Koba ou la sombre rémanence… Chapitre N°4 … l’être sans ombre…

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Résumé de l’épisode précédent : au théâtre de Larchy « Le Mel Belchior » l’auteur de théâtre Sosthène Grumeucheux… le maquilleur le grand Raphaello peintre qui cherche sa voie… Atharexa Fineligne castingueuse sous trouble d’un violent coryza… enfin Luigi Pirandello le sicilien inspiré… ce quatuor… s’impose la question : qui a engagé ce Koba ce Sosso ce Iossif ce Djougachvili ?

Ils ne se réunissent qu’aux matins glauques…

L’heure est sombre… au pied de la Tour Chappe… d’où l’on voit loin…
Atharexa ne put venir… son coryza en fut la cause…
– tu t’imagines Sosthène, elle éternue depuis trois jours… à raison d’un éternuement toutes les dix secondes…
Et voilà Sosthène, Raphaello et Luigi de calculer la performance en une heure… un jour… trois jours… Raphaello proposa même de téléphoner au Guinness… pour cette performance en éternuements… en larchyrot’s rythm and blues
– c’est un peu tôt répondit Sosthène en regardant sa montre… à scintillement coréen…
La conversation tomba… des nues…
– sous le sens dit Luigi qui était en phrases…
– il faut tomber le masque ajouta Sosthène… avec un à propos… de celui qui n’est jamais tombé dans le panneau…
– tu veux dire qu’on est tombé sur la tête ?
– c’est ça… Sosthène se leva pour tomber la veste… il avait chaud.
– ils vont croire que je suis tombé sur bec… ah ça mais…

Et on questionna… on chercha… on visita…
Où créchait ce gentilé… moustachu…
Raphael avait visité tous les lavoirs de Larchy… désertés des lavandières… allez savoir pourquoi…
Luigi comme un pèlerin… avait rejoint tous les calvaires… les croix… les monts-ticules… tumulesques… anciens…
Sosthène investit les croisements… spécialement ceux qui se croisaient pour rejoindre plusieurs directions… car à ces endroits géodésiques… certains signes cabalistiques « réduisaient » en erreurs bien de péquins… par malheurs, jamais par bonheur…
Enfin le trio s’était retrouvé au pied de la tour Chappe… il l’avait visitée… parcourue centimètres après centimètres… aucun message.
Rien… pas de Koba, Sosso… bref la moustache et les médailles n’étaient nulle part…

– depuis qu’on parle… Atharexa a éternué… 297 fois…
– faut appeler Guinness…
– trop tôt…
Alors Luigi raconta ce qu’il savait…
– tout simplement… dit-il tombant la bouffarde de sa lippe… « prenons la chose en riant »
– oh Luigi tu contrepètes… grave !
– ça m’arrive en français… mais jamais en italien… qu’ai-je dis de cocasse ?
prenons la chose en riant… qui devient…
C’est à ce moment-là que Sosthène se rendit compte qu’il était assis entre Luigi et Raphaello… deux Italiens…
qui devient « prenons la rose en chiant… »
– ben ça s’équilibre… les fragrances des roses annulent les effluves de nos bouses…
– il arrive que parfois, c’est le contraire… on dirait qu’on a chié dans un massif de roses…
– donc… dit Luigi qui… comme tout homme du Sud ne perdait jamais le Nord… toi Sosthène tu as écrit ce « Koba ou la sombre rémanence » en t’inspirant de ma théorie qui dit … que dit-elle hum… « qu’il n’est pas nécessaire d’écrire les dialogues de scène pour un trois actes au théâtre… il suffit de trouver le cas qui se mettra tout seul en scène pour décrire sa vie… »
– en somme dit Raphaello… à la fin tu signes… tu prends ton chèque… et basta !
– je ne pensais pas arriver à ce résultat… mais c’est tentant!
– et pourtant c’était ton intention… tu finasses Sosthène… Koba… lui va droit au but… c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est à ce poste…
– qu’il était… réagit Raphaello…

– si tu veux… tu penses à Iossif exposé à Moscou sur la place dans sa cage de verre… c’est ce qu’on te dit… mais… l’image au-dessus est à Jiaxing…
Luigi pensif pensait tout haut… que ça n’avait aucune importante… Moscou ou Jiaxing c’est kif-kif… Sosso voulait vivre une autre vie… c’est pour cette raison qu’il nous a appelé… lorsque je l’ai vu sur la scène du Mel Belchior… je l’ai identifié immédiatement…
– l’acteur… tu veux dire…
– faux… celui sur scène produisait un détail unique… que vous n’avez pas vu…
– sa fausse moustache était vraie…
– ses fausses médailles étaient soviétiques…
Raphaello et Sosthène restent muets de dubitativité… néologique chappien des Hauts Larchy…
– vous ne savez pas voir… il n’avait pas d’ombre… derrière lui devant lui à la gauche de lui à la droite de lui… je l’ai vu tout de suite quand il est entré en scène… j’avais placé un spot bien au centre au-dessus… à huit mètre trente-deux…
– ah ben ça alors… qu’est-ce que tu en déduis…
– j’ai ouvert mon manuel de physique du lycée d’Agrigente en quatrième… vitesse… il dit : l’ombre naît de l’obstacle qu’elle rencontre entre la source de la lumière et la surface qu’elle veut atteindre…
– autrement-dit ?
– autrement dit… il n’y avait pas d’ombre parce qu’il n’y avait pas d’obstacle…
… ah ça mais… alors…
– alors Koba n’existe pas…
– mais alors celui qui est dans la verrière…
– il ne fait de l’ombre à personne… pourtant, il emmerde tout le monde…
– celui sur scène ?
– mystère…
– et tu sais ça depuis quand ?
– depuis que j’ai révisé mon manuel de physique…

– Luigi… Atharexa vient d’éternuer pour la 567ème fois… il faut téléphoner au Guinness…
– c’est bien tôt…
– 568…
C’est ainsi qu’ils touchèrent l’impalpable…
Ils plongèrent dans la réalité des choses… si Koba n’est pas de chair et d’os… de quoi son enveloppe est-elle faite ?
Le jour venait de tomber… sans bruit… le trio plia la partition en do dièse mineur et revint dans son quotidien…
… laissant au pied de la tour Chappe la question sans solution… mais chacun ruminait…  en pensant au Guinness… peut-être faudrait-il attendre un peu pour qu’Atharexa atteigne le record… absolu…
… le peuple larchyrotien n’en revenait pas… les autorités locales, notables, sans tables, redoutable, protestable… protestèrent… le peuple ne savait pas tout… et eux non plus… mais le notable notifie… même s’il ne sait rien… surtout quand il ne sait rien…
– tu te souviens… Luigi… de Jiaxing… comment Zhu Enlai a été honoré ?
– d’Urfé ?
– non Daumier…
– là-bas déjà Koba avait suggéré que… tu te souviens…
– exact…

On feuilleta l’album qui s’éclaira devant eux en thermomaocolorama… l’écran se déplaçait avec eux… à quelques mètres d’eux… au loin aboyait un seul chien de Larchy… celui qui aboie tous les jours depuis 19 mois… on entendait l’écho coco…
– on devrait le signaler au Guinness ajouta Raphalello… mais que font les élus ?
– ils siègent pour savoir d’où vient Koba, où crèche Koba, que veut Koba…
– … et si Koba s’était caché dans le chien… faut voir s’il a une ombre… demain on ira y faire… suggéra Sosthène dans son patois… il ne faisait que procrastiner…
– ah ben ça aussi ça peut s’ajouter au Guinness : procrastiner remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même… 19 mois qu’il gueule l’autre… c’est du Guinness pur jus…
Raphaello tenait enfin son record…

Gentilés
Si le voulez bien
Lisez suite semaine prochain

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
L’Ange Boufaréu

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