille fois raison, car il distinguait l’essentiel de l’accessoire, la couleur n’avait aucune importance. Il avait découvert le cheval idéal. Sa morphologie et son calme permirent au souverain malgré son âge de poursuivre ses longues randonnées équestres.
« Qu’importe la couleur, si la monture sert le monarque ! » conclut le cavalier.
La cour fit silence, elle attendait son heure… ça n’a pas changé. Nous sommes sans cesse confrontés à ces misérables petits marquis qui pour se distinguer détournent le sujet pour imposer leur pouvoir… »

Sosthème tournait les pages de son carnet…
” Oui, revivons notre année 2020… et comparons les deux moments historiques… selon la ministre de la santé le virus est chinois c’est loin, on a le temps de gérer… parce que nous n’avons pas de masques le pouvoir politique bloque chaque personne chez lui… parce que nous n’avons pas de tests les élites interdisent tout déplacements… parce qu’un professeur à Marseille a été déclaré non orthodoxe à la pensée dominante on lui interdit de soigner selon ses méthodes… parce que le jeune homme qui nous dirige veut « son » vaccin français, il intervient à Bruxelles… nous sommes comme sœur Anne nous ne voyons que l’herbe qui verdoie et la route qui poudroit… il commande un vaccin qui n’existe pas… quand les Anglais viennent de vacciner 17 millions de personnes…”

jeune homme qui se sait sachant… sûr son élan élyséen s’annonce…

Luigi enchaîna…
” C’est chaque fois la même chose… comme pour le cheval… du roi Qing
1 l’élite censé savoir… ne sait pas… elle craint l’oukase du chef…
2 il faut botter en touche selon l’expression « cavalière » autrement dit détourner l’attention… en créant des interdits…
3 et des comités Théodule… dans le cas du cheval on se reporte sur un garçon d’écurie… ça tombe bien, il n’est pas du sérail… il est inculte…
4 pendant que le garçon cherche l’oiseau rare… l’élite va organiser sa protection… à ce moment l’élite se groupe… dans un conseil de défense à huis clos…
5 le répit de la recherche permet à l’élite de dresser des tableaux dans lesquels elle se positionnera si le garçon réussi ou s’il échoue…
6 elle théorise… mais dans tous les cas elle veut garder la main… sachant que…
7 observez autour de vous… lorsqu’un couillon-péquin accède à un pouvoir politique style élection municipale… il change aussitôt d’attitude… il entre dans le registre, il agit selon le « au nom du peuple… »… autrement-dit il se place derrière les normes administratives… et règlements… ce n’est plus lui qui décide mais les lois votées par les représentants du peuple… plus d’initiative… la place acquise ne doit pas être tachée par une fausse manœuvre qui sanctionnerait une réélection… souvenez-vous : responsable mais pas coupable!”

Oh Raphaël tu entends… ce qu’on dit…
Oui oui… mais vous savez, depuis le Renaissance je recherche toujours un nouveau style de trait… que pensez-vous de celui-là? C’est 未知 qui m’a inspiré…
Non dit 未知 cela ne peut être que mademoiselle Zhang… 张… 
Si tu veux… regardez!

l’admiration fut totale…

“ça me ressemble pas soupira Koba… tu t’es laissé emberlificoté par les chinois mon pauvre vieux… quand je pense…”
“toi aussi tu sais détourner l’attention… admonesta tranquillement Matriona…
“moi? jamais crachota Sosso.

Sosthène conclut la séance de la camarilla du jour… en faisant référence à Shenyang Moukden et Mademoiselle Zhang…

“Avec ce cheval, il était aisé de mettre en doute les connaissances du garçon d’écurie avec une mise en scène sur son dos : l’ignorance des couleurs de robes… qui n’a rien à voir avec les qualités requises d’un cheval pour un vieux cavalier…
Il fallait surtout que le garçon ne devienne pas une sommité auprès du Roi… l’élite n’aime pas les parvenus qui font de l’ombre et obligent au partage…
Sauf que le garçon d’écurie avait une science qu’aucune élite ne maitrisait…
Ca l’élite n’aime pas…”

“Et avec le virus oùil est ton parallèle martela Iossif en rut et soufflant ses fumées de Crimée…
“Eh bien remplace le cheval par le virus… et tu verras l’évidence…
“C’est vrai conclut Matriona pensive…

Personne ne sut si elle pensait aux élites… au jeune homme préparant sa campagne… à l’enfumage… ou au garçon d’écurie…

Gentilés
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Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
Article rédigé par Atharexa selon les préceptes de L’Ange Boufaréu

 

 

 

 

Koba ou la sombre rémanence Chapitre N°19 新年好乐…

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C’est le Nouvel An Chinois, l’année du buffle de métal … nous sommes invités par Weizhi Xiansheng…

Weizhi Xiansheng avait préparé des raviolis… il avait aussi cuisiné une viande du Sichuan 四川肉 sihuanrou…  ainsi que le veut la cuisine de cette province ce plat est très épicé  很辣 hěn là.

raviolis prêts à cuire.

Nous étions quelque part sur le territoire de Larchy… entre ciel et terre… moi Sosthène Grumeucheux, c’était à mon tour d’écrire le compte rendu de cette journée mémorable

Iossif, délaissa immédiatement les baguettes pour la fourchette qu’il avait agile… Raphaël, Luigi, Atharexa et moi-même selon la tradition nous avons mangé avec les baguettes… Matriona était une experte… Weizhi glissa quelques mots en chinois…

« 中国人用筷子吃饭 !… zhong guo ren youg kai zi chi fang…  les Chinois mangent avec des baguettes… »

Iossif ne connaissait qu’un mot 白酒… bai jiu, l’alcool blanc… il en usa et… en a… ah bon !

Weizhi était un vrai maître coq…
« Je ne perds pas mon objectif dit-il de vous présenter Mademoiselle Zhang… je vais vous lire un passage de ses souvenirs… que notre ami l’inconnu a recueilli…

L’histoire se passe à Moukden à la fin de la dynastie Ming autour des années 1500/1600. Dans ce vaste espace, la Mandchourie, vivent des tribus… les Jurchen… ils décident de s’unir pour renverser la dynastie Ming… ils fondent Moukden à 600 kilomètres de Beijing qui correspond au principe « mettre de la distance entre l’empereur et soi-même! »…

Moukden devint Shenyang…

Ces Jurchen sont toujours à cheval alors que le paysan chinois reste sa vie durant sur son lopin de terre et son buffle à cultiver son riz…
A présent il faut un chef…
La naissance des Qing fut tout à la fois une aventure et une volonté de pouvoir.
On raconte qu’à l’Est de la Montagne Blanche, la fille du Ciel descendit pour se baigner dans le lac Bulkhuri
Dans sa marche vers l’eau elle cueillit un fruit merveilleux rouge qui brillait par sa couleur, elle le croqua… conçut et mis au monde un fils qu’elle nomma Gioro…
On ajouta Aisin le nom du plus précieux des métaux…
Il s’appela ainsi Aisin Gioro… celui qui est en or, il était porteur de tous les dons célestes. Lorsque les tribus mandchoues se réunirent pour élire un roi elles furent frappées à la vue de cet enfant extraordinaire. Alors qu’on l’interrogeait sur sa naissance, il répondit qu’il était l’enfant de la fille du Ciel et que le Ciel lui-même l’envoyait pour faire régner l’harmonie sur terre.
Alors les tribus l’élurent à la tête de leur peuple comme premier souverain.
Plus tard son descendant Aisin Gioro Nurhachi à la tête du clan des tribus unifiées partit à la conquête du trône des Ming… ce ne fut pas si simple… ils vont conquérir le trône en 1644… ils prennent le nom de Qing ! Clair, Pur !”

Mais avant de régner à Beijing, ils construisent une seconde Cité Interdite 

Entrée du Palais Impérial  故宫  Gu Gong en 1905.

La même entrée actuellement… 

La grande cour intérieure… 

Le palais des audiences

Le trône de l’empereur… 

Un artère principale de Shenyang dans les années quarante 四十年代 ( si shi nian dai) 

Entrée… on observera que le panneau est écrit en chinois et en mandchou… le chinois à droite se lit de haut en bas, il dit : 大清门 : grande entrée Qing

Atharexa voulait savoir comment il cuisinait les raviolis… que l’on appelle jiaozi 饺子…
Le repas se poursuivit tard dans la journée, nous découvrîmes mille facettes de la Chine… Djougachvili s’effondra sur un fauteuil… et ronfla comme une locomotive…
Weizhi Xiansheng raconta et sortit ses photos…
Je vous laisse en compagnie de ce florilège… et ses légendes…

Moi, Sosthène Grumeucheux et la Camarilla composée de Raphaël, Luigi, Atharexa, Matriona et Iossif endormi… sous la houlette de Weizhi Xiansheng nous vous souhaitons un vibrant Nouvel An 2021 : le Buffle de Métal… 新年好乐…

Gentilés
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Article rédigé par Sosthène selon les préceptes de L’Ange Boufaréu

 

 

Koba ou la sombre rémanence… chapitre N° 18… Les dits de Mademoiselle Zhang 张

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Les révélations de 未知 先生 avaient remué les membres de la « camarilla ». Ils avaient eu une semaine pour triturer leurs méninges et les questions se bousculaient au portillon…

C’est Atharexa qui ouvrit le feu :
« Dis-moi Weizhi qu’est-ce que tu veux dire avec ton « In principio erat Verbum »
先生 Xiansheng… se recueillit un instant… il énonça :

« Tu sais sans doute que le « In principio erat Verbum » est la première phrase de l’Evangile de Saint Jean… qui se termine par « … et Verbum erat apud Deum et Deus erat Verbum » le tout se traduit par « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. »
Tu sais aussi que l’Evangile de Saint Jean est le seul qui ne soit pas synchronisé sur les trois autres : Marc Matthieu Luc… car Jean seul apporte d’autres éléments sur la vie de Jésus…
« … et qu’est-ce que tu en déduis ! »
« Demande à Koba Sosso Iossif Djougachvili Staline… il va te le dire… »

Sosso grogne…
« Hé p’tit père… moi… j’suis pas Mao… j’ai pas à répondre pour ce Chinois qui voulait faire du communisme avec des paysans… ! Alors, Xiansheng… non Weizhi… ou le contraire je veux bien te répondre… tu peux pas nous lire un morceau de ton inconnu… ta Demoiselle Changue… pour me mettre en forme ? »
« Zhang… précisa Wei Zhi »
« Va pour Zhang… ! »
« C’est une bonne idée… »

Manuscrit de Mademoiselle Zhang…

Xiansheng tourna les pages du manuscrit… déjà bien fatigué… vous savez sans doute qu’un manuscrit doit d’abord lutter pour être accepté… surtout vis-à-vis des éditeurs frileux…
« Bon voilà un passage… nous sommes à l’époque où Mao ordonna aux paysans de tout abandonner pour construire des haut-fourneaux en terre et de fabriquer de l’acier en récupérant toutes les ferrailles y compris les ustensiles de cuisines et les socs de charrues, c’est le Grand Bond en Avant… mademoiselle Zhang va voir son frère devenu chef d’une brigade qui coupe les forêts pour alimenter les feux… elle interroge.

« Je cherche frère troisième…
« Il est là-haut… il travaille dans les arbres… avec les autres…
« Je voudrais le voir… »
Je quittais ma maison en multipliant les observations sur la venelle où j’étais née… l’ensemble respirait la désolation.
Il n’y avait plus comme jadis, le carré de légumes qui ornait le pied de chaque maison, il n’y avait plus d’enfants jouant, il n’y avait plus de vieillards qui chauffaient leurs os aux rayons du soleil. L’espace des chiffonniers qui résonnait des bruits des travaux, se résumait à d’innombrables tas de gravats. Pas le moindre bout de ferraille à fondre ou de bois à brûler… tous les tas étaient concassés triés, vidés. Au débouché de la hutong, jadis on rejoignait l’orée des bois…
Je restais pétrifiée devant le désert qui était devant moi… à perte de vue plus aucune végétation, quelques buissons résistaient, les arbres avaient été attaqués à la base, à la hache… les troncs en moignons hérissaient le versant à perte de vue.
C’était sinistre.
Je poursuivis mon chemin, il me fallut longtemps pour retrouver les équipes d’abattage.
Ils progressaient.
Je distinguai mon frère, il m’aperçut, il vint à ma rencontre. Il avait beaucoup changé. Ce n’était plus le petit dernier.

Il redressait le buste dans sa vareuse verte au col traditionnel, la casquette arborait la célèbre étoile rouge… il m’impressionna…
Tant de certitude dans l’allure, tant de fierté dans le regard, tant d’élan dans le ton :
… salut camarade Loulou…
Il me tendit franchement la main, l’attitude n’exprimait aucune équivoque, celle d’un camarade accueillant un autre camarade.
Il n’y avait aucun lien de fratrie ni de sensibilité familiale…
Au milieu de l’espace désertique, nous regardâmes le peuple qui tirait des troncs d’arbres. Depuis le haut du versant, la terre était saignée de profonds sillons que l’eau ravinait, n’ayant plus d’obstacle végétal les pluies diluviennes dévalaient la pente et emportait parfois des troncs décapités qu’elle parvenait à déterrer.
Ici, jadis, je venais rechercher des plantes médicinales, tout avait disparu. Seule la terre éventrée révélait dans ses entrailles, des racines, des cailloux, des rocs que je n’avais jamais vus.
L’humus, qui s’était accumulé pendant des siècles et qui formait une épaisse peau, produisait dans son alchimie, des dizaines de plantes chargées de vitamines aux pouvoirs de guérir. Ici, il n’y aura plus de champignons à cueillir, plus de lichens, plus de fleurs, plus de ginsengs, plus d’arnica. Ici, il y avait des jujubiers sauvages, des arbousiers, des aulx, des asperges, des fenouils, une sorte de bambou nain. On pouvait aussi trouver dans les clairières, des céréales, des tubercules… des vesses-de-loup, des pois de senteur et même du soja… ici, croissaient des arbustes qui donnaient des fruits…
Des animaux, des oiseaux, des insectes, des humains vivaient ici…
J’étais abasourdi par ce désastre…
Mon frère observa mon silence :
… avec le guide… nous reconstruirons tout ça… il n’y a pas d’obstacle à la capacité du peuple socialiste… dans trois ans, nous réaliserons dix fois les productions des Occidentaux…
Il parlait avec une conviction inébranlable… il me regarda droit dans les yeux…
Comment le contredire…
Comment le questionner…
… comment reconstruire après tant de destructions… pourquoi détruire, si l’on doit reconstruire ?
Il rompit lui-même l’entretien…
… il faut que j’aille vers eux. Déclara-t-il avec force.
Et il me laissa… »   

Weizhi referma le manuscrit… chacun avait compris le sens… mais personne ne pensait pouvoir le résumer… car comment résumer les doxas, les diktats, les dogmes… eh bien, c’est Staline qui rompit le silence… il jeta d’abord un long nuage de fumée de sa pipe bourrée de tabac de Crimée…
« Ce n’est pas parce qu’on coupe du bois… qu’on va détruire le pays… ton exemple est un peu cul-cul ! Ça n’a rien à voir avec la logique communiste. »

Sosthène Grumeucheux, jadis avait randonné sur le grand chemin marxiste… il fut léniniste… stalinien… maoïste… castriste… pour devenir social-démo-grate… comme tous les « modes philosophes »… ou les nouveaux philosophes si vous voulez… il se sentit obligé de dire un mot…

« L’exemple est banal en somme, mais révèle la structure de pensée de ces temps… que des paysans fabriquent de l’acier sans acier en coupant les forêts est parfaitement idiot… mais tous ont exécuté l’ordre au nom justement du verbe du chef… le peuple réalisait l’ordre du Dieu « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. » en croyant que la parole du dieu-guide pouvait transformer le verbe en acier… tu crois pas que c’est un peu cul-cul cette logique ? P’tit père Sosso ? »

Koba harcelait sa pipe qui ronflait en nuages de fumée… de Crimée…

« Il y a un point plus grave qui est énoncé… observa Luigi : « comment reconstruire après tant de destructions… pourquoi détruire, si l’on doit reconstruire ? »
« Au commencement était le Verbe » Mao se fout de la réalité de la forêt qui a mis des siècles à créer un écosystème local qui donne naturellement des milliers de solutions pour les soins… par les plantes… et d’ailleurs on ne peut jamais reconstruire ni dans le temps ni dans la synthèse…

« Nous… dit Staline… en montrant sa pipe… on a du pétrole en Crimée… avec on a produit tous les médicaments du monde possible… »

« Là-aussi poursuivi Raphaël à mon époque… la couleur était une alchimie composée de produits que nous allions ramasser dans la nature… chaque peintre avait sa cuisine… »

« Et alors… le peintre, tu n’as plus à te baisser, tu viens, tu achètes ta peinture et tu commences tout de suite… c’est ça le progressisme… »

comment pense une camarilla…

La camarilla était pensive… on nageait dans la dialectique… de caf’conç

« Dis-moi Sosso… proposa calmement Matriona… au fond tu justifies Mao… puisque tu ne le contredis pas… mais… »
« Toi ! moujik ! femelle !… éructa Iossif…
« Je m’en balance de tes gros sabots… dis-moi donc… tu te souviens de ton canal… celui de la Mer Blanche…
« Et alors…
« tu l’as commandé selon la même bêtise que Mao… en 31, pendant vingt mois… au mépris des hommes… venus des goulags, les zeks… tu as dit « bistro i dechevo » (« vite et à faible coût »)… Soljenitsyne écrit que le Belomorkanal a tué 250 000 hommes…

« Ne me parle pas de ce Zek…
« Mais le pire c’est que ce canal ne sert à rien… il est trop étroit il n’a que trois mètres cinquante de profondeur… tu as fait construire ce canal uniquement pour prouver que tu pouvais tout commander… même l’absurde… comme Mao. »
Koba se leva…
« J’en ai assez entendu…
Adieu… »
Il sortit…
Wei Zhi résuma… simplement… CQFD quant au prologue de Saint-Jean…
« Il suffit de remplacer Dieu… « Au commencement était le Verbe-Mao, et le Verbe-Mao était auprès de Mao, et le Verbe-Mao était Dieu-Mao. »… tu peux faire de même avec Staline…
« Au commencement était le Verbe-Staline, et le Verbe-Staline était auprès de Staline, et le Verbe-Staline était Dieu. »…

Avec cette vérité vraie : la doxa communiste… tu tournes la tête à tous les idiots de la terre y compris les nouveaux philosophes… ériger des fours pour faire de l’acier sans minerais… ou creuser un canal qui ne sert à rien…
Sauf que Dieu ne détruit pas 250 000 Zeks… souffla Matriona…
La « camarilla » était atterrée…
Matriona reprit la parole…
« En réalité, il sait tout ça le Sosso… mais ce qui le mine c’est la politique chinoise qui poursuit son développement, ils sont même en train de préparer le siècle du communiste chinois en 2049… dans 28 ans… le Verbe est toujours à côté de Dieu… et Dieu poursuit ses diktats…
La conclusion de Matriona fut le viatique-pensif du retour de chacun à la bergerie…

Gentilés
Si le voulez bien
Lisez suite semaine prochain

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
Article rédigé par Luigi selon les préceptes de L’Ange Boufaréu