Un petit degré de décentrement… pour voir autrement…

Considérons… ce personnage… depuis qu’il a vu le jour, il s’enivre, fume, croque toutes les drogues, conduit une vie dissolue, transgresse les tabous : sexe, morale, trafics en tous genres… sans âge, on dirait un grabataire sénile perclus de maux… lentement, progressivement, régulièrement, il descend dans l’horreur, il rajoute sans cesse des applications pour parvenir au point final du basculement.

« Décadence » vous semblerait pouvoir qualifier ce parcours ?

Considérons… cette culture… depuis qu’elle a vu le jour, elle a franchi toutes les étapes : de l’analphabète jusqu’au cerveau pluridisciplinaire. Elle poursuit son développement, permettant de libérer la conscience et maîtriser toutes les techniques… lentement, progressivement, régulièrement, les bibliothèques alignent des millions d’ouvrages de référence qui offrent à chacun d’entre-nous une capacité de savoir quasi illimitée…

« Vitalité » vous semblerait pouvoir qualifier cette culture ?

Le penseur – philosophe vous donnerait peut-être raison pour le personnage, je dis bien peut-être… et tort pour la culture, c’est ce qu’il dit.

Raison, car vous savez, et lui aussi, que le corps soumis à cette cadence d’agressions subit lentement une décadence… Tort, car le penseur-philosophe, après avoir littéralement digéré la masse de connaissances et construit son savoir encyclopédique, déclare que notre culture conduit à la décadence…

Les éditeurs et les auteurs vont vous en persuader, les titres fleurent bon la déconstruction, le nihilisme, la décomposition, la décadence. Tels sont les maux de notre culture. Les drogues dures en comparaison ne sont que pipi de rossignol !

Pourtant, grâce à cette connaissance millénaire le penseur – philosophe est devenu sublimement compétent. Malgré cela, en fermant la page du dernier livre il s’écrit !

                              « Fi quelle décadence ! »

Indistinctes les ouvertures et impasses qui se sont développées depuis l’évolutionnisme du vivant… aurait-il fallu considérer la première impasse comme décadente, qu’alors, nous ne serions jamais apparus… Le penseur – philosophe aurait tant voulu ne trouver que des enchaînements positifs…

Il affirme que la culture est linéaire comme toute chose, selon lui… elle naît, croît, produit, meurt… Il confirme « c’est ainsi ! » il ne fera même pas un geste salvateur.

Il me semble que l’on puisse envisager une autre approche… elle est cyclique – composée, elle ne s’arrête pas au moment borné du penseur – philosophe… Tel le printemps, suivi de l’été qui précède l’automne avant que n’arrive l’hiver, lequel générera à nouveau un printemps… c’est le cycle sans fin de l’évolution… avec ses impasses et ses avancées qui se complètent les unes les autres… à l’infini… cela aussi… « c’est ainsi! » 

A ce point… je laisse à chacun de poursuivre…

 

Laisser un commentaire