Koba ou la sombre rémanence Chapitre N°14 “A Diéu sias”

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Gentilées, gentilés, fenottes, gones… d’ici et d’ailleurs…

paysage d’où naitra une épiphanie… peut-être!

C’était le 6 janvier… la « camarilla » se réunissait sous le toit d’un lavoir antique… Sosthène, Raphael, Luigi, Atharéxa, le groupe que de plus en plus souvent Iossif et Matriona rejoignaient… on causait tôt les matins et après l’heure des boueux on rentrait chacun dans ses pénates…

Ce matin Sosthène était grave…

« J’ai reçu une lettre de L’Ange Boufaréu dit-il… je vous la lis ! »

take care…

Luigi mâchait sa chique,

Raphael décapait ses ongles d’un vernis,

Atharexa poursuivait une broderie,

Iossif fumait sa pipe

Matriona surveillait son petit réchaud à thé… chacun dans son jus intérieur intériorisait l’espace interne des mots…

Sosthène devint théâtral… il lisait inspiré par la prose de L’Ange Boufaréu…

« Ainsi peuple… depuis antant et même plus… j’ai bien traboulé avé vous, j’ai tant vécu de bacheleries-étourderies jadis qui vinrent remplir mes œvrees-d’auteur qu’à plus faim, je cesse.
Depuis y’a peu vers le début de ce temps de dizaine d’ans, j’ai mandé tous azimuts une communication pléigiant Roland qui versifie :

« L’Ange Boufaréu tent ses mains vers l’Espace, baisset sun chef si cumencet à penser » autrement-dit message de retrait de L’Ange dans l’espace de sa modeste Thébaïde… baissant la tête pour penser sereinement. (N.d.t.E.)*

« Oncque sailt sans douste qu’âge venant hardi-nœud croulant devient… sage pose loin son prudent cul lent. » proverbe angeboufaréu-rien…

Souvent… quand encor’ la pensée pense lucide bien que genoux cagnent… l’homme bien mûr inconscient se prend encore, soit pour mâle toujours concupiscent… qué couillon…  soit sage se voulant sostraire à malström tourbillonnant…
J’optationné pour le second devenir, depuis un temps certain déjà… mais j’avais encore quelques liens, j’avais aussi quelques vanités… les gognandises d’ici pas encore taries qui s’esquichaient à vouloir pérorer… j’ai laissé jouir la jeunesse restante… j’en ai souvenirs… je suis repus… salut !

monceaux d’épiphanies de gognandises… que révèlent la gafa-sphère…

Roland le Roncevaux toujours me soufflait:

«  Entret en sa viei-voie si s’est acheminez »… tel le randonneur… sur la voie… tu t’chemines… tout soulet…»

Mais les liens, les habitudes, les façades, les comédies… s’interposaient…
« me reténién d’y faïre maï »…
me retenaient d’aller plus loin… (c’est du provençal du bas Comtat Venaissin…)

J’insiste… il faut sentir, laisser le flux s’écouler pour s’effacer… pas avant sinon les regrettations affluxent…

« Me veici eici siéu »eh bien, nous y voici, nous y sommes… (Provençal… quelle belle langue!)

Rompre les duels… les jeux de rôles… les époques où la faconde escagassée d’être, générait angoisses et ires laissant ses apories transies… amères… en tronçons palpitants avortés…

Et comme dit l’autre :

« si t’en veut conchier à grand saoul sur gens et compagnies des quatre points cardinaux, rompt les tous, sinon tevras absoudre celles que conserve… et passer pour guignol… » Second proverbe angeboufaréu-rien…

Donc : déserte… retrait conscient… mais plein de vie et créations… comme ligne de mire… loin des bruits…
« Car me donés armes et si m’en adoubés ! » les armes du retrait m’ont été adoubées… par moi-même… tant qu’à faire !
Jadis, fis de même il y a vingt ans, en partant vers Cathay… j’y voulais expérimenter vie chinoise… au grand dam d’oncques ceux ratiocinant qui gardaient cul sur leur siège… grand bien m’en fut, c’est possible… j’y puis certifier tel un grand capital en moi acquis… que je dorlote…

J’en voudrais faire de même à présent… mais dans Thébaïde… profonde…

 … confirmant absences de liens avec l’espace public… je cesse toutes communications… épistolaires, sociales, phoniques, théâtrales, représentatives, vanitétiques, amphigouriques, boustrantouphique… en signe de retraire… le petit reste « ontologique » mon mien strictement de moi en somme, espluché de toutes inutiles peaux, se plonge dans un sujet d’escrits qui nécessite cet état d’esprit… il ne veut point être réduit en ondes perturbatoires…

oh!

J’avoue mon autolatrie prétentieuse de me soustraire… elle ne regarde que moi… je rejoins les stades larvaires des scarabées sacrés… je m’enfonce dans l’espace taoïste de la glèbe minérale profonde… protégé par la dernière exuvie rétractée, un puparium chitinisé dur, formant tégument où enclose est la nymphe créatrice que j’ose être-et-devenir… pendant ces temps derniers…

… un jour de la chrysalide…
… surgira une métamorphose vive « lebhaft » aurait dit Goethe… ou restera inerte-enclose « untätig » toujours le Rhénan…  c’est-à-dire inanimée ad vitam aeternam.
… nul ne sait quand… sauf l’éternité.
… loin du bruit…
… mais quelle jouissance…
… le quidam du tao 道 est sans idée… d’ailleurs on ne l’entend plus…
… allons…
… à-Diéu-sias.
L’Ange Boufaréu. »

Un silence silencieux… si lent… cieux… six l’an six eux se comptèrent… derechef ne trouvèrent que six assis… et pour cause car L’Ange Boufaréu n’était point-là… son absence fracassait le chiffre « magique, le chiffre sacré » le 7 racine qui se retrouve dans toutes les langues indo-européennes…

“la lumière est composé des sept couleurs… n’est-ce point ?” ajouta Rapaël.

Sosthène plia la lettre…

“Imaginez dit-il recevoir une lettre-missive protégée par une enveloppe qu’un timbre affranchit… la factrice qui l’a apportée était en grand émoi… c’était la seule lettre qu’elle voyait depuis douze mois… écrite à la plume sergent major… à l’encre Pélikan… noire comme le fond du monde…”

On se pâma… tant l’émotion… était grande…

style de macroncosme aigue labellisé…

« Alors reprit Iossif… j’ai compris pourquoi L’Ange Boufaréu se retire de ce macroncosme…

haume vectoriel du pouvoir macroncosme

« Macrocosme reprit Atharexa…
« Microcosme surenchérit Luigi…
« Macronnerie proposa Raphael…

… je me répète, répéta Koba « macroncosme »… nul ne connaissait le sens de ce néologisme kabbalistique… seuls ceux qui vécurent au sommet des foules pouvaient décoder… je comprends… à écouter les séductions d’un petit jeune homme qui osa intituler son projet politique « Révolution » pauvre fat… là, je reconnais la mise en scène de la vraie bourgeoisie qui s’enveloppe de drap rouge et fait se pâmer les pauvres andouilles bobos en galoches… au Saint nom de révolution… alors qu’un panier de crabes attend les nominations pour les postes déjà préemptées… ça m’écœure… à la tête de ce pays… et ici jusqu’à ici à Larchy… le notable reproduit le mimétisme élyséen, sur son mont-ticule il rend des édiles qu’il affiche aux murs… et que lui-même ne respecte pas… « Séduction j’écris ton nom… » aurait dit un autre aligneur de mots ! »

« Tu as raison Koba »
«  Oui mais ! dit Luigi… qui avait étudié son Giscard en son temps… il se retire pour écrire… »
“… l’Epiphanie du jour… alléluia!” conclut Sosthène.
« Moi je l’aimais bien dit Matriona… qui servit le thé chaud… »
Alors on décida que tour à tour…
Chacun signerait le chapitre du feuilleton…
« A la manière de L’Ange Boufaréu… »
… tous se séparèrent… Koba ronchonnait… il venait de trouver un os… ourdissant une réponse.

Gentilés
Si le voulez bien
Lisez suite semaine prochain

Et c’est ainsi que murmurent les tortues blondes
A la manière de L’Ange Boufaréu

 

 

 

 

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