Josef en sycophante vêtu… explore l’espace Japonais…

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17… maître…  

… ainsi, il nous fut révélé ce total pouvoir totalement totalisant aux totales compétences illimitées… quasi bibliques de Josef… il parle quinze langues plus une douzaine en développement… il était décodeur autant que déconneur… la Russie nous l’enviait… c’était le but des quatre Russes… ils avaient élu une table mitoyenne… ils l’espionnait… les pleurs de la femme et les diamants… n’étaient qu’une ruse de Russe… mais chut !
« Do not dévoiler » cette information aux grands vents de l’histoire des relations entre l’Ouest merveilleux et l’Est grenouilleux…
«  Entrez ! »
L’huis s’effaça après les deux minutes des cinq notes en arpèges du chant bouddhique que Josef avait élu comme sésame.
Les deux MP sécuritaires entrèrent, ils encadraient un maître de rang d’un hôtel étoilé, il poussait, en gants blancs, un chariot, le repas du codeur consigné.
Pendant que les services servaient, Josef observait à distance pour conserver son ontologique nature… elle ne restera guère dans cet antre clos… pensait-il.
Ils sortirent…
Le glouglou les musiques les clochettes tintèrent puis se turent, laissant le sâdhu à sa méditation… devant son clavier. Il pouvait se passer du keyboard, en surfant sur son aura pour atteindre les hauteurs stratosphériques de l’espace et du temps… il n’en fit rien et ouvrit son manu-script-bio.
« Ils affirmaient que nous étions entre nous, sans enregistreurs ? Ah ! Elle est bien bonne ! Un maître-espion sait, se prémunit, se prépare sans cesse… tel Sun Zi qui préconise « Faire du bruit au Sud si tu veux attaquer à l’Est ! » Or, le bruit à l’Est est celui de l’ours-soviétique, il doit d’abord être stocké afin de pouvoir être utilisé… second précepte de Sun Zi « Lorsque l’ennemi est uni, divisez-le ! » Enfin, l’arme la plus redoutable entre toutes… « Introduisez le doute dans son esprit ! »
Puis…
Sachant que l’attaque est le moyen le plus efficace de vaincre pendant que l’adversaire imagine son ennemi vaincu, Josef tapota son clavier…
Il adressa aux sept gradés supérieurs de l’aréopage qui l’avait accueilli ce matin un texte court, mais fort bien conçu.
Chaque message était un modèle codé de composition personnelle, l’architecture des sept textes était identique…
En un, il révélait des faits très banals, sur la vie très intime des alcôves… le traducteur-décodeur savait sur chacun, ce que le public ignorait, technique de Sun Zi « Introduisez le doute dans son esprit ! »
En deux, il suggérait que le décodeur puisse quitter sa chambre pour enquêter en costume d’ombre vers ces Russes et la femme en pleurs… toujours selon Sun Zi « faire du bruit au Sud si tu veux attaquer à l’Est ! »
En trois, il donnait le mode d’emploi : Josef quittait sa cellule, passait devant les plantons, les gardiens, les services de sécurité… telle une ombre, invisible.
Il suffisait donc de prévenir ces gens afin qu’ils ne se trompent pas de cible sur les ombres…
À la réception du message… les sept se regardèrent… chacun serait démasqué si l’US-Land savait tout ce que Josef conservait de connaissances en réserve… l’horreur…
Que ces secrets soient dévoilés à la face du monde et la carrière s’effiloche, l’étoile se nanifie, la promotion se fait la belle… mais surtout l’honneur, le salaire… les fins de mois difficiles, rétrogradé… oh ! Mannes des ancêtres… etc.
Alors, comme un seul homme, les sept réponses œcuméniques surgirent par la force de l’électron libre…
« Mais bien sûr… ! »
« L’ombre est libre ! »
« Allez… Lou Ya !
Dès lors Josef put se substanter…
Or vous vous souvenez sans doute de cet espion dit « L’homme invisible » d’un auteur britannique… ne pouvait point manger avant de sortir, car s’il était invisible, le repas ingéré ne l’était point… il aurait été immédiatement repéré… pour un espion, la faute était rédhibitoire.
Josef avait de la ressource, il connaissait une poudre miracle qui rendait invisible tout ce qu’elle touchait, à tel point qu’il ne savait plus où elle était, ayant renversé quelques grains sur le couvercle de la fiole, elle avait disparu.
Il chercha longtemps… puis s’en détacha… pour aller choisir une chemise opaque qui masquerait ses agapes…
Il saisit sa biasse… émit le mot de passe secret, sésame de l’ouverture de l’huis… elle s’ouvrit après les deux minutes réglementaires d’un son indicatif qui glougloutait et tintinnabulait… il perçut des présences vivantes dans le couloir froid.
Le bunker était légèrement assoupi, il aiguisa ses sens à son affûtoir… Décacheta la sécurité de son sixième sens… ce fameux don d’ubiquité que le samouraï porte dans son dos… son google-earth-map en somme…
Sur le seuil, il fit un très léger pas en avant et l’huis se referma sur son monde qu’il laissa à la garde de ses artéfacts observateurs.
Il fit un second pas… les deux MP de garde ne réagirent point. L’un lisait un comic book dans lequel le shérif contre toute attente venait à bout d’une armée de bad boys avec un seul six coups… il occupait tout l’espace du couloir sur une chaise qu’il avait adossé contre le mur, elle n’était posée que sur les deux pieds arrière… l’autre MP était de l’autre côté de la porte debout contre le mur à asticoter son handy dans un jeu où un GI-US assailli par un escadron de bad russes en chaleur hurlant pétaradant montaient à l’assaut… à la fin le boy était décoré par le président of US-Land en personne et en tenue militaire… avec les cadavres fumants en arrière-plan panoramique.
Josef constata effectivement que les pouvoirs coalisés l’avaient transformé en ombre invisible, il enjamba les bottes de campagne du MP adopta le pas chaloupé propre à tout matelot sur le pont d’un navire, il gagna la sortie.
Point d’obstacles, il croisa des huiles, des factotums, des aspirants qui aspiraient à un devenir et parvint à la porte principale qui s’ouvrit, elle, sans passion.
Dehors, il faisait beau… le Prince Shotoku avait bien raison à l’époque, il y a quinze siècles de qualifier le Japon de « Pays du soleil levant » à son homologue Chinois… sauf qu’au moment où sa pensée s’illuminait à cette image, le soleil se couchait…
Josef traversa le stade où s’époumonaient des joggeurs, des joueurs de rugby… généralement, lorsqu’il apparaissait… tous les US sportifs le saluaient :
« Grüss Gott Révérend ! »
« OK Révérend ! »
« Ciao Révérend ! »
« Buenos Dias Révérend ! »
« 你好 Révérend ! »
Il suivait sa voie au milieu de ce monde tous l’ignorèrent… ce qui prouvait son parfait camouflage en silhouette d’ombre.
Il poursuivit guilleret en direction du poste de police, un trajet en diagonale sur la place d’armes… il se posa la question quant à savoir s’il devait faire une volte autour du drapeau qu’un salut devait honorer… n’ayant pas de réponse… il parvint à la grille principale qui était close… il se dirigea vers la porte pour personnes seules handicapés mal entendants individus en quête d’espace, passa au nez et à la barbe du planton…
Il était dehors…
Il se dirigea vers la station de taxis… il savait où il devait aller… il arriva devant un véhicule dans lequel dormait un chauffeur Japonais… il ne réagissait pas… bon sang mais c’est bien sûr se dit Josef, je suis une ombre, il ne me voit pas… je dois faire quelque chose de peu ordinaire… alors, il saisit un billet de cinquante dollars dans sa poche qu’il montra à l’endormi… lequel brusquement retrouva le sens des réalités… devant ce soleil de minuit…


Le taxi driver se précipite dehors en effectuant mille courbettes… ouvre la porte à l’US boy devenu visible grâce au billet vert…
Josef lance le nom d’un l’établissement, mais le chauffeur veut faire acte de contrition … il tente de réciter un mémorandum d’excuses que tout Japonais apprend dès l’âge de quatre ans… le cadre est identique il suffit de changer la circonstance… il parlait le dialecte US du bas Bronx new-yorkais où il vécut pendant vingt ans avant de venir se retirer au Japon…
… j’ai roulé toute la nuit… j’étais mort de fatigue… je me fracasse de douleur devant votre Honneur… lorsque je m’éveille, il me faut sept minutes pour percevoir ce qui m’entoure…
… 私はあなたを許します : Watashi wa anata o yurushimasu.
Ce qui en langage codé signifie « Je vous pardonne ! » susurra Josef.
Dès cet instant… le chauffeur ne cessa de l’observer à la dérobée tel le mouchard qui tente de dénicher l’ombre d’un espion… Josef n’en avait cure… le Taxi Driver n’était pas Russe… fortuitement, ils arrivèrent au temple.
« La nuit était tombée, tant pis pour elle, j’avais mieux à faire que de la ramasser… ! Force de la pensée inconsciente qui émerge ! Oracle de Josef. »
Écrivit-il à la lueur des étoiles, tant cette pensée l’avait illuminé. La porte du lieu était close, mais la force du concept verbal emportait tout obstacle… silencieusement, il avançait à pas d’ombre, il savait qu’Akio ne dormait pas… il était beaucoup trop tôt.
Il longea le mur d’enceinte… soudain ses sens en alertes perçurent un grattement, tel un objet griffu griffant griffeusement le gravier concassé de l’allée qui serpentait parallèlement à la grille de clôture… il était repéré. Alors le GI Josef appliqua à la lettre la règle dite : de l’ombre immobile… le griffeur eut une hésitation prouvant la preuve qu’il était observé…
L’US boy ne bougeait plus, il attendait rompu à des années d’exercices préparatoires pour devenir l’espion invisible inaudible aseptique afin que nul ne puisse l’intercepter… il était fort le matelot.
Soudain le grattouilleur cessa…
… c’est toi Josef ? Dit une voix basse… la tension était à son comble… une forme de basse tension, il restait peu de marge… avant la chute de tension…
… c’est une taupe ! pensa Josef…
… ou un sycophante !
… il en a tout le style, avec râteau de métal pour égaliser les graviers et me faire croire qu’il est cantonnier, quelle médiocre mise en scène, de plus, il contrefait la voix d’Akio !
Silence, l’esprit-gratteur s’éloignait, las sans doute, déjoué qu’il fut par les techniques de l’US boy expert ès arts de camouflage, enseigné à West Point.
Josef était tétanisé dans son attitude dite « du grand tronc d’arbre »… lorsqu’il vit Akio ouvrir la personal-porte flanquée à droite du grand torii, il s’avançait un râteau à la main vers Josef… posément, devant cette statue telle l’immobile de sel biblique il dit :
… tu t’es fait mal ?
Là, Josef sut qu’il avait déjoué un complot contre lui…
… parle plus bas… il y a des espions qui grattent le sol pour être incognito! Prudence !
Il se détendit à demi… tourna la tête vers le lieu où les gratouillis prospéraient… alors, rassuré, il détendit l’autre demi moitié.
… tu vois, Akio… c’est ça la force de la pensée… il m’a suffi de projeter ton nom sur la ionosphère espace de ce temple pour que tu apparaisses !
… ben je fais mon job ! confessa le Japonais.
… grâce à mon camouflage, ces fureteurs n’en eurent point pour leurs efforts… enfuis les cafards ! Pfffuit !
Le danger était hors de combat…
Les acolytes traversèrent le grand parc au moment où la cloche du temple indiquait le couvre-feu pour les moines.
Face à eux arrivait un être en costume vernaculaire authentiquement autochtone… Josef eut un haut-le-corps :
… attention ! Le camouflé !
… c’est le portier ! répondit Akio, tous les soirs, il fait à la même heure, le tour des ouvertures avec ses clés pour clore le temple !
Josef était habitué à ce type de règlement… tous les soirs, le clairon commandait aux hommes de se mettre au lit…  le poste de police installait ses sentinelles… au centre, le bunker veillait… l’empire démocratique concédait au reste du monde une part de sa puissance… que le monde nous envie !
… c’est ça ! ajouta Akio.
À Yokosuka, les natifs avaient tenté de reproduire le génie de l’US-Land dans le camouflage tels des Béotiens, un essai à tâtons, d’autant qu’à sa connaissance il n’y avait aucun camp retranché Nippon du côté de Pittsburgh ou même dans un port vers Long Beach ou Los Angeles… privé d’expériences, forcément la copie était inexistante… ici, des barbouzes grattaient les graviers…  il rajouta à ce tableau embryonnaire, l’absence de shops de pizza, boissons, kebab, hamburger, McSchmurz… tout était fermé.
Dans le camp retranché du GI, il était normal d’aller déguster de 6 heures du matin à 23 heures du soir tout ce que l’empire aime à consommer… Josef allait fréquemment déguster un curry-wurst… mais là, nada !
Peut-être que la direction voulait éviter que ne s’installent des espions, sous couvert de business… c’était une hypothèse… cette pratique avait été cernée par les autorités de Pennsylvanie où prospéraient une cours des miracles afghans, ritals, latinos, caucasiens, russes, turcs, Lumpenarbeiter migrants bouffeurs de kébab…
Akio… ouvrit une porte posa son outil, puis la referma… Josef nota un détail :
« la porte ne ferme pas à clé… voilà pourquoi le sycophante avait pu subtiliser un râteau… une diabolique technique… facile ! »
… allons chez moi ! proposa Akio.
Le concierge revenait…
« おやすみなさい »
Josef n’eut aucune peine à déchiffrer le code, il disait :
« Bonne nuit ! »
Ils répondirent dans le même registre crypté…
« C’est par là ! »
Le natif et son ombre US contournèrent le cellier à outils, ils arrivèrent devant un très joli coin de bâtiment que nuls ne put voir à cause de la nuit noire venue… mais cet espace respirait la beauté ontologique propre à une cellule de moine… un quatre par quatre… carré.
« Je ne suis pas moine… seulement cantonnier ! »
Ce sacerdoce cette humilité ce don de soi ravirent Josef, il retrouvait cette mimétique humilité zygote qui l’avait vu venir ici à Yokosuka, où il devait démocratiser ces peuples primaires…
Akio entra et invita son hôte à le suivre…
L’espace était peu spacieux… un seuil… à droite, un futon, à gauche un foutoir… au centre une table… derrière la table un coussin… à gauche un réchaud pour cuisiner… posé aux trois coins des Mizuko… les fameuses lampes éthérées japonaises en papier… que l’hôte Akio alluma…
« Assieds-toi mon frère ! Je vais te servir un bol de riz pour fêter ta venue ! »
« Quelle béatitude ! Je profite de ce moment pendant lequel Akio se consacre à la préparation du riz pour noter ma révélation… ici… Jérémie eût été dans un palace… lui qui a dit :
Qui me fournira au désert un gîte d’étape
Que je puisse quitter ce peuple et loin d’eux m’en aller ? »
« Mange mon frère ! »
« Je t’attends ! » répondit Jérémie.
Akio déroulait un second futon… l’espace était complet… assis en tailleur devant la table basse… Josef, le bol en main gauche, les baguettes en main droite… Akio, le bol en main droite, les baguettes en main gauche…
« Ce fut ma faute originelle dit Akio… je suis un hidarikiki ! … c’est-à-dire gaucher… la plus grande plaisanterie pour un Japonais qui mange son riz… est de lui demander :
« où fais-tu fabriquer tes baguettes pour gaucher ? »
« Le peuple est primaire et quelles furent les conséquences ? »
« Je ne sais toujours pas quoi répondre… d’original »
Énigmatique réponse qui provoqua à nouveau chez Josef une illumination soudaine… il lui semblait revivre des moments déjà vécus… mais oubliés… sans doute que le lieu saint était propice à ces émergences stratifiées de ces souvenirs antédiluviens… plutôt babylonien… selon Jérémie.
« Moi, dit Josef… fut le jour… où j’étais à l’école primaire de Pittsburgh… à l’âge de trois ans et six mois… parfois sept à douze peut-être plus ou moins, mais peu importe… un homme vint dans la classe… j’étais selon mon habitude dans mon espace personnel entouré de mes dictionnaires de russe, je lisais Dostoïevski… Hissa LUNA s’approcha avec l’inconnu… elle murmurait en tordant la bouche afin que ses propos soient dirigés ou plutôt canalisés vers son voisin pour ne point m’atteindre.
« … oui, un peu spécial ! » fut les derniers mots que je consentis à entendre…
Il regarda longuement mon campement puis sortit la platitude la plus plate qu’un adulte émet platement quand il est imbécile :
« Et que veux-tu faire plus tard mon petit ? »
Il fallait que je formule une réponse, là, en quelques secondes, sans réflexion… est-on préparé à cette situation alors que l’on vient juste de percevoir le premier rayon de l’espace-temps…
« Je serai prophète… russo-cyrilliquo-slave… »
Hissa LUNA, baissa la tête, laissa tomber un bras pendant que l’autre portait une main qui pointa un doigt sur sa tempe gauche, j’interprétai cette attitude comme un acte de soumission à l’inconnu…
Il resta muet…
D’admiration sans doute.
Il resta longtemps pensif…
« Mais pourquoi le russe ? »
« Facile ! Je vous l’accorde ! »
« Je ne pouvais laisser passer ce moment révélateur, il fallait que je le consigne dans mon grimoire… pourquoi le Russe ? Mais mon cher monsieur, parce que depuis des lustres ce peuple tente de nous dépraver, nous « réduire » en erreur, nous soustraire à l’évolution universelle, nous sommes les élus depuis le Mayflower. À preuve… là je regardais avec des yeux accusateurs Hissa LUNA… Franziska a disparu. Peut-on l’admettre ?
Qui est Franziska demanda négligemment l’homme de peu… une élève répondit Hissa LUNA…
Une élève… quelle honte ! Franziska Abracamovna est une muse, une fleur des steppes sibériennes, un elfe, une mouette de scribe… elle a été soustraite par des barbouzes bolcheviques…
Oui, mais, mon petit, ça ne correspond pas à ta réponse « Je serai prophète ! » qui est une affirmation bien curieuse pour un enfant de ton âge encore loin de l’horizon des ados…
La vérité n’a pas d’âge… fus-je obligé de lui rétorquer… d’autant que le prophète prophétise…
« Ah bon… et qu’aurais-tu anticipé… l’évolution des caramels mous ou la conquête planétaire de la console de jeu vidéo Culbuto-Scratch ? »
Cet homme était inculte, je me retirai de son jeu avec un dernier mot :
« En 87… monsieur, je vis la Chute du Mur de Berlin ! »
Silence… il était bouche bée… il se tourna vers Hissa LUNA…
« Ça lui faisait quel âge ? »
Elle compta sur ses doigts fardés, les petites poupées calligraphiée de chaque ongle s’agitèrent frénétiquement en s’y reprenant à plusieurs fois… ridicule…
« Plus ou moins dix ans ! »
« Effectivement, c’est un garçon précoce ! »
C’est tout ce qu’il put dire… un minable !
Ils repartirent, j’eus néanmoins le temps d’entendre la question que l’homme posa à Hissa LUNA… car je l’appris quelques heures plus tard… cet homme était un inspecteur militaire… en tournée d’inspection… il allait donc noter les agissements de Hissa LUNA… enfin… il se pencha vers elle et d’un regard suspicieux il demanda :
« C’est quoi le mur de Berlin ? »
Et là je découvris le niveau d’incompétences de Hissa LUNA, elle branla la tête :
«… je ne suis pas un Berliner ! »
L’apothéose de la nullité… c’est elle qui avait laissé les barbouzes entrer dans le sérail pour phagocyter ma merveille des nuits d’Orient.
J’étais privé de sa voix… tu comprends Akio ?
Akio comprenait parfaitement, à tel point qu’il avait laissé les Mizuko allumées pour illuminer sa pensée…
Akio sur son futon mémorisait les paroles forts peu futiles de Josef-Jérémie, lequel émetteur ronflait légèrement…
Alors… il se mit en veille… jusqu’au moment où le flot de rêves éveilla Akio…

« Que le lecteur veuille bien nous pardonner… ce texte semble un peu hermétique… forcément avec tous ces termes japonais… heureusement les Mizuko nous apportent la lumière… car vous avez compris, le Mizuko est une lampe. » 

                                              Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

                                                                       Gentilés  
                                                                       Si le voulez bien
                                                                       Lisez suite jour prochain
… vous pouvez aussi charger le lien des éditions Alain Iametti sur votre moteur de recherche : https://www.editionsalainiametti.com/
vous trouverez les opus édités…
                                                                                      L’Ange Boufaréu

Polices US et Japonaises… contre Akio et Josef… terrible!

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16… « あなたは自由です ! »

 

« Vous êtes libre ! : c’est la traduction du titre…  autrement dit Josef et Akio avant ce commandement n’étaient plus libres… c’est ce que nous allons voir, si vous le voulez bien ! »
Akio venait de passer un après-midi ajouté à une nuit dans une cellule du commissariat de police de Yokosuka. L’officier de police lui tendait ses papiers.
Il avait droit à une grande mansuétude de la part des autorités de son pays, il reçut même des égards… et quelques questions…
… que faites-vous avec ce natif US ? lui demanda-t-on radicalement.
Il conta en termes simples sa rencontre avec le matelot égaré.
Les officiers se regardaient tels que savent le faire les autorités japonaises, c’est-à-dire en silence et sans tourner ni la tête ni le regard, or Akio était Japonais… il savait.
Ce récit semblait trop simple à leurs yeux… à preuves : un GI, un US natif, un Marin’s expert en boussole et sextant ne se perd jamais… foi de police Japonaise.
Il devait donc y avoir un sous-message que la police voulait découvrir, d’autant que la suite de la confession d’Akio ne collait pas au scénario policier… qu’on en juge. Un GI US d’origine Germaine, d’une mère Indienne née au Québec, parlait le russe et recherchait sa muse Franziska qu’une dénommée Hissa LUNA lui avait volée…
… tu te fous de nous… toi ! Avait prononcé le policier en fronçant seulement le sourcil gauche.
… que nenni ! assura Akio…
Le second sourcil se contracta, signifiant qu’il y avait :
« Poisson sous roche ! » sous-entendu espionnage !
… vous voulez dire « Anguille sous roche ! »
Stupeur… on ne décode pas…
… le GI matelot cherchait aussi bijoux ?
… qué bijoux? Hasarda Akio.
Les trois officiers éclatèrent de rire, sans un geste, immobiles… seule la glotte glottait glottinant muettement… mais Akio savait qu’ils se gaussaient intérieurement…
… le sac ! laissa filtrer l’interrogateur…
… le sac… quel sac ?
Nouvel éclat de rire… mais crispé… sarcastique… indécelable pour n’importe quel péquin ou plutôt citoyen de la vieille Europe… mais Akio traduisait en regardant la racine des cheveux coupés court… quant au sac, il ne savait pas…
… un sac d’une française marque célèbre rempli de bijoux… concéda le cogne.
Akio tomba des nues, heureusement il était assis… il est vrai que devant trois officiers patibulaires on se sent un peu nu…
… alors pourquoi le matelot… a interpellé les Russes… il a émis une menace Sinon ma fureur jaillira comme un feu a-t-il proféré… ce propos a été rapporté par une geisha en embuscade…
… c’est Jérémie !
L’éclat de rire n’était plus aussi franc, il sentait le fiel, les trois maîtres de l’interrogatoire durcissaient le ton… toujours impassible… mais Akio savait.
… un complice ?
Akio alors se fit l’exégète de l’Ancien Testament qui était le berceau autant que la source des propos du matelot US germain échoué à Yokosuka, incarnation d’un prophète numéro deux dans la hiérarchie des prophètes…
… Josef est en quelque sorte une réincarnation du prophète Jérémie… ce guy vivait du côté de chez Swann… j’ai lu son manu-script bourré de paperolles… écrit, il y a six cents ans avant le fils de Marie… là un jour les Égyptiens sont arrivés… et Jérémie a disparu dans les sables du désert… à Baby-alone… une ville de là-bas.
… ça fait donc vingt-sept siècles… intervint le chef silencieux… jusque-là.
… c’est ça !
… et le sac de la dame… il est où ? reprit l’autre.
Akio éclata de rire… selon la technique que vous connaissez à présent, c’est-à-dire silencieusement, impassiblement, shintoïstement… donc immobile.
… à poil ! répliqua un sbire.
Nu comme un ver… heureusement que la saison était clémente… Akio, dans sa cellule attend que la gente policière visite ses effets, son sac et plus tard son cul !
… rien !
C’était hier…
À présent, Akio relingeait ses brailles et chemises bouddhiques, dans son sac il ne manquait que son couteau. Ce présent lui avait été offert par Josef, un authentique couteau suisse à douze lames… la larme à l’œil, Akio se sentit désarmé devant ce sort.
Il médita en position de lotus… heureusement le repas de midi avait été à la fois achevé et copieux… il ne craignait pas la disette du soir que ne manqueraient pas de lui faire subir les matons.
Il était seul dans l’espace, une cellule comme toutes les cellules, spacieuse comme une cage à lapins, froide comme une glacière eskimo, munie de barreaux comme une geôle, impersonnelle comme un ergastule… mais en réalité, pour un natif de la préfecture de Kanagawa, un lieu propice à la méditation sur la valeur de la vie… tel le roseau pensant, pensa Akio penseur…
Josef citait souvent cette lumineuse métaphore d’un chevalier François qui disait exactement :
« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant ! »
Pour Akio, le roseau n’avait de sens que lorsqu’il allait sur le lac Miyakase pour le couper, et construire des pipos des flutiaux et surtout des flutes de Pan à six tuyaux…
C’est à ce moment… lors de la contrainte imposée par le hasard que les mots prennent un sens. Cent fois, Josef-Jérémie avait émis cette phrase, mais ce n’était qu’à présent, privé de liberté, de papiers, de disposer soi-même de sa pensée, une conscience suspectée qu’il mesurait la force du « le plus faible de la nature ».
Il se sentait une petite chose soumise au diktat accusateur d’un trio sanguinaire.
… tu restes ici… pendant que nos limiers… recherchent les bijoux !
Akio était docile, il ne pouvait guère faire mieux… il était aussi bouddhiste, il appartenait donc à la grande roue qui développe ses cycles contre lesquels il est inutile de se rebeller… il lâcha prise, donc et s’endormit… il rêva qu’il était un matelot de l’US-Land… il était aide-de-camp…
… debout Akio !
Quelle heure était-il ? Car Akio ne portait pas de montre-bracelet, hélas, trop coûteuse  pour sa bourse.
… sept heures !
Il avait bien dormi, au fond là ou ailleurs, une fois que l’on dort, le cadre n’a plus aucun intérêt.
Il chaussait ses sandales, passa la bretelle de son sac sur l’épaule… il était prêt… il tâtait ses poches…
… on le garde ! tu pourrais être dangereux…
Et Akio quitta le sanctuaire des lois sans son couteau suisse… il se sentait léger.
… on a retrouvé le sac…
Akio retint le pas qu’il allait faire…
… on a retrouvé les bijoux…
Akio retint la question qu’il allait poser…
… ils étaient dans le sac…
Akio se retint de poser la seconde question qu’il voulait poser…
… le sac était dans la voiture…
Akio posa allait alors la question capitale…
… où était garée la voiture ?
Devant Himeji!
Dégage !
Akio n’eut plus aucune question à poser…
Et l’aventure se termina aussi banalement que théâtralement commencée…
Akio prit la direction des bains publics, il fallait purifier tant le corps que la conscience… ensuite il irait rejoindre son monastère sans lequel il n’était rien, entendons par là qu’il n’était pas moine… seulement jardinier logé nourri par la communauté.
Cette situation était l’alpha et l’oméga de sa philosophie qui ne contenait qu’une page… sur laquelle une calligraphie artistique était écrite :
« N’être attaché à rien, ne rien posséder, cette page même n’existe pas, à quoi bon se charger d’un poids inutile… elle se serait alourdie de poussière ! »
Mais avant tout un bain de purification.
Il connaissait le gardien des bains qui le laissait entrer sans bourse déliée…
… va ! dit-il…
… ça baigne répondit Akio.
Il se laissa couler dans l’eau bouillonnante… il pensa au penseur GI.
Que devenait-il ?
Eh bien, à cette même heure, pendant qu’Akio barbotait dans la célèbre invention du célèbre Italien Jacuzzi…
Josef était auditionné par une huile à cinq barrettes…
Peut-il s’asseoir ?
Il le peut !
… asseyez-vous !
Josef accommodant… prit place.
Nous sommes dans la salle du rez-de-chaussée du bunker que nous connaissons bien à présent. Josef est placé au centre de la longue table… seul face à sept autorités que compte le service.
… téléphone ?
… on lui a retiré à l’entrée !
Silence… le nouveau boss au centre face à lui… flanqué de chaque côté de trois subalternes cependant fortement gradés car tout est relatif, puisqu’on est toujours le subalterne de quelqu’un aussi haut que l’on monte dans la hiérarchie… avait dit un autre François… on n’est jamais assis que sur son cul…
Ce n’est pas le sujet… bien que…
… Première-classe Josef Schmitt… vous savez sans doute pourquoi vous êtes devant nous !
Josef attend une communication stratosphérique avec Franziska… il se dédouble… il écoute…
… bien…
… vous avez agressé… verbalement certes… mais agressé des Russes… dans un restaurant… ils ont porté leurs récriminations à la fois auprès des autorités Japonaises, ce qui n’a pas grande importance… et à notre commandement… ce qui est capital…
Là, Josef remarqua que les autorités US diffèrent diamétralement de leurs homologues Japonais immobiles… muettement, immobilement, inexpressivement… Ce qui n’était point le cas des officiers US, l’un ôta ses lunettes dans un grand geste homérique, l’autre renifla très fortement, le troisième reprit un Wrigle’s Freedent qui avait la taille une balle de base-ball… quant aux trois autres, ils s’exprimèrent en se tortillant sur le fauteuil monté sur pivot comme pour un envol de capsule dans l’espace, l’autre déplaça avec grâce son étui à lunettes de droite à gauche puis de gauche à droite, enfin le dernier se pencha pour émettre une position mimétique avec le chef qui ne disait mot… le tout fut perçu en une fraction de seconde, Josef… savait, lui aussi.
… pourquoi ?
Josef, tout à ses observations anthropologiques, en l’attente de la liaison avec Franziska laissa la question suspendue dans l’espace et le temps… question totalement nulle…
… je reformule… Première-Classe Schmitt…
Le ton semblait s’être nourri de quelques décibels en plus… Josef s’interrogeait sur le sens de cette élévation phonique.
… savez-vous qui étaient ces gens ?
Josef cessa de s’intéresser à cet instant dans lequel il était contraint de participer… et selon son habitude, il organise son dédoublement… il était là afin de répondre aux besognes du quotidien qui légitimait un salaire… pendant que Jérémie reprenait ses dialogues stratosphériques avec Franziska…  il ouvrit le second tome de son manu-script… et il écrivit…
« Comment ne pas savoir qui étaient ces gens… mais des Russes, voyons… qui dit Russe, dit espion, ici au Japon province de l’US-Land… une évidence que ces sept mercenaires galonnés ne semblaient pas saisir… des gens… ridicules… pourquoi pas des passants, des ombres, des touristes… allons un peu de sang-froid. Quatre hommes et une femme parlant russe à une table de l’Himeji… ne peuvent être que des espions. »
« Quels étaient les indices qui prouvaient… cette caractérisation ? »
« Ah, ils étaient drôles les chefs… des indices ? Non, mais est-ce que j’ai besoin d’indices… quatre moscovites bien vêtus… n’est-ce pas là déjà un premier indice, car l’espion selon le mode d’emploi du KGB adopte des tenues pour faire diversion… ah ! On croit voir des touristes… erreur de jugement, ce sont des espions… »
« Mais votre qualification ne repose sur aucun détail précis qui confondrait… le… »
« Ils mangeaient des sushis…
« Tout le monde mange des sushis dans les restaurants au Japon…
« Sans doute… mais ils auraient dû commander un bortsch Ukrainien…
« Ukrainien ?
« Et l’accent… qu’est-ce que vous en faites     ?
« Ah !
« Première classe Schmitt… nous sommes ici chez nous… cette salle sécurisée… n’a pas de micros, pas d’enregistreur, pas de téléphone branché… en somme, nous sommes entre nous… dans notre bunker préféré… lieu où les grades ne signifient plus grand-chose, seule compte la compétence… et Dieu sait que nous en avons… nous aussi… je vous propose de parler à cœur ouvert, sans réserve, spontanément, de vous à nous, ainsi que nous à vous… pour le bien de cette base, de la préfecture de Kanagaga…
« Kanagawa… reprit l’officier second en partant de la gauche…
«  Si on veut reprit le prêchant… donc pour le bien de l’humanité… le vôtre de surcroit…
« J’avais aiguisé tous mes sens… ils voulaient m’acheter, ah les faux culs… les traîtres… contre-espions dans la maison même de l’espionnage capital du grand capital de l’US-Land… c’était un comble, mais heureusement j’avais déjoué ce jeu. Alors, je fis preuve d’un grand courage pour dire à ces gens ce que j’avais à dire…
« Messieurs…
Vous n’êtes pas sans savoir… selon la formule qui prouve que vous savez ! Mais allez donc savoir ! Que je fus recruté par votre académie martiale, justement par mon flair, je sens messieurs, je sens, j’ai ce sens… un pouvoir extra lucide un sixième sens inscrit dans mes gênes… a-t-il besoin de preuves ? Je vous le demande…
Mais, si vous le permettez… je ne suis pas à l’aise assis sur ce strapontin synonyme d’Aventin de triste mémoire qui me relègue… je me lève donc… pour ne pas subir le même sort que Remus qui y fut enterré…
Ne me coupez pas… Remus fut ce frère qui assassina Romulus pour rester seul maître de Rome… chapitre enseigné en primaire à West Point.
« Et je fis lentement un chemin processionnaire autour de la table, mon propos était à tel point sublime, qu’aucun ne manifesta, ils étaient sous l’influence de la puissance du verbe… le mien !
Vous le savez oh ! Gens de peu de foi… que je fus remarqué par un de vos chefs… qui vint prier mes géniteurs de lui accorder la latitude de m’employer… comme un subalterne lecteur de russe, langue que j’avais appris seul en l’attente de l’illumination de Franziska.
Qui ? Messieurs peut entrevoir les lumières de cette muse ? Révéler ses qualités ? Encenser ses mérites ? Magnifier sa beauté ?
Je vous le demande !
Je voulais atteindre l’aura sublime de Franziska par la pensée que la force de l’esprit projette à distance… cela ne pouvait être qu’en russe… je me plongeais dans cette dimension cyrillique… car Franziska… éternel féminin Russe fut cachée, masquée, fardée, travestie, déguisée, camouflée… par des nervis qui voulaient la subtiliser du monde à mes yeux !
J’eus la perception… dans l’Himeji… j’ai vu… à travers tout ce décor, la profondeur de cet être séquestré… comme Franziska…
Oui Messieurs… dans ce restaurant… l’Himeji… je compris en une nano seconde… que je voyais la même mise en scène, celle qui me fut imposée à Pittsburgh par les affidés russes… l’indice… Messieurs, l’indice était les pleurs de la malheureuse bousculée rendue muette comme celle de Portici du célèbre Daniel-François-Esprit Auber… François de son état de naissance et son Masaniello, vaillant pêcheur Napolitain qui prit en main la révolution… car il en faut Messieurs des guides qui réveillent les peuples du joug des occupants… mon sang ne fit qu’un tour, mais je ne voulais point dévoiler mon état… alors je citais un verset du second prophète de l’Ancien Testament.
Jérémie…
Ce qui confondit les tortionnaires… car Jérémie dévoilait la manipulation par son message codé… puisqu’ils comprirent que j’avais déjoué la situation… ils prirent peur, espions de pacotilles… ils frappèrent…
Mais grâce à mon flair, en un instant le GI que je suis, déjoua le complot de l’ours russe… je cite le manuel de Westpoint : cet ennemi congénital, atavique, né, brutal, slave, bolchevique total et totalitaire même… qui se dresse depuis toujours sur notre seuil du monde libre, l’US démocratique, vertueux, pur… que le monde nous envie !
Non Messieurs… ce ne fut pas simple…
Mais mon devoir de protecteur de l’Empire humain se devait de s’élever contre cet acte scélérat…
Je le fis… malgré tous les dégâts collatéraux qui en résultèrent…
« J’étais parvenu en même temps au pénultième point de mon prêche et à côté de mon siège… je me rassis… sous les vibrants vivats silencieux par égard au protocole ! D’ailleurs, le silence fut total, ce qui prouve l’enthousiasme hyperboréen de l’aréopage… j’attendais les louanges mesurées… »
« J’entends bien ! » commença le troisième à droite de celui qui au centre avait tenu son lénifiant propos…
« Vous êtes certain que ces personnages sont des espions ?
Que font-ils ici ?
« Que font des Russes à Yokosuka base US… sinon pour espionner ? »
… n’arrive-t-il point ici… des messages en Innu-aimu…
… du François avec des quatrains…
… ne savons-nous pas que Casque d’Or se profile derrière des mouvements russes ?
… n’est-ce point signé par Les Tortues Blondes ?
… et même pour être encore plus précis messieurs… ces espions n’étaient-ils point aux abords de notre espace secret… ils savaient que Parker Barnaby était groggy… à l’hosto… ce n’était pas le hasard s’ils étaient là… en même temps que moi… ils m’espionnaient… alors ils inventèrent un vol… et pour que la femme pleure… ils lui pincèrent la cuisse gauche… jusqu’au sang… ces sanguinaires…
… alors dit Josef !
… alors êtes consigné dans vos appartement jusqu’à nouvel ordre… on viendra vous apporter votre repas matin, midi et soir…
« Et ma barre en chocolat de 16h ? »
« Elle aussi !
« Dans ce cas, je m’incline… devant le devoir… mais sachez que j’ai perçu un autre message et je doute qu’il soit arrivé… il mijote… tournicote… gigote…
« Qui est l’émetteur ?
« Chut… souffla Josef.
« Inconnu ?
« D’où vient-il ?
« Il faut lui laisser le temps de se dévoiler… je suis prêt Messieurs ! »
« G’ar’d’à’vous ! »
Le GI matelot Josef-Jérémie Schmitt, US Boy autant que bad-boy, repartait dans ses appartements que la pensée extralucide rendait spacieux. Deux MP l’attendaient devant la porte. Ils encadrèrent celui qu’ils ne pouvaient encadrer… et se portèrent en avant afin de l’amener dans son cadre.
La porte resta fermée comme toujours grâce à la sécurité sophistiquée électronique qui s’égrenait pendant deux minutes si on ne connaissait point le code… pendant ces deux minutes, Josef gloussa… silencieusement, in petto donc… puis la porte s’ouvrit, les tubes des cloches bouddhiques tintèrent… il entra… laissa son huis le séparer du monde…
Enfin seul, il s’approcha de ses étagères, telle la bibliothèque d’Alexandrie qui exposait son univers en volumes… l’œil à l’extrême des enfilades… il décela une main espionne qui avait dérangé les ordres… un dictionnaire de l’argot Ukrainien ne s’alignait plus correctement sur le bord de l’étagère… ou régnait la Russie…
La goutte faisait tache…
Bien ! Bien murmura Josef…
« J’ai besoin de savoir ! Résumons ! » Il saisit son manu-script tome VII…
« Pas d’enregistrement… nous sommes entre nous… ça c’est le plus marrant… mais qui croient-ils que je suis ? Hein ? Depuis mon premier souffle je sens le complot… depuis que je connais Franziska… je sais que tous ces gens manigancent… et d’ailleurs si je fus choisi par leurs autorités, c’est que j’étais aguerri, formé, instruit naturellement, je sais que nous sommes toujours espionné par des forces masquées… ce pouvoir né avec moi, naturel un sixième sens un don à nul autre pareil… n’est-ce pas grâce à lui que j’ai pu décoder le François et l’Innu-aimu ? Hein ? Et en plus ils voulaient me tirer les vers du nez par des questions doucereuses… que nenni Messieurs, que nenni… je sais ! Et à présent je vais enquêter… ! »
Le bunker s’assoupit, mais Josef veillait… car en son sein un authentique GI né d’un sang germain géminé d’hémoglobine algonquin métissé de sève française bariolé de Stars and Strippe… autrement dit un authentique US boy… méditait une sortie en costume d’ombre.

« Si vous voulez savoir, comment un US boy se transforme en ombre… lisez la suite… au coin du feu… si vous n’avez pas de feu… pestez contre ces propriétaires qui n’installent pas de cheminées au bois… dans un authentique Feu de Dieu bien sonnant… vous éliminerez vos humeurs et clarifierez votre bienveillante attitude à l’égard de Josef-Jérémie… » 
                                                 Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

                                                                       Gentilés  
                                                                       Si le voulez bien
                                                                       Lisez suite jour prochain
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                                                                                      L’Ange Boufaréu

 

 

 

 

 

 

 

 

Himeji… le restaurant japonais sacré de Josef…

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15… Himeji…  

 L’Himeji est un restaurant dans lequel Josef vient parfois se ressourcer…
Tel le pinus pinea ou pin parasol dont les coques de pins mettent trois ans à murir et offrent leurs amandes aux cuisiniers, Josef avait attendu cinq ans à Yokosuka pour s’offrir une sage maturité… c’est à l’himeji qu’il venait pour sanctifier chaque étape de son évolution…
À présent, il était à quelques encablures de son départ… vers Pittsburgh…
Son show et son vibrant prédicat avaient fracassé le boss du régiment… néanmoins, il ne fut point privé de liberté, il pouvait librement sortir de l’enceinte du camp US militaire retranché, car son génie de traducteur… faisait la différence… les boss avaient des attentions très spéciales à son égard.
Ce soir il va rencontrer Akio à l’Himeji…
Pendant que Parker Barnaby poursuivait le voyage autour de sa chambre, il recherchait le Première-Classe… qui semblait avoir déserté le second paddock de la room n°369.   

La souple geisha de service semblait léviter sur le sol, elle se déplaçait sans à-coups tel un nuage céleste, elle se posa devant Josef au moment où il citait Jérémie le prophète à Akio…
« Je vais m’attaquer à ceux qui prophétisent des songes mensongers – oracle de YHWH, et qui les racontent et séduisent mon peuple avec leurs mensonges et leurs légèretés. »
Dans l’Himeji, nul ne réagit… à quel songe, songeait-il… la flotte US était bien là… dans le port de Yokosuka…
Les convives ne sont ni plus ni moins impassibles qu’avant la citation que Josef a soufflée à voix basse, les assis savourent muettement le gyoza okonomiyaki yakitori… ou le tonkatsu porc pané…
Josef… est connu, on respecte, l’US Boy… de Première-Classe… of course !
Comme chaque fois qu’il vient, il prophétise, mezza voce… il psalmodie sans heurter le décibel du volume ambiant, mais par un réflexe étrange, les convives abaissent le volume de leurs échanges à tel point que l’on n’entend plus que le GI.
Certains convives, sans doute, manient aussi bien les baguettes que la langue d’Edgar Poe, mais aucun indice ne vient révéler un soupçon d’agacement d’incompréhension d’étonnement de réaction voire de curiosité. Le patron de la maison préfère de loin ce discours à ceux de certains guy’s qui ne vibrent point aux sermons de Jérémie et préfèrent les bouteilles de saké, nécessitant parfois l’intervention de l’US-MP en casque blanc.
Elle arrive en Jeep pour saisir les braillards, elle distribue des coups de bâton blanc, un remède pour non voyant devenu, puis un véhicule tout aussi MP emporte la charge vers les cellules du poste de police.
Nous avons visité… ces ergastules…
Nous connaissons aussi Akio… il boit les paroles du GI…
Josef, lui, ne boit que du thé…
Le boss de la gargote peut servir tranquillement… il connaît son Jérémie sur le bout des baguettes…
… le servage total… dit Josef sibyllin… citant Jérémie.
Josef saisit, pensif, selon une délicatesse d’expert, un chirashi-saumon du bout de ses baguettes nacrées.
Akio allait déguster un sushi froid de grains de riz blanc, enserrés au cœur d’un émincé de poisson rose, il immobilisa ses baguettes de bambou… il observa le GI : ce composé composite de cosmopolitisme US qui stationne sur le cosmos de Yokosuka péninsule… là il interrogea sa cosmogonie balbutiante, qui tentait d’expliquer la nature d’un Josef tel un objet cosmique… posé devant lui…
… ton sushi refroidit… susurra Josef…
Alors, Akio sourit et se souvint…
La rencontre fut un heureux hasard comme tant de hasards puisque le hasard fait si bien les choses…
Le GI semblait perdu dans une rue, un plan de la ville à la main. Akio s’approcha, s’inclina devant le GI dérouté en s’adressant comme il se doit dans la langue de l’échoué…
L’Américain répliqua en authentique japonais : « Je cherche le Kotoku-in… et son bouddha. ! »
Akio que personne n’attendait à la maison de ses ancêtres, n’espérait aucun message de ses géniteurs, proposa à ce naufragé de le conduire à Kamakura, visiter le célèbre Bouddha.
Depuis, le GI Josef-Jérémie devint l’alter ego d’Akio… le contraire est aussi pertinent.
Ce même jour, le GI lui attribua le titre « d’aide de camp », ils se retrouvèrent souvent… parce que le hasard fait bien les choses… et qu’il le valait bien !

Akio signifie « brillant et homme : 明夫 » est un garçon plein de bon sens… écrivit Josef dans son manu-script obèse… je vais pouvoir polir mon japonais avec cet autochtone… il est le bienvenu, il m’aidera à réparer l’asservissement de cette terre à l’empire Coca… l’horreur !

Pour Akio, la difficulté provenait moins des citations de Jérémie, le prophète de l’Ancien Testament que de l’origine du mouvement perpétuel de la pensée de Josef.
Les Tagaki, sa famille étaient originaires de la préfecture de Kanagawa depuis la nuit des temps de telle sorte qu’un pli japonais identifiait Akio comme authentique. Ses pensées étaient japonaises, son physique était japonais, ses coutumes japonaises, son vêtement… bon, peut-être… mais son alimentation nippone, ses rêves mêmes se situaient dans le Dai-nippon teikoku… selon la traduction vernaculaire : « Empire du soleil »…
Sa philosophie taoïste tintée de shintoïsme mâtinée de bouddhisme zen sublimé d’un zeste de new-wave kanagawien… lui conférait une spontanéité immobile… quant à son self-control… authentiquement japonais.
Durant tout le trajet qu’ils firent en train pour aller voir le Bouddha, Akio tenta de définir les multiples strates de la pensée de Josef. C’était la première fois qu’il approchait un GI d’origine Germaine… forcément il y avait hésitation sur l’ontologique nature du sujet.
Il était à l’aise… Josef… très à l’aise… Josef était chez lui… Josef… enfin chez Akio, mais cela revenait au même puisque la préfecture de Kanagawa était un territoire conquis par l’US-Land pour cause de guerre… perdue… par eux !
C’est ce que pensait Akio…
… tu es dans l’erreur… émit Josef… qui semblait avoir compris la pensé de son guide…
… l’aisance n’est que le corolaire de la maîtrise de la liberté, sans contrainte de pouvoir exprimer sa vue du monde tel qu’on le voudrait voir advenir !… tu comprends ?
Pour un Japonais envahi par la démocratie US… le propos semblait quinteux…
Et Josef parlait…
Akio entrevit les différentes couches qui construisaient la pensée de Josef. Il navigua de la vieille Europe Luthérienne germaine vers la Révolutionnaire française jusqu’à l’Ouest des durs Primaires cow-boys… puis ce fut la visite des Fathers de l’US-Land du Mayflower doublée par les Algonquins québécois adoubés par Champlain un vertueux French…
Là Akio se perdit dans les profondeurs de la raison lorsque Josef déclara :

… ce fut le jour… où Franziska me fut révélée !

Il allait demander… « mais qui est Franz… »… lorsque le train dans un cahot s’arrêta soudain à la gare de Kamakura, où ils descendirent. Josef prit Akio par la manche de son kimono… et là, seuls sur le quai, il annonça…
… écoute-moi mein Freund… tu ne peux imaginer les yeux de Franziska… le visage de Franziska… l’icône Franziska telle Anna Karénine… Nastasia Filippovna… la Mouette de Tchekhov… ce teint d’albâtre qui élève l’esprit à des sommets stratosphériques… bien au-delà du Fuji-Yama… je l’élue muse lorsque je la vis pour la première fois en entrant dans l’école de Hissa LUNA… et depuis toutes ces années, elle est mon phare ma poésie, mon inspiration…
… songe Akio !
… tu avais quel âge ?
… trois ans et six mois…
… tu étais précoce…
… c’est logique… car YHWH m’avait conçu avant que j’intègre la matrice de Yépa…

Là, Akio perdit pied…
Il songea… enfin, il ne parvenait pas à définir l’origine de la pensée fondamentale du GI… sauf une chose… l’homme blanc appartenait à l’ethnie US-Land, il avait du sang germain, il parlait russe, sa muse s’appelait Franziska… peut-être une transfuge… quant à savoir qui était Hissa LUNA… il renonça.
Peut-être le temps restant de sa présence à Yokosuka… offrirait la connaissance de ce mystère…
… écoute Akio… écoute-moi ! Je suis exilé ici… peu importe le temps qui reste !
Josef avait terminé ses sushis… il attendait son bol de riz gluant servi avec du poisson et des algues… la geisha en grande tenue le surveillait, car le plateau arriva aussitôt, à l’instant de son désir… elle avait un regard précis sur les mouvements feutrés du peuple… elle distinguait l’entrant du sortant, à de mystérieux indices…
… ma faute poursuivit Josef, fut de sublimer Franziska au point de penser et parler rêver en russe… à peine l’avais-je rencontrée que mon univers s’en trouva transformé, je passai d’une galaxie à l’autre en une nanoseconde.
La mutation de celui qui n’est rien et devient tout… je vins me prosterner et frapper trois fois mon front à ses pieds… elle comprit… ses yeux… ses cheveux… sa peau diaphane… ne dirent mot… je vis briller sa passion…
… il y a longtemps ? Osa Akio.
Josef but une gorgée de thé, car même un GI en éprouve le besoin…
… un siècle sans doute, plus peut-être, j’avais trois ans et demi… d’après les témoins.
… ah ! concilia Akio… conciliant.
… mais Hissa LUNA veillait… je ne sais pourquoi… elle m’imposa de ne pas importuner Franziska, moi, mais je suis un bâton de sucre candie je suis doux comme la fourrure d’un lapin rex, je voulais lui susurrer ma flamme. Avec Hissa LUNA, nous convînmes d’un accord équilibré, elle me laissa étudier le russe dans mon coin avec la liberté de conquérir les yeux de Franziska… pour l’instant…
Eh bien mon ami, trois mois après je lisais l’Idiot…
… qui ?
… l’Idiot… un bouquin de Dosto…
… à trois ans et demi ?
… trois ans et neuf mois !
… ça c’est fort !
… j’avais mûri grâce à Franziska… je lisais une phrase… je levais les yeux pour regarder ma Mouette russe… aussitôt mon encéphale intégrait la compréhension russe par simple osmose du regard…
… tu as pu… parler avec… ta…
… non… Akio… un jour… on me l’enleva !
Une sombre histoire, un matin, Franziska avait disparu.
Hissa LUNA en était-elle la cause ?
Josef alors se transforma en fin limier… à force de questionner Hissa et les filles, il apprit que l’école où il était n’en était pas une… le nom de garderie-nursery semblait mieux adapté. Bref, un lieu où l’on parquait les types d’enfants d’étrangers inadaptés… dont les parents pouvaient aligner les $.
À peine quelques familles.
Après une phase plus ou moins longue, il arrivait qu’un enfant parvienne à « s’adapter » à l’US-Land, alors il allait rejoindre le rassemblement normatif des universités toujours accompagné d’un pactole en billets verts.
C’est ce qui était arrivé à Franziska !
… où est-elle ?
Hissa LUNA répondit vaguement…
… quelque part, une autre rue, un autre quartier…
Un soir, Josef monta dans « Rosalie » et toujours debout à la droite de Gottfried, il ferma les yeux et énumérant les croisements, feux, bosses, échafaudages, statues, parc… soudain :
… Gottfried tourne à droite !
… Mensch ! Warum ? ( bon sang! pourquoi? : note du lecteur correcteur)
Josef venait d’ouvrir les yeux de sa nature profonde…
… avance !
Rosalie docile ne regimba point, elle entra dans un espace plus ombragé, aux maisons plus spacieuses, aux portails impressionnants… puis on arriva devant un bâtiment surmonté d’un dôme en or… au sommet duquel brillait une croix bien curieuse.
… arrête !
Josef admira la chose qui brillait…
… c’est là ! dit-il.
… là ?
… là !
… là quoi ?
… qu’elle est séquestrée…
… qu’est-ce que tu racontes… on est devant l’église orthodoxe !
… et alors !
Gottfried pesta, Rosalie ronfla et fit demi-tour pour retrouver la route grégaire conduisant à la ferme des pénates paternels.
… depuis, soupira Josef, je suis poursuivi par cette malédiction qui n’aurait jamais dû advenir si la bulle à Sainte-Sophie en 1054 n’avait entériné le Grand Schisme… tu comprends… l’orthodoxie n’eût point vécu !
Akio écoutait, admiratif… il ne savait pas pourquoi… mais l’admiration convenait bien à ses états de consciences…
Soudain… Josef s’immobilisa…
… écoute !
Akio tend l’oreille… Josef se penche et murmure à voix basse…
… là, à côté de nous… la table… non, ne regarde pas… seulement à la dérobée… tu entends ?
Il n’entendait pas ce que Josef voulait lui faire entendre, il ne décrivait pas ce qu’il prétendait percevoir…
… des Russes souffla-t-il très bas… des espions ! J’entends parfaitement ce qu’ils trament… mais il y a pire !
Akio, en fidèle adepte des arts martiaux, rassembla ses sens, pour les mettre en éveil, c’est la première phase, la seconde étant de reconnaître le danger… y en a-t-il un ?
… la femme pleure ! Murmura Josef…
Akio risqua un œil en tournant naturellement la tête sous la pression de Josef… il découvrit le groupe de quatre hommes et d’une femme qui effectivement pleurait… plus exactement, des larmes coulaient sur ses joues. Elle tamponnait ses pommettes avec un beau mouchoir brodé d’un blason en cyrillique fort reconnaissable à cinq mètres de distance, les hommes mangeaient en silence en levant parfois la tête pour observer la dame.
… ils la séquestrent… comme Franziska…
Akio ne pensait pas la même chose, mais Josef semblait si convaincu qu’il en devint convaincant… le dénouement advint alors même que ses sens de maître ès arts martiaux étaient en éveil, il ne vit point arriver ce coup-là.

Josef se lève soudain…
Se plante devant la table…
Les quatre hommes le regardent…
La femme se tait…
Après un instant de recueillement sans doute pour retrouver un texte d’inspiration égalitaire… Josef se lance sans élan dans un prêche… sublime de beauté… qui illumine sa voix… pendant que les quatre hommes le foudroient du regard… et que les cent vingt-cinq mangeurs… s’immobilisent… cessent de consommer… imaginez deux cents cinquante baguettes en l’air…

«  Ainsi parle le Seigneur aux hommes de Judas et aux habitants de Jérusalem
Défrichez votre champ, ne semez pas parmi les ronces
Soyez circoncis pour le Seigneur ôtez le prépuce de votre cœur
Hommes de Judas et habitants de Jérusalem
Sinon ma fureur jaillira comme un feu
Elle brûlera sans que personne ne puisse l’éteindre à cause de vos agissements pervers ! »

La geisha de service bondit à petits pas, le patron de l’Himeji s’élança à grands pas, les quatre hommes se levèrent pas à pas.
Akio ne savait pas… si le GI pouvait encaisser… la réaction…
Heureusement, l’homme de la taverne s’interposa…
Il reçut la bronca russe qui était destinée au Prédicat… pendant que la douce personne séchait ses yeux aux minuscules serviettes de l’Himeji
…うるさい!Urusai !… psalmodia la geisha, l’autorité de sa douceur fit merveille…
… hommes de peu ! eut le temps de prêcher Josef…
shut up ! en US language… répliqua le Russe…
… ce sont vos agissements pervers qui provoquent la peine de cette dame que vous séquestrez… vous encourez le courroux de Dieu… il ne vous oubliera pas !
Comme par enchantement, surgirent trois policiers Japonais et un couple de MP de l’US-Land… pour apaiser le conflit…
On encadre Josef, il est escorté, il sort par la petite porte des livreurs de légumes du matin, il faut se frayer un chemin dans les buées de la cuisine, ça sent le graillon de poisson, le sol est poisseux d’huile, mais Josef tient debout forcément tenu par cinq paires de bras…
Où est donc passé Akio ?
Il paye l’addition… Sir !
Mais au grand dam du patron de l’Himeji…
Par courtoisie pour le GI, il ne voulait pas encaisser le repas… à la rigueur, avoue-t-il, il ne daignerait pas d’accepter le montant en $…
Akio effectua la conversion, puis prit le même chemin parfumé en glissant pour rejoindre, solitaire, le groupe entourant Josef…
À son arrivée, les forces se divisèrent, les trois policiers Japonais, laissant le GI aux mains de ses MP pour s’emparer d’Akio… qui se vit face à sa police.
Les deux groupes embarquèrent séparément dans deux véhicules…
Nul ne sut ce que devint la séquestrée en pleurs…
Le repas était-il au début du menu ou à un point avant l’ultime plat ?
Le mystère demeure…

« Où l’on comprend qu’il est inutile de s’interroger sans raison sur les larmes d’une dame… sauf Josef… que savait-il… la suite nous le révèlera. » 

                                                     Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

                                                                       Gentilés  
                                                                       Si le voulez bien
                                                                       Lisez suite jour prochain
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                                                                                      L’Ange Boufaréu

 

 

 

 

 

Chapitres 13 et 14 : Révélations synaptiques de Josef…

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13… toujours à la cafétéria : fin du rêve…

… je suis d’accord avec vous lecteur… comment peut-on interpréter ce saut quantique autant que géographique… entre l’hôpital… et la cafétéria du régiment… alors que Josef est en convalescence… ce n’est pas logique…
Mais avez-vous déjà vu un prophète logique ?
Revenons aux sources Bibliques… de l’aveu même des rédacteurs, le livre de Jérémie ne fut pas écrit d’un seul trait… il s’est agrandi par ajouts… c’est-à-dire des paperolles de nouveaux oracles… car la parole prophétique est destiné à être continuellement interprétée…
Interprétons donc !
« Ready ? »

Le sourd tambourinement devint obsédant… assis à la cafétaria, un GI frappait la table à deux mains en cadence…
Josef avait terminé ses curry-wurst… il attendait…
« Oh ! Révérend… tu le lèves ton cul ! On ne va pas s’enraciner à cette table ! »
« Je n’avais pas eu le temps de rejoindre Franziska ! Malgré mes appels transocéaniques, sub-boréals, stratosphériques… où sont mes curry-wurst… dis-je à mes deux protecteurs ?… Là, ayant reluqué mon assiette vide… je fus obligé d’admettre que je pouvais consommer mes saucisses tout en étant en transe ubiquitaire… »
Toujours protégée par les body-guard, la troïka reprit le chemin du bunker.
Autour de lui, des machines vomissaient des documents qui renseignaient « en live » les moindres mouvements de la noosphère surveillée par la lithosphère… voyez ! vous-même…
… un papier décline les mamours cachés d’un dirigeant européen… celui-là nous renseigne quant aux caleçons d’un autre… ce papier retrace les contenus téléphoniques d’une chancelière qui ordonne à sa cuisinière de laisser les saucisses de Frankfurt moins longtemps dans l’eau bouillante, sinon elles éclatent… ah ! un papier qui nous apprend qu’un africain n’a plus de papier-cul dans son palais… celui-là renseigne sur le besoin d’un asiatique venant en voyage dans un pays de la vieille Europe, il décrit son besoin en ces termes : 85-70-95 en 178… moins de vingt-cinq ans un « must »… encore un code qu’il va falloir décrypter… passons.
… tiens un copain de coquin souhaite une avance non récupérable de 25 millions de papiers verts… en échange de corruption…
… parfois, les textes sont accompagnés d’images… un homme une femme un homme… un homme un homme… une femme une femme… un être ni homme ni femme… quel cinéma !
… certains se mélangent…
La banale écume des affaires du monde que brasse les cow-boys étasuniens…
Josef épluche tout ce qui arrive… les pointures des chaussures, les marques des voitures, les comptes en banque, les boîtes aux lettres dans les Îles Caïmans… les listes de téléphones… les ribambelles d’adresses… les pleurs des épouses… et poux !!!
En sa qualité de traducteur émérite du russe…
Ah ! Soudain, la liaison avec Franziska est rétablie… avec elle le souvenir d’un texte qu’un brillant François écrivit… Josef connaissait cette citation par cœur car elle était ontologiquement lui-même jusqu’à sa conscience…
« Je constate d’abord que je passe d’état en état. J’ai chaud ou froid, je suis gai ou je suis triste, je travaille ou je ne fais rien, je regarde ce qui m’entoure ou je pense à autre chose. Sensations, sentiments, volitions, représentations, voilà les modifications entre lesquelles mon existence se partage et qui la colorent tour à tour. Je change donc sans cesse. Mais ce n’est pas assez dire. Le changement est bien plus radical qu’on ne le croirait d’abord. »
Constatons qu’un GI de l’US-Land, basé au Japon s’exprime en philosophiques nuances dans la langue de Molière, forcément puisque sa mère était une Algonquin du Québec, le GI jactait aussi le germain de Gottfried, tout autant que l’innu-aimun de Adahy…
Eh bien, vous me croirez si vous voulez, il se prit de passion du russe, une conversion subite, un jaillissement lorsque qu’apparut Franziska Abracamova…
Ah ! Franziska… sublime poupée Russe…
Dès lors, Josef voulut pénétrer son âme, sa culture, ses rites, ses espoirs, ses élans… et plus tard son corps… alors il se plongea dans la grammaire russe…
La grammaire russe est pour la langue cyrillique ce que la clé anglaise est à Gottfried lorsqu’il répare « Rosalie »… à chacun son outil.
Le jour de cette illumination, de retour de l’école primaire, Josef revint chez lui et se précipita vers l’armoire à livres qui occupait un fond de mur. Il y avait sur les rayons toute la collection des Karl May, son héros Blanc Old Shatterhand et en brave l’Apache Winnetou, puis venaient les frères Grimm, les Buddenbrook de Thomas Mann, un tas de revues sur les maçons en truelle, la mécanique, l’élevage des porcs, les labours, la culture des Kartoffeln… mais pas un livre Russe en russe…
Ce fut l’horreur, Josef hors de lui, fustigea cette communauté qui ignorait les autres peuples au point de biffer d’un trait la Sainte Russie qui produisait de si mignonnes filles. Il ordonna à Gottfried, qui pestait dans ses bretelles, de remettre « Rosalie » en ordre de route pour aller sur-le-champ acheter une grammaire de russe. Ce fut un voyage éprouvant, Gottfried ne se sentait pas capable de réussir cet exploit. On laissa Willibald aidé d’un groupe d’Indiens de passage, le soin de garder la maison et « Rosalie » consentante transporta Gottfried Adahy et Josef à la librairie scolaire du centre de la ville.
Ils entrèrent suffoqués par le nombre de livres qui garnissaient les étagères. Josef maîtrisait la situation, il se dirigea immédiatement vers le rayon de la littérature Russe, il choisit une grammaire et au hasard, qui fait si bien les choses, ajouta un livre de Dostoïevski dont personne ne sut déchiffrer le titre «Идио́т»… mais tous apprirent bien plus tard que cet in-quarto était « L’Idiot »
Trois mois après cet achat Josef lisait L’Idiot dans le texte… enfin un «digest» selon l’expression du Nouveau-Monde, car ici nul ne voulait s’attaquer à un livre de mille pages. Donc pour faire vite et bien, un élagueur sabra les descriptions inutiles pour ne retenir que la folie du personnage central le prince Léon Nicolaïevitch Muichkine, sa folie pesait bien deux cents pages… que Josef but comme du petit lait. Il faut dire aussi que « Rosalie » docile sortit le lendemain de l’achat de la grammaire pour refaire le même chemin afin d’acquérir un dictionnaire.
À la librairie scolaire on ne trouva pas de dictionnaire russe-Innu-aimun… en revanche, il y avait gros pavé anglais-russe… français-russe… germano-russe, ce fut le dernier qu’il élit selon l’excellent argument quant à la proximité géographique des deux pays, puisque Catherine II de Russie était Allemande… bien qu’éduquée par une Française.
« Depuis le jour où je m’étais prosterné devant Franziska… j’avais décidé de l’éblouir… car devant ce soleil que pouvais-je faire de mieux ? Sauf que Hissa LUNA, c’était le nom de notre taulière, vous vous en souvenez sans doute avait planté son index boudiné sur sa tempe droite en signe de codification extrême… que je compris plus tard ! Je l’avais laissée à ses mimes… en me disant « attends ma cocotte ! » Deux jours après j’arrivais avec ma besace que je nomme affectivement « ma biasse » et je m’encagnais au fond de la classe, là, je ne bougeais seulement que pour tourner les pages de ma grammaire et de mon «Идио́т».
Soudain, une furie sub-saharienne fond sur moi, Hissa LUNA soi-même… vociférant…
« Hé, le germain-choucroute, tu lèves ton cul ! Et tu te radines ! »
Je ne bronchais pas… « Non mais tu crois qu’il va venir cette petite crotte, magnes-ton derch… on va étudier les diversités des saucisses… au pluriel et au singulier… Ah ! Ah ! Ah ! »
« C’est marrant ! » dis-je, mais je ne bouge pas…
Voilà la matrone qui rapplique…
Alors, je me lève et de toute la hauteur de ma petite taille… je hurle  « Je te conseille Hissa LUNA… de me foutre la paix… j’étudie ceci ! »
« Quel caractère… et même pas quatre ans… ! » elle saisit les deux livres… les regarde… me regarde… les regarde… ça va c’est bon… puis elle hurle à son tour :
« Venez voir les filles ce que le germain Josef étudie…
Les filles accourent à leur rythme calme retenu pas de stress… et regardent…
« ben c’est quoi ?
« du russe !
« ah ! bon!
« ce merdeux étudie le russe… et nous on est seulement à la globalisation des substantifs que personne n’y comprend goutte… y faut le balancer à la fac…
« en culotte courte, à trois ans et des poussières!
« pourquoi pas…
« on ne le prendra pas…
« alors on le garde…
« s’il est sage !
Depuis ce jour-là Hissa LUNA et les filles regardèrent le Germain grandir dans son coin… pendant que Josef regardait Franziska sur son monticule… qui se bonifiait.
Nonobstant… les filles et Hissa LUNA, lorsque Josef épuisé par la lecture de la grammaire russe et ses traductions de L’Idiot s’effondrait sur le sol et dormait comme un grenadier après une charge contre les vandales, elles arrivaient à pas de loup telles des Apaches pour glisser un coussin sous la joue de Jérémie-Josef le couvrir d’une grande étoffe en poils d’authentique guanaco.
« Il est chou ! Quand même ! » Chouchoutaient-elles.
Il arrivait même que, le soir venu, Gottfried et Rosalie attendent dans la rue l’arrivée attendu de l’écolier en culottes courtes. Le flot des mômes s’écoulait accueilli par les parents, voisins, tantes, pépés, mémés… mais pas de Josef.
Il dormait, alors bonnes filles, ces dames chargeaient Josef sur leurs opulentes poitrines et telle la brebis égarée, l’apportait tout chaud au berger Gottfried…
« C’était le meilleur moment de ma jubilation… souvent, je simulais le somme profond… je les entendais jacter dans mon espace ontologique… elles étaient douces gentilles prudentes comme des mères poules, sans doute parce que j’étais inerte comme un œuf. Car lorsque j’étais debout dynamique, je recevais d’autres propos plus corsés, tel le « Josef amène ton cul… ou attend que je te botte les fesses ! »
C’est étrange comme les femmes peuvent changer de nature suivant l’état du gisant.
J’avais constaté le même fait dans l’église de Saint-Éloi, elles courbaient la tête lorsque le pèlerin de Byzance se présentait debout auréolé… avec moi elles s’agenouillaient pour me soutenir telles des Piétas michélangélesques… j’en jouissais d’aise… déjà !
Hissa LUNA me portait sur ses gros seins, elle sentait le chocolat au lait qui me ravissait… comme ce réceptacle était doux. Parfois geignant de rêve, j’empoignais à pleines mains cette chair appétissante.
Et Hissa LUNA riait comme une Louve de Rome…
« Il travaille trop ! » disait Gottfried.
« Bah ! » disait Hissa LUNA.
« Mais il est sage ? » questionnait Gottfried.
« Quand il dort… il est chou! »
Parfaitement éveillé après ce petit moment d’effusion des sens, je sautais dans la Ford F2 du Vater et debout à la place du mort pour mieux voir la route, je mémorisais chaque maison, chaque rue, chaque croisement… je comptais le nombre d’arbres, de bancs publics, de cabines téléphoniques, de panneaux indicateurs, de feux de croisements… je parvins ainsi après quelques mémorisations totales de l’école jusqu’à notre ferme à stocker toutes ces données…
Ce jour-là, je montais dans « Rosalie, je m’accrochais au tableau de bord au-dessus duquel pendait un chapelet de Saint-Éloi et les yeux fermés je décrivis à mon Vater chaque point de la route sur laquelle nous étions, j’avais intégré la vitesse de « Rosalie » qui respectait à la lettre les ordres de vitesses imposées par le sieur code de la route…
« Là on est devant la maison jaune !
« Ouais ! » confirmait Gottfried…
« Là, c’est le carrefour, où un jour tu as renversé la voiture du laitier !
« Oh ça va… on le sait!
« Pourquoi tu t’arrêtes, chaque fois pour saluer madame Schreiber… au kiosque des journaux… tu l’aimes bien celle-là ?
« J’ai rien dit !
« Tu as lâché le volant de la main gauche pour la saluer !
« Bon !
« Ah ! Ah ! Tu n’as pas pris la route habituelle… tu as tourné à droite après la cabine téléphonique que des voyous ont fracassée… pourquoi ?
J’ouvrais les yeux… Rosalie faisait une boucle pour aller chercher des semences de patates chez le grossiste Bauer pour la prochaine saison de « Kartoffeln pflanzen »… Gottfried, ne m’écoutait jamais… hélas ! »

14… tous ces flash-back furent causés par la lecture du papier du journaliste « Bobo » lequel article provoqua l’envie de manger trois curry-wurst et à présent… Clausewitz…
« La guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens. »
… a dit Clausewitz… vous devriez le savoir… vous êtes d’une indigence crasse pour un traducteur… Clausewitz n’a jamais dit :
« La tartufferie n’est rien d’autre que la contribution du conseil éclairé par d’autres moyens ! »
Le vis-à-vis remua quelques papiers, devant lui, cherchant ses mots, levant la tête, regardant Josef… il doute, s’interroge, il tergiverse… pensa Josef…
Il faut savoir… que Josef était devant le nouveau boss… puisque Barnaby Parker était en rodage à l’hosto…
Un colon… débarqué ici sans viatique… vierge… est-ce possible pour un boss ? Pouvons-nous douter des décisions de la Military US-Land ?
Josef-Jérémie, était donc au g’ar’d’à’vous qui comme chacun sait, dans le quotidien de l’armée US ou de toute autre bidasserie, est une position qui tend à fixer le raidissement roide de la colonne, des pieds, des bras, de la tête… pendant que le regard se projette horizontalement à quatre-vingt-dix degrés par rapport à la verticale… « en même-temps » la position impose l’inertie du bulbe rachidien… avec l’injonction… shut up.
Josef-Jérémie se taisait et écoutait, y compris les dérélictions de l’être supérieur… en grade… jusqu’à ce que le hiérarque épuise souffle :
… repos !
Alors… le reposé put répondre…
« Krieg ist die Forstung der Politik mit anderen Mitteln » A dit Claus… Sir! »
… bon… inutile de rugir ! D’ailleurs, ce n’est pas le sujet ! Asseyez-vous !
Josef posa son cul…
… hum ! Vous avez décrypté un message en Innu-aimun, qui appelle des questions
… petits… petits… petits… venez voir…
what are you saying ?
… j’appelle les questions…
… non mais… ça va la tête… j’m doute… voyant l’art avec lequel vous traduisez Clausewitz… enfin… je m’interroge sur votre compétence ! Car « La tartufferie n’est rien d’autre que la contribution du conseil éclairé par d’autres moyens ! » n’est pas une traduction, mais une grossière interprétation… de même que ce texte « en françois-ancien »  qui prétend… où est-il… ah ! le voilà… je lis…
… une trombe en françois-ancien est, en fait une trompette… ou plus simple une trompe… que l’on peut traduire par Trump… en fait un Trump qui paraît sain mais qui claironne faussement… mais malsain… car en état de tartufferie…
Le colon le regarde attentivement… puis… avec un ton de commisération attendrie… assène syllabe après syllabe…
… pour vous Première-classe… il est temps de retrouver vos terres…
Puis, il lit :
… je cite le texte du cacochyme… François :

     « La trombe fausse dissimulant fol
Fera Byzance un changement de loi
Hystra d’Égypte qui veut que l’on délie
Édit changeant monnaies et lois.
 Et c’est signé : Les Tortues Blondes… via Nostradamus. 

Il jette le papier sur la table… sarcastique… c’est lui le sarcastique, pas la table(sic)
… v’foutez de ma gueule Première-classe Schmitt !… et c’est signé : Les Tortues Blondes… qu’est-ce que ça vient foutre ?
… Via Nostradamus… il faut préciser… Sir !
… et pourquoi pas Lao Zi… Bouddha… Copernic… l’Ange Gabriel… Mère Thérésa…
… pourquoi pas en effet… Sir !
Le colon se situait sur une ligne de crête… d’un côté un colon fraîchement nommé… tel celui qui ne parvient à s’accrocher à aucune aspérité sur une surface abyssale lisse comme les fesses d’un nouveau-né… de l’autre, un colon bourré de pouvoir en devenir qui va exploser en vomissures éructations salmigondis de banalités bien sentis du supérieur au minus.
C’était ce que Josef décodait dans le regard du colonel… lequel conclut par un :
… alors ?
… alors quoi… susurra Josef… qui avait bien compris que le colonel n’entravait rien…
Et soudain, dans l’espace interne multi-connecté de son encéphale, se substitua une image subliminale en transit… Franziska prit la place du colonel, et Josef vit…
… alors, répéta Josef patelin… je crois que les oracles sont très précis du côté de Moscou… ils n’ont besoin ni de Lao Zi… ni Bouddha… ni Copernic… et encore moins de l’Ange Gabriel…
… c’est ça… après l’Innu-aimu… le vieux François… nous voilà à Moscou… et qu’est-ce qu’on fait à Moscou…
… là-bas la trompe trompétait tel Trump lui-même… Sir.
Le colonel se cala dans son fauteuil, il ne parvenait pas à intégrer les révélations prophétiques… lentement, il pénétrait de plein cul le fond du siège… comme pour se protéger de la vérité venante…
… vous êtes un abracadabrantesque Première-classe… entendez ma plainte… vous allez me refaire le coup de votre laïus sur le podium lorsque nous attendions le général.
… qui sait ?
Et Josef s’illuminait d’étincelles quand l’autre s’agitait sur sa balancelle… les deux GI, MP de sécurité qui assistaient constatèrent que la peau du hiérarque prenait une couleur terreuse, ce qui est rare lorsqu’un boss est assis en face d’un minus… lequel inférieur se leva comme un chef lumineux et se mit à faire les cent pas devant… le liquéfié… allait-il vers le même infarctus que Barnaby ?
… effectivement… vous vous souvenez… j’avais cité « La tartufferie n’est rien d’autre que la contribution du conseil éclairé par d’autres moyens ! »… n’est-ce pas ce que nous faisons ici ? Au Japon ? J’ai substitué guerre par Tartuffe… et politique par conseil éclairé … en réalité je rétablis la vérité… que vous ne voulez pas voir même si elle avait été annoncée par l’Ange Gabriel…
Pour ce qui concerne les Tortues Blondes ou Nostradamus… vous voulez faire de même… ne pas voir ne pas entendre ne pas dire… échafauder des théories complotistes fumeuses… de petits singes…
L’autre jaillit du fond du fauteuil et se précipita sur un Wrigley’s Freedent au chocolat qui allait lui parfumer la cervelle, car il se mit furieusement à mastiquer telle la vache Milka.
Le discours que Josef-Révérend exposa posément décomposa le ruminant… ce fut ce moment où le colon demanda un « break » qui provoqua une pause…
Car la mastication au fond est un ersatz permettant à l’officier d’installer son théodolite, appareil militaire de visée utile pour faire le point, et mettre en parallèle les enseignements de West-Point et les théories de Clausewitz revue et corrigées par un première-classe
Car la pensée dominante de West-Point se traduit en conseil aux peuples de bas étage… ils sont diplomatiquement calibrés par la diplomatie militaire qui s’évertue à livrer des textes selon ses consignes simples, pouvant se traduire… disons-le sans ambages par une liste, de type :
« La démocratie US est la religion de tous les commerces… convertissez-vous ! »« Cette base militaire est en quelque sorte une avancée de la culture… étasunienne, une base culturelle… un club, du type Med ! Et cœtera »
« Un bon Indien est un Indien mort. »
« Ici et ailleurs dans le monde entier : nous sommes aussi en « pays indien. »
« no parking, no business »
… mais la conclusion reste toujours la même : « Gare ton cul que je m’y mette… US-Land Über Alles ! »
Chaque apophtegme-conseil que Josef énonçait, jaillissait comme une balle de Winchester… le colon s’encastrait toujours plus dans le cuir du fauteuil jusqu’à ne devenir qu’une ombre…
Entre deux mastications… il tentait de reprendre son souffle… l’infarctus était proche…
… si la culture se résume à imposer au Japonais… Philippins… Javanais… Vietnamiens… Africains… Latinos… Vieille Europe… le hamburger bourré de ketchup… alors cette base est vraiment l’avancée majeure stratégique triomphante de la culture démocratique US-Land pour que les navires battant pavillons portoricain puisse livrer en conteneur la barbaque Milka en quartiers palpitants congelés…
Survolté le colon jaillit du fond de son abysse…
… vous êtes un rouge… Première-classe Schmitt… savez-vous que vous êtes à l’origine de l’infarctus de votre chef d’unité ?
… vous êtes aussi sujet aux infarctus ?
… parlez-moi franchement Schmitt !
… yes Sir !
… laissez tomber le Sir…
… sur quoi dois-je le laisser choir… Sir ?
Le colonel haussa les épaules de désespoir, il se pencha par-dessus la table, il regarda longuement Josef… qui se pencha sur la table dans la même attitude…
Les grincements des synapses restantes du colon étaient palpables…
À voix basse, presque confidentiellement, comme à regret, il confessa :
… que va-t-il se passer… Josef ?
… j’ai déjà traduit le Old François : Nous aurons un Trump qui paraît sain mais qui en réalité ne le semble pas… car en état de dissimulation totale.
… vous en êtes certain ?
… vous êtes certain de ne pas être sujet aux infarctus… considérez ce simple fait : le cœur de mon colon oublia de battre… sans raison aucune… était-ce prévisible… donc tout est imprévisible… y compris la trompe de mon François…
… vous oubliez l’hypothèse de sa promotion… votre faute, votre palinodie, votre mascarade fut un coin enfoncé dans la gestion de la carrière de ce chef d’unité… par votre « prédicat » vous avez certainement compromis sa nomination à sa première étoile de général…
c’est lui… Parker… qui a prétendu que le général devait annoncer l’étoile… difficile est, verum audire !
… si vous voulez… moi, je ne veux pas suivre le même chemin…
L’officier s’élança vers une nouvelle charge masticatoire, indice d’une intense recherche dans les stockages de sa pensée quant au texte latin émis par Josef…
… il semblerait que nous ne sommes pas sur les mêmes positions que celles du général Custer… argua-t-il triomphant.
… celui qui éradiqua les tribus indiennes. Sir ?
… c’est vous qui le dites. Josef.
… ah ! vous pouvez être fier… Sir !
… il paya de sa vie… Josef !
… vous oubliez les soixante mille Indiens qui périrent… grâce à lui ? Sir ?
Les galons du gradé vibraient breloquaient se trémoussaient sur le poitrail musclé irrigué de sang démocratiquement… étatsunien…
Première-classe Schmitt… je vous fous mon billet que si vous me faites chier avec vos sermons à la Pythie… je vous flanque au trou… pour au moins cent ans… c’est clair ? Maintenant, vous me trouvez les confirmations de vos prophéties dans tous les messages qui arrivent de Moscou, d’ici, de là, d’ailleurs, de la lithosphère, de la noosphère et du cosmos…
… c’est clair ?
Et Franziska afficha son doux visage… pour confirmer son assistance…
… merci Franziska !
… c’est qui ?
… ma Pythie !
… rompez !
Et Josef « rompa »… rompit voyons, ça c’est correct… mais… Josef « étaitému » l’erreur était logique…
« Comme quoi, il n’est pas nécessaire de connaître le latin pour être colonel!
Ni savoir conjuguez le verbe rompre pour être auteur de ce texte… le relecteur corrigera ! »
En compagnie de Franziska Josef se retirait… laissant les cinq barrettes inerte…
… mais, si je comprends bien… susurra Josef… le deal que vous me soumettez est :
« Hé/Ho Josef… livre-moi les secrets de la trompe du cacochyme François en échange d’une étoile qui fera de moi un nouveau général !… c’est pas ça ? »
… Jos… je vous fous…
… O.K, mais avant de quitter cette turne… je dirai tout…
Et comme un seigneur… Josef se retira… encadré par le colon fracassé comme celui qu’il remplaçait…
… ce fut le manu-script qui reçut le message :
 « l’oubli détient le pouvoir et le sens du secret ! » a dit un vieux François…
Vous vous souvenez lecteur, que Barnaby n’avait pas réagi lorsque Josef lui avait révélé qu’il avait côtoyé Casque d’Or à Moscou… l’autre, le colon de remplacement suppliait Josef de lui bailler : « livre-moi les secrets de la trompe du cacochyme François en échange d’une étoile qui fera de moi un nouveau général ! »
… ils étaient tous les mêmes… illuminés par les étoiles… qui absolvent toute tartufferie…

                                                        Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

                                                                       Gentilés  
                                                                       Si le voulez bien
                                                                       Lisez suite jour prochain
… vous pouvez aussi charger le lien des éditions Alain Iametti sur votre moteur de recherche : https://www.editionsalainiametti.com/
vous trouverez les opus édités…
                                                                                           
L’Ange Boufaréu

      

 

Où il est question du Pittsburgh Tribune Review daté de la Toussaint 1882…

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12… où Barnaby reçoit un article antique du Journal Pittsburgh Tribune Review… daté de la Toussaint 1882…  

 

Barnaby semblait de plus en plus guilleret… Josef inerte à côté… forgeait… son futur…
… c’est long… la construction d’un prophète… très long… oracle de Josef !
Impatiente, la main de Parker pesa sur l’épaule du gisant pour qu’il s’ébroue… ce faisant, il interféra dans une communication stratosphérique que Josef venait d’engager avec Franziska… le contact brouilla la fréquence et brisa la transmission…
L’autre main tendait 397 feuillets cryptés à décoder et à corriger, car la mission de Josef incluait aussi les corrections orthographiques… ici à l’hôpital du corps d’armée à Yokosuka base militaire avancée de l’US-Land dans le Pacifique…
Josef eut un bref mouvement statique des lèvres… elles éructèrent… muettement…
Parker ne perçut point l’irritation, il feuilletait les liasses reçues… en même temps il méditait sur l’inutile foisonnement des langues : l’US-langage était bien suffisante… lorsque son attention se polarisa sur une copie d’un article d’une feuille de chou…
C’était un article du Pittsburgh Tribune Review familièrement surnommé le Pitribu  par les gentilés autochtones de cette ville, sous la plume de Robert Le Bond plus souvent appelé Bob Blond que l’histoire locale immortalisa sous le nom de « BoBo ».
Lequel Bobo un peu gauchiste socialo analysait les transhumances des coreligionnaires de Josef.
Pour votre information, ce journal fut créé au milieu du dix-neuvième siècle, s’appelait Greensburg Daily Tribune. Il changea de nom pour diviniser la ville de Pittsburgh.
Rappelons aussi que Calvin Schmitt l’ancêtre de Joseph posa le pied sur la côte Est après son voyage avec le Mayflower, en 1620… puis vint s’installer ici même à Pittsburgh…
On l’a déjà dit…
Bon, bon… mais… l’art de la répétition… est aussi un mode d’expression… si bien que nul ne sut pourquoi cet article arriva dans une liasse de papiers classés :
« Super Top Secret Défense Renforcé Take Care. » en rouge saignant.
Barnaby tourna et retourna le papier…
… Josef… écoute… je lis… ça va te rappeler tes culottes courtes…

Pittsburgh Tribune Review : un article de Robert Le Bond plus souvent appelé Bobo…

 « De Bob Le Bond : historien-journaliste du Greensburg Daily Tribune en ce jour de Grâce le mercredi de la Toussaint 1882 priez pour nos morts.
6 :10 a.m.

Ailleurs, loin au-delà de nos frontières, des mouvements surgissent, ils auront sans doute de graves conséquences que nos citoyens libres de Pittsburgh doivent connaître.
Le 1er septembre les pangermanistes autrichiens dirigés par Georg von Schönerer élaborent le programme de Linz qui appelle de ses vœux la formation d’une Grande Allemagne. Gageons que ce mouvement au nom bien curieux de national-allemand… restera dans les limites de la sémantique et de la démocratie telle que l’US-Land la conçoit.
Néanmoins, ce projet a déjà des échos pour notre population.
De nombreuses familles de la Vieille Autriche et de l’Antique Allemagne fuient, effrayées par cette révolution nationale et socialiste. Je suis allé les rencontrer dans un quartier à l’Est de notre ville.
Là, vivent des familles dont les mères sont mortes de fatigue… les pères morts de boissons… ces gens seraient-ils exploités en dehors des lois de notre grande démocratie par des verriers ?
Nous avions peine à le croire ! Je voulus en avoir le cœur net.
Imaginez un espace où le lumpenprolétariat : un prolétariat en haillons, c’est la traduction… de la Mitteleuropa s’est installé aux portes de Pittsburgh.
Ce peuple industrieux maîtrisait Vulcain et la science du feu… aussi bien que les cow-boys manient les « colts à six coups »
L’essor du Bourbon avait favorisé la fabrication du flacon.
Or, des voix des dogmes des prêches des liturgies des confréries des églises… s’élevèrent contre les Bourbon : des nobles Frenchs… alors périclita la fabrication de la fameuse « bottle » et le « lumpenprolétariat » devint encore plus « lumpen » autant que « prolétaire ».
Quelle tristesse de voir ce peuple perdre son gagne-pain. Les usines furent bouclées…
Quand…
Un shériff futé… s’éleva contre cette décision : celle de fermer les verreries…
On l’encensa… bien que le motif ne soit… pas très pur…
Le shériff publia un remake d’un diktat qui dictait : « L’alcool est bon pour la santé des Indiens ! »
Il faut savoir que ces autochtones, les Indiens en somme, avaient l’outrance de s’opposer aux envahisseurs qui voulaient cultiver les terres occire leurs bisons leurs dindes et leurs coyotes… et ça c’est insupportable.
Le shériff sous-entendait que le Bourbon était un excellent support pour dérider les Indiens lorsque le cow-boy présentait un acte d’achat des terres de cet empêcheur de tourner en rond.
C’est ainsi que l’on sauva la « Mitteleuropa et ses lumpenprolétaires »  en attisant les feux… avec « l’eau de feu »
Plus tard, déjà, hélas… les usines subirent une seconde couche de périclitassions… avec l’arrivée des produits made in China, India, Corea, Ecœtera.
Mais les « lumpenprolétaires » avaient changé de métier… ils étaient devenus « traders » sauf quelques familles comme les descendant du vénérable Calvin Schmitt qui forgeaient toujours… tous les métaux… rassemblés dans une holding… standing…
À présent, la banlieue de notre ville ressemble à toutes les banlieues états-uniennes… grouillantes autant que multilumpen. Un no man’s land où le danger cohabite avec toutes sortes de soucis bien de chez eux !
L’espace est une désolation où survivent quelques maisons qui sont occupées par des ouvriers oubliés des autorités.
Ils vivotent en élevant des poules, des lapins, des cochons que l’on entend hurler à mort les jours d’automne au petit matin blême lorsqu’on les saigne.
Les enfants jouent dans les ruines des usines, l’herbe, des antiques prairies disparues où venaient paître jadis le sublime bison, envahissent à présent les ateliers, selon l’expression : « la nature reprend ses droits… » nul ne savait que la nature avait des droits et qu’elle les avait perdus… on se perdait en con-jectures sur cette nature…
Des arbres avaient même percé les dalles de béton, en s’élevant ils fracassèrent les verrières et les toits.
Au-delà de la ville, d’autres usines furent construites loin de ces zones malsaines, ce qui eut pour conséquence d’augmenter le trajet des migrants pour rejoindre leur travail.
Or, l’industrie ne pouvant se passer de cette main-d’œuvre.
Pour éviter qu’ils ne se fatiguent en quittant l’espace de travail pour se restaurer, elle imagina de verser une prime dite « de panier » qui était composée de deux oboles, en quelque sorte un sacrifice que faisait l’industriel pour ces respectables techniciens qui travaillaient dix heures par jour et sept jours par semaine.
Tout d’abord, la prime de panier offrait de verser le prix d’un pain et d’une saucisse à chaque ouvrier… une révolution que les concurrents dénoncèrent près les tribunaux à cause du « dumping social ». L’expression prit corps à cette époque.
Un second versement était attribué chaque jour, le matin même de l’arrivée de l’expert en verrerie, il recevait six litres de liquide trois litres d’eau et trois litres de vin blanc… certains offraient même six litres de blanc… de la vigne Riesling acclimatée ici, plantée par des vignerons rhénans …
Il faut savoir que le travail du verre est éprouvant, or, la population authentique de la banlieue de Pittsburgh avait perdu ses compétences verrières… le Riesling fut un excellent remontant…
Si bien que migrèrent des migrations de migrants de tous bords… ceux de la Milleteuropa qui occupaient déjà le terrain encadrèrent les arrivants… une vraie tour de Babel où l’on parlait mille langues…
Le peuple fut embauché au prix fixé par la désinflation salariale qui consiste à poser cette équation claire : dix dollars pour deux travailleurs ou bien dix dollars pour cinq travailleurs… or, il y avait tant de « lumpen » que la norme s’établit à dix dollars pour dix travailleurs.
Ainsi, le prix de la saucisse : la Wurst s’explique par l’origine des travailleurs venus de l’ancienne Europe, bassin germanique s’entend, on ne sait d’où vient cette caractéristique : les litres d’eau et les litres de vin… blanc pour lutter contre la chaleur des machines… sans doute !
Sachez que le verre coule à 1450 degrés centigrades… forcément, il faut calmer sa soif !
La criminalité de ces zones de lumpenprolétariat était galopante, même la pègre italienne de la ville avait fui devant la férocité des habitants.
Dans notre ville se produisit un événement peu connu.
C’est à Pittsburgh, en 1885, que les rabbins réformés adoptèrent une déclaration dite :
« déclaration de Pittsburgh qui affirme que le Judaïsme est une religion en création constante, s’efforçant toujours d’être en accord avec les postulats de la raison. »
Fort bien… ça semblait simple…
En réalité, le peuple de la vieille Europe déclarait pratiquer une religion surtout si elle pouvait lui ouvrir les portes d’un business… les religions chrétiennes réformées étaient majoritaires, mais il y avait un pourcentage non négligeable de pratiquants du livre plus ancien encore je veux dire la Thora, le livre des enfants de Abraham… or le peuple germain et le peuple juif ashkénaze ont en commun la langue allemande… très proche de celle pratiquée par les élus de Jacob que l’on nomme yiddish, une sorte de dialecte… ce qui facilita l’intégration.
A présent, il est possible d’interpréter le sens de la déclaration de Pittsburgh quant à « la religion en création constante » et surtout celle « de s’efforcer d’être en accord avec les postulats de la raison »
Car souvent la raison a raison des postulats sans raison… surtout ceux en verts billets…
Tous optèrent pour l’oncle Sam et sa couleur de l’espoir… calviniste, ashkénazes, londoniens, irlandais, napolitains, siciliens et tant d’autres… sauf les Indiens…
Il faut signaler une enseigne remarquable : Zur Alten Schmiede, où cohabitent des Germains et des Indigènes… ce qui m’étonna fort !
Les Indiens… par ailleurs… il en restait quelques-uns, sans doute grâce à leur sobriété… on les parqua dans une réserve… là on les oublia… pour quelques temps…
On dit que c’est dans cette alchimie que se développa les embryons du futur, souvent dès l’enfance se détectent les prophètes, je ne manquerais point de vous en faire part, si le cas surgissait.
Signé : Bob Le très Bond… depuis notre cité bien aimée à Pittsburgh

… tu t’en fous ?

Josef se taisait, il était concentré…
Certes…
Ce papier n’était point inutile pour comprendre le cas culturo-ethnico-socio-éduco de Josef… ça ne servait à rien pour l’instant… or le lecteur a soif de savoir… donc.
On sait depuis le début de cette lecture que le gisant était né dans ce bain total progressiste constructeur. Ses géniteurs par chance, pour l’avenir des buildings n’avaient trouvé que de l’herbe à bison à leur arrivée… un délire d’espace à bâtir en somme. Ils s’en donnèrent à cœur joie, car depuis la pose de la première-pierre de Pittsburgh et à chaque génération… il y avait un Schmitt… créateur de la ville en Pennsylvanie en US-Land.
C’est dans ce melting-pot que Josef-Jérémie acquit quinze langues presque maternelles et une douzaine qu’il babélisait pour la suite.
… Oh ! Josef… tu t’en fous… répétait Barnaby.
Non… Josef avait bien écouté et digéré le texte de Bobo avec attention… à tel point qu’il était partagé entre deux attitudes… l’une toute chaude, sortant d’entre les lignes de « Bobo »… il subit un délire de la faim… il avait une irrésistible envie d’un « curry-wurst »… sa « madeleine » une saucisse chaude baignant dans une sauce au curry… que l’on trouve à tous les coins de rue de Pittsburgh… et l’autre de se concentrer sur le papier 396 que tenait Barnaby…
Il ne savait pas l’officier qu’il tenait une révélation…
Josef avait traduit les autres en un clic…
Dans le dernier… le « Top Secret Défense » n° 396… the last… le top du top… en red color…
Parker énonça en langage US, écoute-moi : now… don’t cut me…

 Josef lut :

   « La trombe fausse dissimulant folie
        Fera Byzance un changement de loi
            Hystra d’Égypte qui veut que l’on délie
                  Édit changeant monnaies et lois. »
                                         Et c’est signé : Les Tortues Blondes…  

Aussitôt Josef identifia l’origine, il annonça haut et clair :
« C’est une prédiction d’un vieux cacochyme François… fin de l’époque médiévale… à la frontière de la Renaissance : l’unique Nostradamus.
« Un médiéval triomphant ou gothique ! » ironisa Parker qui se voulait savant.
« Plutôt médiéval-moyenâgeux… » Susurra Josef !
« Mais que signifie « trombe fausse ? s’enhardit Parker…
« Une trombe en françois-ancien est, en fait une trompette… ou plus simple une trompe… que l’on peut traduire par Trump… en fait un Trump qui paraît sain mais qui en réalité est fou… car en état de dissimulation ! »
« Il y a encore un message ! »
Josef fut repris par les réminiscences du curry-saucisse chaude…
« Plus tard grasseya Parker Barnaby… t’as pas tout dit. »
Et Josef derechef poursuivit :

    « Le grand bawler sans honte audacieux
              Sera élu gouverneur de l’armée
                        La hardiesse de sa prétention
                                    Le pont rompu, la cité de peu s’évanouit
                                               Et c’est signé : Les Tortues Blondes… via Nostradamus. » 

 « Ah ! Ah ! Triompha l’officier supérieur de supériorité… ainsi notre futur bawler sera gouverneur de l’armée… fort bien…
« Oui !
« Première classe Schmitt… tu confirmes ce message ?
« Oui !
« Il y a une suite…
« Certes… mon colon !
« Ah !
« Nonobstant et sauf ton respect Parker… l’élu est noté « bawler »
« Et alors tous les élus ne sont-ils tous point des « braillards » ?
« Oui, mais…
« Première classe Schmitt… prenez garde à vos interprétations farfelues, le début me semblait réglementaire… la suite l’est moins…
« Sauf votre respect Sir ! Le criard-gueulard, si je traduis, va nous foutre une troisième guerre mondiale… c’est ce qu’a dit la prédiction du cacochyme François…
« Songe Première classe Schmitt… aux promotions que la guerre annoncée va nous offrir, nous les gardiens du temple… de la démocratie libre… servir la Bannière Etoilée… sous toutes les latitudes… une guerre… quel bonheur !
« Parker… tu n’as aucune estime pour ma source… le cacochyme François qui vient de te donner l’avenir proche…
« Je songe aux promos… moi…
« Et moi aux alliés que vous balancez depuis 1492…
Parker jubilait… d’émotion en pensant à sa première étoile… il n’entendit point cet aparté qui en réalité lui était destiné comme tous les apartés qui se respectent…
Alors… Josef se leva…
… où tu vas ?
… ta lecture m’a donné faim d’une « madeleine » je vais manger un « curry-wurst ».
Mais Josef s’arrêta devant le colon renaissant.
… dis-moi Parker… ce type qui postule pour obtenir l’investiture… c’est pas lui que tu as accueilli… en son temps à Moscou ?
Parker muet resta coi…
… Jo… j’o… j’ose pas mais il m’a semblé que…
… j’ai un souvenir photo…
Et Josef en transe se dirigea vers la sortie… deux MP gardaient.
« J’ai envie d’un « curry-wurst » arrosée de ketchup au curry…
« Ça baigne ! » qu’ils répondirent.
C’est à ce moment-là que Josef-Jérémie comprit que son univers venait de basculer… et que Parker allait chercher les justifications de sa prochitude avec Casque d’Or.
Les autorités lui accordaient une protection…
Ainsi, encadrés, ils traversèrent, à pied, la place d’arme… en saluant les drapeaux…
À la cantine en libre-service, ouverte de six heures du matin à vingt-trois heures du soir, la troïka prit trois plateaux, se rangea en colonne, sous les salutations des patients
« Oh ! Salut Révérend !
Qui lui rendirent sa fierté…
Arrivé à son tour pour être servi… une plantureuse ressortissante de Saint-Louis du Mississippi leva les yeux sur lui…
Il commanda trois « curry-wurst » en louchant sur la plantureuse poitrine qui lui rappelait la LUNA de ses trois ans et quelques semaines, elle avait des seins qui allaient faire éclater la blouse blanche et la connexion avec Franziska fut rétablie…
Il n’entendit plus les salutations du peuple ébahi… il était dans la stratosphère… il rejoignait Franziska… heureusement que son état prophétique avait été constaté, les deux MP portant le plateau autant que le prophète les installèrent à une longue table qu’ils prirent comme position avancée avant le grand message…
Là, Josef-Jérémie sombra dans les ondes hertziennes en consommant comme en lévitation, ses trois wurt-ketchup-curry dans un mouvement pavlovien proustien attentivement surveillé pas les deux MP.

« C’est ainsi… que rêvent les Tortues Blondes » il avait suffi d’une saucisse au curry et la volumineuse santé des seins de la serveuse noire pour que se rétablisse le lien astral avec mon étoile… oracle de Josef. »… nota-t-il dans une paperolle…

                               Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes

                                                                       Gentilés  
                                                                       Si le voulez bien
                                                                       Lisez suite jour prochain
… vous pouvez aussi charger le lien des éditions Alain Iametti sur votre moteur de recherche : https://www.editionsalainiametti.com/
vous trouverez les opus édités…

L’Ange Boufaréu