Le poète Denis Daul

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Il y a peu… je causais avec le Grand Jean de La Bruyère celui qui a tant écrit sur la nature humaine. Il m’avouait ne point avoir rencontré de sublime… il me la baillait belle avec son humilité…

« Mon Cher Ange Boufaréu murmura-t-il pensif… Qu’est-ce que le sublime ? L’ai-je défini et consigné dans mon plumitif des Caractères ?

J’ai pourtant bien touillé la pâte humaine… je ne sais !”
Je philosophais… relativisant…
« Que tu eusses vécu jusqu’à nous… alors eusses-tu joui de rencontrer le Grand Druide du Lac Bleu… l’amitié t’aurait gagné comme elle m’imbiba en son temps…
Il m’est fort de rencontrer cet ami par goût et par estime… je ne le cultive pas par intérêt… oh l’horrible cognandise qu’Hermès notre grand dieu grec de l’écrit eut fustigé avec vigueur. Je le sollicite pour sa gouaille truculence appétence… et ses féeries rythmées qui riment si bien avec poésie.
Je t’ai déjà conté ce moment où l’homme surgit… rafraîchissons ce jour homérique.
Ce fut, lors du Salon des Indépendants à Pierre-Bénite en l’An de Grâce 18 où je tenais table garnie de mes opus en errance… que nul ne convoitait. De loin, j’observais… un homme chapeauté bien en chair occupant avec prestance l’espace et conduisant avec autorité un conventicule de jeunes filles et jeunes gens résolus. Sa voix ardente conférait une dynamique au groupe, tu sais cette force naturelle qui n’appartient qu’aux vrais capitaines… elle insuffle le sens de l’action créative.
Intrigué… je suivis la bande… je me retrouvais dans un espace en forme de théâtre où chaque membre de la horde à son appel surgissait sur les planches pour lire déclamer vivre un poème… que la jeune pousse avait pondu…
Notre homme commentait entre chaque récital… il encadrait guidait suscitait rassurait conseillait… en sorte que tout naturellement je le baptisais Grand Druide… plus tard il devint celui du Lac Bleu… après une transhumance à l’est vers les arpents Suisses qui me sont chers…
Il s’était intronisé lui-même « Deux Nids » ce qui sous tendrait à mon sens une certaine faculté du dédoublement. D’ailleurs sur ce point, il est difficile de cerner l’école épistémologique du premier degré de notre gentilé, car l’art… son second degré tend à gésir sous l’inamovible chapeau.
Pour atteindre la quintessence il faut lire ses rimes… sa passion charnelle irrigue le verbe… ses nuances se déclinent en d’infinis dégradés… des dentelles…
Nul ne pourrait imaginer que ses consonances  dégagent une telle sensualité… il ne force pas la scansion, il ne torture pas la métrique… l’hédonisme s’installe… sobrement… naturellement…  il ne pousse pas le trait… la nature poésie émane de sa chair…
Cet homme Grand Jean est un passeur… il jette des passerelles… il génère la création… il suffit de voir l’enthousiasme de la jeunesse… qui jubile…
Plus tard… la quintessence de son lyrisme passionnel flamboyant le poussa à se retirer dans les alpages afin de vivre ses poésies… rassure-toi ce n’est pas un ermite… là-bas comme on dit chez moi dans le Comtat Venaissin… « Aro, és pasiounadamen coume lou felibre qué s’appliquo a esquicha si rimos »… (A présent c’est passionnément comme un poète qu’il s’applique à esquicher ses rimes.)
Le voilà dans le bain de l’expression totale pour que l’humain… sorte de lui-même… s’exprime… dans l’art poétique…
Nous nous voyons de loin en loin… mais ses rimes m’atteignent grâce aux ondes numériques… par-delà les virus et autres cumulo-nimbus…
Je te le disais mon cher Jean… avec lui on atteint le sublime… »

L’Ange Boufaréu.

Nota Bene : je n’emploie pas le cryptogramme PS… cet anagramme me donne de l’urticaire… je joindrai plus tard deux textes du Grand Druide du Lac Bleu…Dans lesquels il expose ses conceptions de l’écriture : « Avaloura noun es juja ! » : évaluer n’est pas juger… mon bon…

Voici la réponse à ma question : “Pourquoi écrivez-vous?”

Écrire 

Verbe qui fait peur, comme lire, subir, nuire, cuire.
Pourquoi écrivez-vous ?
Voilà bien une drôle de question ?
Est-ce que je vous demande moi, pourquoi vous respirez ? Car pour moi, c’est la même chose. Écrire est une respiration, forte, puissante, qui ne me demande pas d’effort particulier. C’est mon battement de cœur…
Mourrais-je un jour d’une crise d’écrits ? Sûrement mais le plus tard possible.
Comme tous les enfants, j’ai d’abord dessiné avant d’apprendre à écrire. A,B,C,… tous ces gazouillis labiaux. Puis les mots écrits pour la fête des mères, des pères, que la maîtresse nous dictait.
Et les premières vacances en colonies loin des siens, plaisir de la carte postale. Déjà je cherchais Le mot personnalisé afin de faire plaisir.
Puis on découvre les premiers émois. Il est beau, le premier baiser, celui que l’on n’oubliera jamais, et le premier poème qui finit par « Je t’aime ».
Et soudain je découvre la magie des mots, leur puissance, l’acuité et l’intensité qu’ils révèlent.
Révélation !
Écrire pour moi, c’est aussi la musique, que le son et le tempo aillent grandissant. Laisser une trace.
Eluard, Prévert, Brel et surtout Brassens voilà ma base.
Avez-vous remarqué que dans le verbe Écrire, il y a écrit, cris, rire ?
Entendre l’écrit, les cris, que l’auteur a mis derrière ses mots, sûrement murmurés lors de l’écrit, mais transcendés par sa voix, par ses cris, sur scène ou en chanson.
Écrire pour dénoncer, pour magnifier la nature, la Femme (Notez le F), le monde environnant, voilà aussi et surtout pourquoi j’écris !
Il y a aussi Rire, disais-je plus haut, avant d’être interrompu par moi-même…
Dans mes pénates, la lecture de maîtres de la manipulation verbale, comme Raymond Devos ou Pierre Desproges, m’accompagnent au quotidien. Ils sont ma respiration humoristique !
Ils faisaient rimer écrire et rire, leur délires prenant sens dans leur bouche. J’écris en essayant de m’inspirer de ces génies du verbe.
L’anagramme d’écrire est écrier.
Alors modestement, bien modestement, j’essaie de faire passer ma sensibilité, mes colères, mes rires, mon amour de la vie, et chacune de mes poésies sont comme les petites pierres du Petit Poucet, pour retrouver mon chemin, quand je me perds dans mes méandres nocturnes.
Fasse que mon stylo courre encore longtemps sur mes cahiers, pour qu’à la fin de l’écrit… je touche !!!

Denis DAUL

 

 

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