François Cheng

Dans ce chapitre, je compte présenter les auteurs que j’analyse pour élargir ma recherche. Dès l’âge de quinze ans, j’ai commencé un parcours dans la littérature et j’ai élu très tôt 7 auteurs : Rabelais, Montaigne, Flaubert, Rimbaud, Cervantès, Kafka, H.Miller. Le premier livre que j’avais acheté de mes deniers à l’âge de 15 ans fut : La Métamorphose de Kafka… traduit par Alexandre Vialatte  édité en 1955, je l’ai toujours à sa place de choix avec les six autres… ce n’est qu’en 1965 que je découvris Henry Miller… Ces 7 auteurs ont été mon viatique dans tous mes voyages…

Au fil de mes ouvertures culturelles, j’ai découvert d’autres auteurs… je lis en moyenne un livre par semaine. Je lis par thème. Mon siècle préféré est le dix-neuvième, puis l’anthropologie, l’histoire de la Chine, le récit des voyageurs, la poésie, les essais d’auteurs qui tentent de déchiffrer notre évolution : René Girard, Aron, Onfray, Zemmour… le mouvement marxiste dont je ne suis pas, mais comment le comprendre si on ne lit pas les textes… et enfin, les ouvrages d’analyses des religions, toutes les religions.

J’ai une affection particulière pour les auteurs biculturels. Ils jettent une passerelle entre leurs deux univers. François Cheng le Chinois devenu académicien français est de ceux-là!

Le Dialogue ne compte que 95 pages, il relate le chemin d’une immersion dans une autre langue…

 » Quant au cas de quelqu’un qui se propose d’apprendre une autre langue, à partir d’un âge relativement tardif…

On imagine  aisément tout l’effort qu’une telle entreprise exige, la patience comme la persévérance, la détermination comme la passion. »

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J’ai volontairement placé Le Dialogue sur la carte de Shenyang qui est exposée dans mon bureau. J’ai changé six fois de logements dans un périmètre restreint. C’est à Shenyang que j’ai vraiment pénétré le Tao. Mais c’est François Cheng qui m’a éveillé au sens final. DSC_0425

Selon une intuition foncière nourrie par des observations, et à partir de l’idée du Souffle, les penseurs chinois, surtout de tendance taoïste, ont avancé une conception unitaire et organisatrice de l’univers créé, où tout se relie et se tient, le Souffle étant l’unité de base qui anime et relie entre elles touts les entités vivantes. Dans cet immense réseau organique, ce qui se passe entre les entités compte autant que les entités elles-mêmes. Car le fonctionnement du Souffle est ternaire ; on distingue en effet trois types de souffle qui agissent en concomitance : le Yin, le Yang et le Vide-médian. Ce dernier, un souffle en soi, est là lorsque le Yin et le Yang sont en présence. Il est indispensable; car c’est lui, lieu de circulation vitale, qui aspire et entraîne ceux-ci dans le processus d’interaction et de transformation mutuelle »

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Le système ternaire se différencie du système binaire quant à sa latitude de laisser le temps au Yin pour devenir Yang et au Yang pour muter vers Yin… ce que le système binaire ne permet pas… il faudrait passer du moins au plus… ou le contraire sans temps de respiration… n’est-ce pas ce que nous observons?

« … c’est lui, (le Vide-médian) lieu de circulation vitale, qui aspire et entraîne ceux-ci dans un processus d’interaction et de transformation mutuelle. »

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« La Voie s’écoule au vide médian

c’est ainsi son usage

jamais pourtant elle ne déborde « 

                                                                      Lao Zi 老子

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