Lao Tseu… Lao Zi… 老子

 Début de la voie

1977, je découvre le 道德经, Le livre de la Voie et de la Vertu de Lao Tseu, traduit par le jésuite : Claude Larre. DSC_0944Avant cette découverte, par petites touches impressionnistes, pendant une quinzaine d’années, j’avais multiplié les approches vers l’espace asiatique. Mais je ne parvenais pas encore à identifier ni le sens de ma démarche ni les frontières de mon cheminement. 

1961, pourtant avait été le début de cette recherche, lorsque j’intégrais l’Ecole Militaire d’Antibes qui formait des entraîneurs aux sports de combats militaires, très différents de ceux des « arts martiaux » du bushido japonais. Dans le sérail militaire, je découvris le Yoga. DSC_0221J’avais 19 ans, pétri du moule catho, j’entrais dans son antithèse. L’école avait pour philosophie de dépoussiérer virilement ceux qui y entraient. 

Depuis cette époque, je pratique le Yoga quasi quotidiennement.Plus tard, il me conduisit au bouddhisme mahayana né en Inde. Je franchis ensuite la passerelle vers le Chan 禅 chinois, qui est la traduction du terme sanskrit dhyâna (méditation) de l’école Fo 佛 Bouddha pour arriver au Zen de l’école japonaise. Confucius Kong Zi 孔子 me fut révélé en dernier avec « Les Entretiens » 论语 Lunyu.  DSC_0140DSC_0162

Depuis, je navigue dans les dimensions taoïsme, bouddhisme, confucianisme, zen qui s’interpénètrent avec mes fondements génétiques et culturels : latin – chrétien.

La découverte du Yoga fut un hasard venu d’une nécessité. Dans la discipline martiale qu’imposait l’Ecole, il était vital de se protéger. Le retour à la voie intérieure fut la première démarche nécessaire, celle de l’introspection dirigée. Le Yoga offre deux composantes idéales : le contrôle physiologique et le contrôle psychologique. Ces deux facultés permettent au yogin de refaire quotidiennement son unité par sa seule volonté. J’entrai alors dans ce processus évolutif, celui de conduire un face à face personnel permanent.

Sans gourou, sans maître, sans allié, sans soutien, de façon empirique, par petites touches, depuis cinquante ans, chaque jour je pose la partition pour exécuter les gammes du contrôle du souffle, du regard sur les actes, des relations avec les autres, suivent ensuite les asanas ou positions. La voie a un début, mais n’aura jamais de fin, car l’assouplissement, de la conscience et du corps, doit rester permanente. Cette attitude me semble similaire au cheminement du pèlerin qui va à Compostelle. Au départ, le Béotin suppose que l’essentiel est le but : parvenir à Santiago et acquérir la révélation. Eh bien! non, l’essentiel est la voie, c’est-à-dire la lente mutation que génère chaque pas. Le départ est toujours emphatique, magnifique, hyperbolique. Puis surviennent les moments que l’on n’attend pas, le caillou, la pente à gravir, l’orage, le vent, la fatigue, la boue, les ampoules aux pieds, la recherche d’un lit, la longueur de l’étape, la dépression, la faim, la solitude, la soif. Alors, viennent les doutes et la question subsidiaire : « Mais qu’est-ce que je fais ici! »DSC_0637

Pourtant, chaque pas transforme progressivement la sensibilité de la conscience si l’on veut bien écouter et évaluer la perception acquise. On participe à une connaissance empirique contrôlée plutôt qu’à un cours où passivement le sujet subit la parole ou la lecture d’un auteur qui nous sont extérieurs. Il en est de même pour le cheminement métaphysique… soi-même, par soi-même, pas à pas.

Au fil des ans, j’ai étendu ma démarche en approfondissant chaque étape. Il n’était pas question de jeter au « rebut » ma culture latine – chrétienne en découvrant les dimensions asiatiques, mais au contraire de formuler ou reformuler mes bases, distanciation et démystification en somme. Après toutes ces années, je suis lentement passé des deux testaments bibliques aux textes asiatiques avec une affection particulière pour la Voie du Dao qui gisait latente au plus profond de mes synapses.

Je souhaite faire ici, la recension des étapes qui marquèrent ce cheminement. C’est au temple à Tongzhou au pied de pagode Dipamkar, que je découvris une peinture murale où les trois courants étaient rassemblés.DSC_0174 (2)DSC_0157
Au temps des dynasties impériales, tout voyageur qui arrivait par le Grand Canal, devait dit la légende, avant d’entrer à Beijing, venir honorer la philosophie qu’il pratiquait… s’il n’en avait aucune, il avait le choix, l’une d’entre elles, ou les trois à la fois.

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A la rencontre du vide-médian

DSC_0340Selon Lao-Zi 老子 le fonctionnement de l’univers serait cyclique et ternaire…

Ainsi, la tentation de créer un blog a été autant cyclique que forte… mais l’énergie créatrice Qi resta inerte dans la profonde dualité binaire yin/yang…

Pourtant en son fondement mûrissait l’embryon qui construisait le lien…

La mutation patiente advint et le vide-médian/blog émergeant, parvint à la réalisation ternaire : yin-vide médian – yang.

Le blog du Grand Canal va me permettre de diffuser mes cheminements.

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